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Pour l’affaire de Carsud : l’arrêt de la Cour d’Appel du 9 septembre dernier a rendu ce jugement : Concernant les dispositions civiles : 16 102 026 francs CFP titre de dommages et intérêts est verser l’agent judiciaire du Trésor (condamnation solidaire pour les 19 prévenus). 100 000 francs CFP est verser la partie adverse. Michel Safoka (Secrétaire Général USTKE du BTP) a été relaxé sur l’affaire portant sur la séquestration et l'enlèvement virtuel de Mr Delaisse (Directeur de Carsud) lors des affrontements entre les forces de l’ordre et nos militants aux abords de Carsud.
Pour comprendre comment s'opère la justice coloniale française en Kanaky nous vous proposons de revenir sur le déroulement de ces procès et plus précisément celui en appel qui s’est tenu au tribunal de Nouméa, le 15 juillet dernier et au cours duquel 22 syndicalistes de l’USTKE, ont été condamnés des peines de prison ferme, suite aux affrontements du 17 janvier dernier au dépôt de Carsud, en Kanaky. A la barre, les syndicalistes poursuivis sont l'image de la société calédonienne et des ethnies qui la composent. Les âges varient de la cinquantaine pour les plus âgés la vingtaine pour les plus jeunes. La quasi totalité d'entre eux a un casier judiciaire vierge.
Le 1er président énonça également la liste des blessés et des dégâts matériels du côté des forces de l’ordre et accentua dans son propos, la culpabilité dans ces débordements de l’organisation et donc de ses responsables avec en 1er lieu son Président, Gérard Jodar. L’Avocat Général s’aventura, pour sa part, nous faire un cours magistral sur sa conception du syndicalisme et fit le rapprochement avec le procès du Président de la CSTNC (autre syndicat syndicat Néo Calédonien) dont il vanta l'engagement devant la cour, ne faire dorénavant que des grèves politiquement correctes. Seulement voil , Gérard Jodar n’est pas Sylvain Néa, tout comme L’USTKE ne sera jamais la CSTNC. En réponse, le Président de notre organisation syndicale rappela les faits en précisant que les actes reprochés aux syndicalistes ne sont qu’une riposte justifiée par l'attaque violente des forces de l’ordre venues déloger, sans sommation, le piquet de grève de Carsud, au milieu de la nuit avec un arsenal démesuré pour un conflit social. Le président de l'USTKE poursuivit en réaffirmant solennellement la cour que l’USTKE resterait l’USTKE et que notre organisation syndicale continuerait son combat social selon ses convictions, tout comme son combat politique avec le Parti Travailliste et que toutes les condamnations l’encontre de sa personne ne sauraient porter atteinte cet état de fait. Et de conclure en rappelant toute la confiance qu’il accordait aux responsables de l’organisation pour poursuivre le travail en cas d’absence de sa part.
Pendant les auditions, certains syndicalistes ont du mal s'exprimer en Français qui n'est pas leur langue maternelle. D'autres ont préféré écourter les échanges. Tous ont été impressionnés par des professionnels de la magistrature habitués, du haut de leur estrade, rendre une justice selon des principes et des codes qui échappent encore la compréhension de beaucoup trop de calédoniens. Que retenir de plus, sinon que l’avocat général tout comme la partie civile, a demandé le maintien des condamnations dont ceux avec de la prison ferme et le remboursement des frais évalués plusieurs millions pour le préjudice matériel subit par les forces de l’ordre. Un montant supporter collectivement par les 22 syndicalistes, comme précisé ironiquement par la partie civile qui voulait insister sur le fait que la sanction respectait le caractère solidaire, abondamment utilisé par les camarades, pour justifier leur présence au côté des grévistes de Carsud, le 17 janvier dernier.
Maître Laurent Aguilla, après avoir précisé le contexte dans lequel se déroulent ces faits, a rappelé les déclarations de guerre de la province Sud l’encontre de l’USTKE, dans les médias locaux. Une politisation outrance depuis le début de ce conflit par les responsables de cette province, au moment même où l’USTKE donne naissance au Parti travailliste. Un nouveau venu, pas apprécié du tout, loin s’en faut, par les partis politiques calédoniens existants. L’avocat revint également sur l’intervention des Forces de l’Ordre, sur le piquet de grève de Carsud, jugée irresponsable 2h00 du matin et sur les exactions commises par beaucoup d’entre eux contre les grévistes et leurs biens. Maître Aguilla conclut sa défense en appelant les magistrats de la cour d’appel aller dans le sens de l’apaisement et de rappeler que déj un précédent jugement avait envoyé durant 4 semaines en détention provisoire, au Camp Est (prison de Nouméa) 19 de nos camarades. Le verdict rendu le 9 septembre dernier et détaillé ci dessus est sans équivoque. Un acharnement judiciaire, matérialisé par le Procureur Général de l’époque, Robert Blazer, qui n'a cessé de s'en prendre l'USTKE et ses responsables. Un entêtement de ce dernier qui traduit la volonté affichée de l’Etat Français vouloir réprimer, condamner, emprisonner et finalement criminaliser les responsables de l’USTKE. Ont-ils tous jeté des cailloux même symboliques ou agressé physiquement des tiers comme pourrait le laisser penser les arrestations rocambolesques, ces derniers mois de plusieurs d'entre eux. Seraient-ils donc des grands criminels, des terroristes et traités donc comme il se doit ? Gérard Jodar, Président de notre organisation et tous nos responsables n’ont jamais lancé ne serait-ce que l'ombre d'un caillou sur qui que ce soit et encore moins agressé ou frappé une personne. Alors pourquoi cet acharnement ? L’explication réside certainement dans les choix faits par notre organisation syndicale et plus particulièrement les choix politiques qui visiblement agacent voire dérangent les plus hautes autorités de l’Etat Français, garantes des intérêts de quelques uns dans notre Pays et pas des moindres. Parmi les bénéficiaires de cette politique répressive l'encontre de l'USTKE, bien évidemment, l'UMP local détient une place privilégiée et avec lui d’une manière générale la droite locale avec au 1er rang l'Avenir Ensemble. Ce qui est plus étonnant et qui contribue légitimer aujourd’hui cet acharnement sans état d’âme des appareils d’Etat, c’est la complicité du 3ème signataire de l’accord et dont le mutisme ininterrompu depuis le début du conflit Carsud est révélateur de son parti pris dans la situation que vivent actuellement l’USTKE et ses responsables. Nous parlons ici du FLNKS chère la conscience collective indépendantiste. Il est bien évident que depuis les Présidentielles, puis les Législatives et enfin les dernières municipales, la stratégie arrêtée par l’USTKE lors de son Congrès en décembre 2006 Kowé Kara Nouméa, a attisé les oppositions les plus farouches de ceux qui hier déj condamnés les grèves de l’USTKE RFO ou encore au port. Ceux l même qui lors d’un récent comité des signataires en France autorisaient au travers de leur signature au bas d’un document, ce qui allait devenir par la suite une répression systématique sans précédent par l’Etat Français en kanaky, de tout mouvement social, par les syndicats et l'USTKE en particulier. Pourquoi donc cette opposition farouche l’USTKE a rallié le camp indépendantiste et le FLNKS plus précisément contre le seul syndicat indépendantiste en Kanaky ? L est la question. Toutes ces condamnations nous ramènent ce constat que l'USTKE dérange dans ce pays. Tout cela trouve son sens qu’au travers d’une lecture politique et sociale de la situation dans notre Pays qui se prépare vivre des échéances capitales telles les prochaines élections provinciales. Occasion de faire le bilan de son implication dans l’Accord de Nouméa, pour chaque signataire qui ne souhaite pas, dans ce débat, la participation de l’USTKE et avec lui du Parti Travailliste.
Le message de l'USTKE et du nouveau parti travailliste est clair. Il ne peut y avoir de destin commun possible dans notre Pays avec un système économique et social, qui continue d'enrichir les riches et appauvrit les pauvres tels les autochtones de Kanaky. La stabilité politique est un leurre si rien n'est fait pour résorber le fossé social qui s'agrandit entre d'un côté la grande majorité des calédoniens et de l'autre la classe dominante composée de plus en plus de nouveaux arrivants. Le discours d'autosatisfaction, maintes fois entendu, des signataires de l'Accord de Nouméa, au travers de l'avancée des projets miniers du Nord et du Sud ou des signes identitaires ressuscités en fin de mandature, ou encore récemment sur la protection des lagons calédoniens ne suffira pas changer une logique coloniale ancienne, bien en place et caractérisée par l'absence de répartition équitable des richesses dans notre Pays. C'est sur cette question essentielle avec celle du rééquilibrage qui résument la lutte de l'USTKE ces 27 dernières années que nos responsables font l'objet aujourd'hui d'une répression autant policière que judiciaire, jamais atteinte, dans notre Pays. L est la vérité.
Mais comme l'a rappelé le Président de notre organisation syndicale face ses juges, l'USTKE restera l'USTKE et toute cette répression, aussi pénible, douloureuse, injuste, inhumaine soit elle, ne saurait nous dévier, de notre combat social et de notre engagement politique tels que résumés dans le préambule des statuts de notre organisation syndicale créée en 1981. Article écrit par l'USTKE
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