jeudi 22 aot 2019

A Actualité syndicale

A Nouméa, grève générale et ambiance insurrectionnelle

Tirs tendus.

A Nouméa, une trentaine d’entreprises stratégiques devraient être bloquées, dont Carsud (filiale de Veolia) qui assure les transports en commun dans la province Sud de l’archipel. Devant cette société, où un piquet de grève est installé depuis plusieurs mois, de très violents affrontements avaient opposé le 17 janvier, durant douze heures, 500 militants de l’USTKE aux forces de l’ordre. Résultat : une trentaine de blessés, des responsables et militants syndicaux incarcérés durant un mois et, fin mars, un procès contre 19 membres de l’USTKE. Le jugement a été mis en délibéré au 21 avril.

Une peine d’un an de prison, dont six mois ferme, a été requise contre le président de l’USTKE, Gérard Jodar, accusé d’être l’inspirateur des violences, même si il n’y a pas personnellement participé. Hier, une mission de l’IGPN (Inspection générale de la police nationale) est arrivée en Nouvelle-Calédonie pour enquêter sur l’action de la police durant les échauffourées. Etayés par des photos et une vidéo, les témoignages sont accablants : tabassages, tirs tendus (grenades, balles en caoutchouc, petits plombs…), menottages des poteaux durant plusieurs heures.

Lors de la grève générale de demain (plusieurs autres ont déj été lancées par l’USTKE depuis le 17 janvier), l’Etat aura de nouveau le choix. Faire le gros dos en laissant le syndicat bloquer des entreprises, ou réquisitionner les forces de l’ordre pour les dégager au risque de nouveaux affrontements.

Mollesse.

Le nouveau haut-commissaire en Nouvelle-Calédonie, Yves Dassonville, est déterminé ne pas laisser de terrain l’USTKE. Mais prendra-t-il le risque, demain, de montrer ses muscles avec la certitude de nouvelles violences la clé ? Le syndicat indépendantiste - qui a créé en novembre un parti politique (le Parti travailliste qui se propose notamment de «défier la politique coloniale») -, a le vent en poupe et inquiète Paris.

Par son discours et ses méthodes, il séduit la jeunesse kanake et bouscule la coalition indépendantiste du FLNKS. Vieillissant, divisé entre ses composantes, le FLNKS s’est fondu dans les institutions calédoniennes où, conformément l’accord de Nouméa (signé en 1998), il participe au gouvernement local avec la droite anti-indépendantiste. L’USTKE lui reproche notamment sa mollesse pour obtenir les transferts de compétences que la France doit céder, dans tous les domaines, la Nouvelle-Calédonie d’ici 2014. Or, c’est avec le FLNKS, et lui seul, que l’Etat négocie toutes les évolutions institutionnelles du territoire. A chaque nouvelle action de l’USTKE dans l’archipel, c’est désormais beaucoup plus qu’une simple grève qui est en jeu.

Envoyé spécial Nouméa Antoine Guiral

Mercredi 9 avril 2008

http://www.liberation.fr/actualite/economie_terre/320131.FR.php

© Libération

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