mardi 25 juillet 2017

A Actualité syndicale

Le point des secteurs miniers en conseil syndical

  • En février, il s'est tenu à l’ancienne mairie de Houaïlou le conseil syndical de la Fédération des Mines, de la Métallurgie et des Carrières. Cette fois-ci, c’est à la mairie de Yaté qu’a eu lieu vendredi dernier * le conseil syndical des délégués des différents sites miniers du pays.
  • Cadrage. « En 2016, on a signé une dizaine de P.A.P. (protocole d’accord pré-électoral). C’est le cadre dans lequel on va négocier pour ce qui concerne les élections professionnelles », a souligné Antonio Néwédou, secrétaire fédéral adjoint. « Beaucoup de jeunes délégués ne connaissent pas leurs rôles de D.P », a-t-il rajouté, avant de remettre à l’assemblée des documents précisant les prérogatives, les attributions du délégué du personnel une fois qu’il est élu dans son entreprise. Les moyens qui lui sont accordés, le mandat auquel il est soumis avec ses règles définies par le code du travail. « Le CHSCT représente un mandat difficile à assumer. Il faut maîtriser l’outil de travail, le secteur d’activité. Le délégué CHSCT est là pour assurer la sécurité, prévenir ses collègues en cas de danger imminent. Il peut faire valoir le droit de retrait », a assuré Léonard Wahmétu, secrétaire fédéral qui est revenu sur l’importance du rôle joué par cet élu. Les délégués présents ont chacun donné leur ressenti concernant ce sujet.
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  • Rapport des secteurs. La santé économique, le climat social, la problématique des adhésions à l’intérieur des entreprises minières, métallurgiques. Tous ces points ont été traités par certains délégués tandis que d’autres ont préféré évoquer que le volet  « adhésions et cotisations ». A Gémini, « il y a 16 adhérents qui cotisent mais au vue de la dernière élection sur 33 salariés, 27 personnes ont voté pour l’Ustke », a remarqué le secrétaire fédéral. A la NMC (Nickel Mining Corporation), « la situation de l’entreprise est délicate même si nous sommes majoritaires par rapport aux dernières élections. Nous avons beaucoup de sympathisants qui suivent nos mouvements mais nous avons très peu d’adhésion enregistrée », a indiqué Marcellis Pecoeaoa, élu au C.E à NMC. A Audemard, « une réunion mensuelle a été actée entre les adhérents » de ce secteur. « Audemard basé à Goro va fermer », a-t-on appris. A la SMGM (Société Minière Georges Montagnat), à la suite des élections de mars dernier : 5 sièges étaient à pourvoir. Finalement, l’Ustke a obtenu 2 sièges, les 2 autres sont revenus l’Usoenc et le syndicat des cadres a obtenu 1 siège. Il y a 2 sièges au CHSCT dont un est détenu par un élu de notre organisation. « Par rapport aux objectifs fixés, on produit plus pour rester à flot par rapport à la situation économique », a soutenu Eddy Boa, délégué syndical STKE à la société Montagnat. La production du minerai à l’année et la productivité maximale très demandée représentent la ligne directrice des entreprises minières du pays mais dont les cours bas du nickel (LME) à l’internationale favorisent très peu les investissements à long terme. La recherche de l’équilibre est difficile à atteindre … A la SLN (Société Le Nickel), « la situation n’est pas mieux même si les efforts sont faits par les employés pour maintenir le bateau à flot », a-t-on-dit. La vieille dame compte actuellement 2080 salariés et 300 emplois sont voués à la suppression tout simplement. Les départs à la retraite ne seront pas remplacés par des nouveaux venus. « Le centre minier de Tiébaghi tire un peu les autres centres miniers », a-t-on soutenu. « Nous produisons plus à moindre coût. Le tonnage, le ratio, l’organisation du travail ont changé. Nous avons récupéré des travaux de sous-traitance. La laverie tourne comme elle peut. Nous avons besoin de celle-ci pour avoir un outil de travail pérenne », a-t-on soulevé. « Les heures d’intempéries sont phénoménales. Dès qu’il pleut, nous nous arrêtons de travailler ! Nous allons chercher la teneur là où elle est. Actuellement, nous chargeons 2 bateaux par semaine ! », a-t-on souligné. A la NMC, le conflit qui a été engagé le 3 mai dernier pour une promotion en interne, a finalement trouvé une issue deux jours après. « Le camarade passe ainsi d’AM1 à AM3 », un plan de formation sera également mis en route pour l’intéressé. « Le bilan trimestriel montre une explosion de la production mais il y a un problème au niveau de la teneur demandée », a admis Bertin Boéré, délégué syndical STKE/NMC. Le 12 mai, les partenaires coréens de la NMC vont rencontrer la direction locale ainsi que ses filiales. Du côté de l’usine du Nord, « nous sommes dans une période de recrutement par rapport à la construction du 2ème four », a indiqué Edouard Ciwé, délégué syndical STKE à KNS. Par rapport aux élections de fin avril, l’Ustke dispose d’un mandat de DP titulaire et celui du suppléant, et n’a plus de siège au C.E.
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  • Pour ce qui concerne Vale NC, Pascal Pujapujane, délégué syndical STKE/Valé NC a surtout attiré l’attention de ses camarades sur l’activité nickel hors du pays, « la Chine envisage d’ici 2024 de monter une usine hydro-métallurgique avec une production annuelle de 30 000 tonnes. Ce pays influence énormément les petits pays comme nous », a-t-il soulevé. La vigilance est de rigueur. « Comment gérer la ressource nickel ? Avec qui va-t-on négocier ? Le cours du nickel se décide à Londres et il a fléchi en peu de temps passant de 15 000 $ la tonne, à 10 000 $ la tonne, à 9 000  $ la tonne. La Chine est la 1ère industrie consommatrice de nickel. Ce pays utilise du nickel à faible teneur (Pig Iron) pour ses fabrications technologiques. » Des remarques à ne pas prendre à légère d’où le risque de crise sociale dans un pays comme le nôtre avec trois usines de nickel. Dans le grand Sud, il se profile la construction du projet Lucy, un projet pilote lancé en 2015 qui permet d’allonger la durée de vie de l’actuel parc à résidus de la Kwé. « Si ce projet pilote est adopté par le C.A en juin prochain, la construction va démarrer », a-t-on indiqué. En même temps, fin 2016, tous les employés n’ont pas eu leur 13ème mois. C’est le fruit d’une négociation (NAO) entre les partenaires sociaux, permettant ainsi à Valé NC de faire une économie de près d’un milliard de nos francs. « Il n’y a pas de plan social à proprement dit », a-t-on soulevé. Par contre celui-ci est bien masqué, « on réorganise les services, on change régulièrement les rotations, les gens doivent s’adapter en permanence. Si tu as un retrait de permis de 6 mois, c’est le licenciement direct », a-t-on rajouté, un peu dépité par cette situation qui entraîne le personnel à être moins assidus au travail. Au centre de formation de Poro, un protocole d'accord a été signé le 28 avril par l'intersyndicale et la direction. Celle-ci a annoncé la rupture du contrat de l'expatrié embauché un mois plutôt pour lequel l'intersyndicale avait dénoncé le non-respect d'un accord signé en 2014. Ainsi, dorénavant, « les postes à pouvoir doivent être communiqués en interne et doivent être affichés à la mairie de Houaïlou et à CAP emploi », a précisé Léonard Wahmetu. A Sonarep : un conflit posé sur un problème de gouvernance a terni cette société. Une AG a eu lieu en avril,  avec le renouvellement des membres du C.A et la désignation d'un nouveau directeur, en la personne de Victor Toulangui. Certains salariés ont démissionné avant la tenue de cette assemblée générale et ce en rapport à l'incertitude de l'emploi. Pour ceux qui restent, il se pose la question du maintien de l'emploi (contrat de travail) et les attentes de la nouvelle direction. Ce vendredi 12 mai, la nouvelle direction souhaite rencontrer les salariés pour une reprise d'activité. 
  • Congrès de la Fédération des métallurgistes CGT (près de 70 000 adhérents). Le souhait de la fédération des mines USTKE : envoyer un représentant syndical STKE pour chaque entreprise minière (SLN, Valé NC, KNS) à ce congrès en novembre prochain en France. Il reste à définir la prise en charge de ce déplacement et son coût global.
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  • Un geste a été fait au petit-chef de la tribu de Waho, Adrien Koroma, notamment à ses représentants coutumiers avant le départ des délégués de Yaté. Ci-dessus la photo de groupe. 
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  • (*) = Vendredi  5 mai 2017
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