lundi 22 octobre 2018

A Actualité syndicale

Murielle capitaine de remorqueur portuaire

  • Capitaine de remorqueur portuaire, la famille de Murielle en est très fière !
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  • Murielle Men est capitaine de remorqueur portuaire. Un métier hors du commun, une profession où l’on rencontre très peu de femmes. Pourtant, Murielle s’est mise en tête de le faire. Elle exerce le plus souvent ce métier dans la baie de Prony où elle aide les grands navires (gaziers, minéraliers, navires transportant du souffre …) à accoster et à appareiller au quai situé à quelques kilomètres de l’usine du Sud. Si elle ne navigue pas dans les eaux de Yaté, elle effectue des voyages spéciaux entre Goro et Nouméa. Son père est très fier d’elle, sa mère n’est plus là pour apprécier la réussite de sa fille. C’est l’une des premières femmes kanak à endosser cette profession. Ses neveux, nièces et sa fille de 8 ans n’en reviennent pas qu’elle pilote ce genre de navire, le remorqueur. Son mari, agriculteur à Mélek  (île de Drehu) reste discret mais il garde une certaine fierté du risque encourue en mer par sa femme.
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  • Parcours. « J’ai un niveau bac S au lycée des îles à Wé. En 1998, je me suis rendue à Nouméa pour chercher du travail. J’ai rencontré un de mes neveux qui m’a conseillé de suivre l’école des métiers de la mer. Je suis allée me renseigner et j’ai choisi de suivre des formations maritimes à Nouville. J’ai suivi un cursus de 3 mois menant au certificat d’initiation nautique (CIN) de la marine marchande. Ce diplôme permet de travailler dans n’importe quel bateau en tant que matelot. Ensuite, j’ai entamé un permis de conduire les moteurs marins (PCMM)  d’une durée de 2 mois. Après j’ai continué à Prestige Marine, puis j’ai postulé pour un poste sur un bateau qui faisait des allers-retours entre Nouméa et Goro. Suite à cette expérience, je me suis intéressée au métier de capitaine. C’est en voyant les hommes pilotés des bateaux, donc je me suis dit que je pouvais aussi le faire. C’est pour cela que je me suis inscrite à une formation pour devenir « capitaine 200 », et le chiffre 200 correspondant à la puissance du moteur.  J’ai poursuivi la formation jusqu’à à piloter des bateaux ayant une puissance entre 200 à 500 UMS. En 2005, j’ai obtenu mon diplôme de capitaine. J’ai continué à travailler tout en étant employé à Vale NC. Avec l’aide de mon syndicat et de mon employeur, j’ai pu suivre un plan de formation à partir de fin 2016, et à cette période-là, je suis passée capitaine sur les remorqueurs. De 2002 à 2016, j’étais matelot. »
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  • 2001 : Entrée de Murielle à l’école des métiers de la mer à Nouville. Début de la formation CIN (Certificat d’Initiation Nautique).
  • 2002 : Début du parcours de Murielle dans le giron de l'usine du Sud, en tant que matelot.
  • 2005 à 2016 : Approfondissement de ses compétences. Murielle continue à suivre des formations à l’école des métiers de la mer. En 2005, elle obtient son diplôme de capitaine à l’âge de 28 ans. Durant 9 ans, Murielle continue de progresser dans son environnement professionnel. Fin 2016, un plan de formation est lancé par l’employeur après de longues négociations avec la section STKE Vale NC, et notamment avec le soutien de l’Organisation syndicale qui l’encourage dans ses démarches. Tous les ans, les corps de métiers liés à la mer sont contraints de renouveler leurs formations, leurs acquis car la règlementation change régulièrement.
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  •  Difficile. « Ce métier est une profession exercée par les hommes. J’ai réussi à être forte psychologiquement et j’ai pu gérer tout ça pour en arriver là. Ce n’est pas un métier comme les autres. Je suis capitaine de remorqueur portuaire. C’est-à-dire, je fais rentrer les minéraliers, les gaziers ... tous les bateaux qui arrivent à la baie de Prony en face de l’usine. Ils n’ont pas le droit de rentrer comme ça. Il y a un pilote et un capitaine du remorqueur qui vont les pousser, les tirer afin de les mettre à quai. Si le pilote me demande de déborder pour pouvoir tirer, je le fais. Car le bateau n’a plus de propulsion. Celle-ci a a été coupée car le bateau dispose d’une grande puissance et tout peut arriver ! Je suis là pour l’accostage et l’appareillage des navires. C’est difficile car il faut gérer le mouvement du bateau, il faut disposer de la technique. Et je l’ai acquise à force de travailler. Quand je suis à la direction du remorqueur, il faut prendre des angles de sécurité. C’est très risqué comme métier, il suffit d’un faux mouvement et l’ensemble peut chavirer. J’ai aussi une équipe à gérer dont un matelot et un mécanicien. Quand nous effectuons des voyages spéciaux jusqu’à Nouméa, nous sommes trois personnels au maximum. C’est dans la règlementation. »
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  • Ce qu’elle aime faire. Même en étant à terre, la mer lui manque. Elle fait tout pour y retourner, elle va même louer un bateau pour ses sorties en mer quand l’envie lui reprend de retrouver le large. Quand elle est en congé, elle prend souvent le « Bético » pour retourner chez elle à Mélek (Drehu). Une fois installée dans les rangs des passagers dans le bateau transportant les iliens chez eux, elle demande à accéder à la passerelle afin de rejoindre l’équipage qui est au commande du navire « orange et blanc ». « On se refile des conseils. C’est une nouveauté pour eux de voir une femme capitaine et particulièrement une kanak », dit-elle avec le sourire.
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  • Ce qu’elle souhaite. Murielle souhaiterait voir davantage des jeunes filles ou voire même des garçons se former, s’intéresser aux différents métiers de la mer. « Beaucoup de possibilités s’offrent aux jeunes, nous sommes sur une île et je vois que les jeunes sont attirés par la mine, l’administration, l'enseignement etc … ». Alors qu’il y a plusieurs types de professions liés au domaine maritime ou portuaire. 
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