dimanche 19 novembre 2017

A Actualité syndicale

Non à la sous-traitance dans les services de soins au Médipôle

  • La section syndicale STKE/CHT du Médipôle a appelé hier* en début d'après-midi à un débrayage d’une heure en mobilisant une centaine de ses adhérents et sympathisants devant le grand hall de l’établissement hospitalier de Koutio. Un grand ras-le-bol exprimé par des agents dont le syndicat dénonce en priorité, les sociétés de nettoyage privées qui interviennent dans des unités de soins sans l’aval des instances paritaires, le manque d’effectif criant dans différents services. Ce mercredi matin**, nos représentants syndicaux rencontrent la direction.
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Le point sur la situation avec Marcelin Trohmae, secrétaire général de la section STKE/CHT au Médipôle. 

  • Pourquoi ce débrayage ? « Le sujet immédiat qui nous concerne,  c’est l’entrée des entreprises privées de nettoyage dans les services de soins depuis trois semaines sans concertation avec les partenaires sociaux ! La direction a décidé cela sans l’avis des instances, des DP et du CA. Quand nous avons appris cette nouvelle, nous avons tout de suite réagit face à cette décision ! », signale le responsable syndical. « Le ménage, c’est un secteur qui concerne des femmes d’origine kanak, des wallisiennes, des calédoniennes, des femmes de toutes les ethnies avec des qualifications très bas. Donc, nous ne pouvons pas laisser cette situation en l’état », ajoute-t-il « Sinon à moyen et à long terme, c’est la perte des emplois ! Et ce sont les sociétés privées qui vont entrer dans les services de soins », dénonce-t-il. « La sécurité des patients et des agents eux-mêmes ! Est-ce que ces agents ont des formations pour exercer dans les services de soins », se demande le chef de file de la section STKE qui va à la rencontre de la direction pour demander des explications. Qui est responsable de cette décision ?  Il va falloir les éclairer là-dessus. Dans l’immédiat la section STKE dénonce un certain nombre de dysfonctionnement. Début avril, elle a déjà tiré la sonnette d’alarme. « Les choses n’ont pas pour autant changer, nous sommes toujours dans les mêmes pratiques. Nous ne pouvons pas tolérer ça. Dans des services, il y a des besoins. » En fin de semaine, il se tiendra le CTP (Comité Technique Paritaire) et le CA (Conseil d’Administration) de l’établissement hospitalier. « Il y a le bilan des organisations, ils ont fait leurs bilans. Nous avons des attentes, des demandes précises. J’espère que nous serons entendu là-dessus », ajoute-t-il.
  • Quelles sont les propositions de la section STKE pour améliorer les conditions de travail des agents des services hospitaliers (ASH) ? « Selon la direction, il y a un taux d’absentéisme élevé chez les ASH. Ce que nous avons proposé avant, pendant et même après le déménagement, voire trois à quatre mois après, c’est qu’il fallait renforcer les effectifs ASH dans les services » répète-t-il. La direction est au courant selon Marcelin Trohmae. 
  • Des attentes, des besoins. « Nous demandons par exemple un ASH en plus en neurologie en 8 heures. Nous avons déjà fait cette remontée d’information auprès de la direction par le biais du cahier de revendications. Nous avons demandé la création d’un SICS ASH, c’est un dispositif qui vient palier l’absentéisme d’urgence. C’est-à-dire que le vendredi ou dans la semaine, vous vous retrouvez avec des arrêts, vous pouvez donc utiliser ce dispositif. Les soignants sont biens au courant de ce système. Il y a le SICS chez les aides-soignants, chez les IDE. Au CHT Gaston Bourret, ils ont enlevé le SICS ASH. Chez les brancardiers, ils disposent d’un vivier avec 3 à 4 agents en CDD. Et là, chez les ASH, il n’y en a pas ! » remarque-t-il. « Si c’est l’absentéisme que soulève la direction, et bien nous avons demandé 5 agents supplémentaires dans le dispositif du SICS ASH, des agents en plus avec des horaires bien définies soit en 8 heures ou 11 heures ! », rétorque Marcelin Trohmae.
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  • Selon le personnel mobilisé hier, « l’absentéisme pointé par la direction s’explique par la grande fatigue des agents hospitaliers. La direction fait intervenir du personnel en sous-traitance pour gérer le manque d’effectif dans différents services au lieu d’embaucher du personnel qualifié et formé à des tâches précises ».
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  • Témoignages
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  • Jean-Luc Jimanic, agent au service de sécurité incendie, délégué du personnel : « On remarque bien que la politique de la direction, c’est de faire de l’économie. On ne comprend pas pourquoi, on fonctionne en mode économie. Il y a un an, on s’est mobilisé en intersyndicale pour augmenter le taux directeur à 9 %. Dans ce taux, il y avait un budget de fonctionnement qui devait nous donner 167 postes. Aujourd’hui dans chaque service il y a un manque d’effectif. L’USTKE pose aujourd’hui ces deux questions : qui a bénéficié de ces 167 postes et à qui a bénéficié ce taux directeur acquis pour l’année 2017 ? ».
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  • Hélène Napoéra, agent de palier : « C’est un nouveau métier ici au Médipôle, on distribue les charriots-repas. A Gaston Bourret, on servait le repas. Actuellement, ce sont les aides-soignants (AS) qui servent le repas. Mais, on vient nous réclamer que les régimes ne sont pas faits correctement alors que nous ne faisons plus partis de ça. En dehors de ça, on tire les charriots ... Ce qu’on demande, ce sont des agents en plus. Dans une journée, on a 7 charriots de pharmacie, 3 charriots de poubelle. Il y a tout un trafic de charriots qu’il faut évacuer, avec en plus le repas à chauffer, le petit-déjeuner pour les patients. Ils ont supprimé trois CCD existant à Gaston Bourret alors que les distances sont beaucoup plus grandes au Médipôle. Alors que l’on reste sur le même effectif ! Dans une journée, je parcoure au moins 5 fois tout le Médipôle ! Après comme, il manquait du personnel, ils n’ont pas réglé le problème de l’intérim comme ça se faisait ! Ils m’ont demandé de faire deux autres services, la pneumo et la médecine, et ça demande encore plus d’efforts ... les charriots-repas et tout ce qui s’en suit. Et on attend qu’une fois que les aides-soignants ont fini de servir les patients, on dérushe tout afin de renvoyer l’ensemble à la cuisine. Et on a que 30 mn pour faire tout ça ! Ça devient trop lourd ! Quand j’arrive à la maison,  je ne peux plus rien faire. Sur un palier, je suis toute seule à gérer, sachant que chaque service a 22 à 28 patients. Vous vous rendez-compte, en pneumo, ça me fait 58 plateaux à dérusher, les assiettes etc ..Et par palier, il y a 2 services. Il y a la pneumologie, la neurologie, la cardiologie, la chirurgie ... et sans compter les services de la clinique de Magenta qui sont venus se rajouter. On a demandé à rester sur un poste fixe car pour l’instant on tourne, on tourne... Il faut se repérer dans ce lieu.»
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  • Ella Dianou, agent en cuisine, délégué du personnel : « On fait la cuisine uniquement pour les patients.  Il y a eu aussi de l’embauche d’intérimaire dans notre service dû aux arrêts maladies.Heureusement qu’on a des agents qualifiés, capables par rapport à des responsables qui doivent organiser le travail en cuisine, contrôler la qualité du repas etc.. On est sur le terrain, on voit bien qu’il manque du personnel. On en a ras-le-bol ! »
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  • La grande section syndicale STKE/CHT du Médipôle à la fin de la mobilisation. 
  •  (*) : Mardi 27 juin 2017
  • (*) : Mercredi 28 juin 2017
  • ASH : agent des services hospitaliers
  • AS : aide-soignant
  • IDE : infirmiers diplômés d'Etat

 

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