jeudi 22 aoűt 2019

A Archives

Bush, Katrina et les pauvres

,

Le cyclone Katrina a complètement ravagé le Sud des Etats-Unis.


Pour les démunis on n'avait tout simplement pas prévu de plan d'évacuation. Il a fallu attendre trois jours pour que Bush se décide a interrompre ses vacances et évalue l'ampleur de la catastrophe du haut de son avion.


Les victimes du cyclone Katrina en Louisiane sont dĂ©sespĂ©rĂ©es et furieuses a la fois. « Ils nous traitent comme des bĂŞtes », a dĂ©clarĂ© Angela Perkins. « Pourquoi ne nous envoient-ils pas en Afrique tant qu'ils y sont. » « Nous avons l'impression d'ĂŞtre une horde de rats. C'est du moins la manière dont ils nous traitent », se plaint Earle Young, cuisinière de 31 ans qui attend sur un bus avec... 10.000 autres personnes.


Le cyclone Katrina a dĂ©montrĂ© combien la nature pouvait ĂŞtre puissante ... mais il a surtout montrĂ© que les autoritĂ©s amĂ©ricaines ne sont pas au service des simples gens ni de les protĂ©ger. En effet, la catastrophe avait Ă©tĂ© annoncĂ©e depuis longtemps dĂ©ja , mais les autoritĂ©s US n'avaient pris pratiquement aucune mesure de prĂ©vention. Les 500.000 habitants de la Nouvelle OrlĂ©ans ont tout simplement recu l'ordre de quitter la mĂ©tropole. Comment i De quel cĂ´tĂ© i Pour combien de temps i Qui les accueillerait i A eux de deviner. Car il n'existe pas de plan catastrophe pour l'Ă©vacuation totale de la ville. De 50 a 100.000 personnes n'ont pu quitter la ville. La plupart parce qu'ils n'avaient pas de vĂ©hicule ou parce qu'ils ne pouvaient payer leur ticket de bus. En effet, un habitant sur quatre en Nouvelle OrlĂ©ans est pauvre. 44% des enfants qui habitent dans cette grande ville des Etats-Unis vivent sous le seuil de la pauvretĂ©. Et parmi la population de race noire - soit 70% - le degrĂ© de pauvretĂ© est trois fois plus Ă©levĂ© que chez les Blancs.


D'autre part, on n'a pratiquement rien prévu en ce qui concerne l'accueil des malades et des réfugiés. L'immense stade Superdome est le théâtre d'un chaos dantesque, les hôpitaux ne savent plus quoi faire, les provisions d'eau et de nourriture, les stocks de couvertures et de médicaments sont tout a fait insuffisants. Des milliers de personnes sont sans manger ni boire depuis trois parfois même quatre jours...


La terrible catastrophe a la Nouvelle-OrlĂ©ans dĂ©montre encore une fois a quoi a abouti cette sociĂ©tĂ© du modèle amĂ©ricain oĂą le profit est plus important que les gens : c'est une sociĂ©tĂ© oĂą les riches sont protĂ©gĂ©s et Ă©vacuĂ©s mais oĂą la vie des pauvres surtout des noires n'ont aucune valeur. Une sociĂ©tĂ© oĂą toute forme de sociale a Ă©tĂ© dĂ©truit et oĂą tous les principes de solidaritĂ© ont Ă©tĂ© Ă©liminĂ©s.


Terry Ebbert, directeur des opĂ©rations de secours a La Nouvelle-OrlĂ©ans fait amèrement remarquer : « C'est un scandale national. L'agence fĂ©dĂ©rale pour la lutte contre les catastrophes naturelles se trouve ici depuis trois jours dĂ©ja et ils n'ont toujours pas uniformisĂ© leur QG et leur contrĂ´le. ».


Les scandaleuses priorités de Bush


Les critiques a l'Ă©gard de Bush vont crescendo. En effet, lui et son Ă©quipe seraient directement responsables de la mort de milliers d'AmĂ©ricains pauvres. L'agence fĂ©dĂ©rale chargĂ©e de lutter contre les catastrophes naturelles - la Federal Emergency Management Agency ou FEMA - avait dĂ©ja recu l'ordre en avril 2001 d'Ă©conomiser et de privatiser. En mars 2003, elle a Ă©tĂ© transfĂ©rĂ©e au Ministère de la SĂ©curitĂ© intĂ©rieure dont la principale tâche est de lutter contre le « terrorisme ».


La cĂ´te du Mississippi aurait dĂ» ĂŞtre restaurĂ©e depuis longtemps dĂ©ja . La somme prĂ©vue au dĂ©part s'Ă©levait a 14 milliards de dollars mais Bush a ramenĂ© ce montant a 1,2 milliards de dollars. En juin 2004, on a Ă©galement fait dans le budget prĂ©vu pour la construction de digues autour de la Nouvelle OrlĂ©ans une coupe de 71 millions de dollars soit une rĂ©duction de moitiĂ©. Walter Maestri, directeur des services de lutte contre les catastrophes naturelles du quartier de Jefferson, a alors dĂ©clarĂ© : « Visiblement cet argent est allĂ© a la sĂ©curitĂ© intĂ©rieure et a la guerre en Irak. Je suppose que c'est le prix a payer. »


Washington a envoyĂ© 150.000 soldats en Irak et souhaiterait en envoyer d'autres. L'occupation de l'Irak coĂ»te aux Etats-Unis 200 millions de dollars par jour - soit plus que le budget annuel nĂ©cessaire pour le renforcement des digues en Nouvelle OrlĂ©ans. Kathleen Blanco, gouverneur de la Louisiane, a dĂ©clarĂ© que le gros de la Garde Nationale de sa ville, qui aurait dĂ» se charger des opĂ©rations de sauvetage, se trouvait en Irak. Ils se trouvent au Camp Liberty (sic), a proximitĂ© de Bagdad. Les agents de police du Mississippi ont rejoint la 2ième Force d'ExpĂ©dition des Marines en Irak. Au lieu de sauver des vies humaines dans leur propre pays ils sont obligĂ©s d'en dĂ©truire en Irak. Lorsque les 3.700 membres de la garde nationale de Louisiane sont partis en Irak en octobre 2004, le Lt. Colonel Pete Schneider a dĂ©clarĂ© : « Ils emportent leurs vĂ©hicules spĂ©ciaux, leurs gĂ©nĂ©rateurs et tout leur matĂ©riel. Mais ce matĂ©riel, on en a besoin ici ». En aoĂ»t, Schneider avait mis en garde contre une crise en Louisiane et dans les Ă©tats voisins.


Le cyclone Katrina a provoqué une effroyable catastrophe mais si la catastrophe a pu atteindre pareille ampleur c'est parce qu'un cyclone plus ravageur encore s'abat sur les Etats-Unis et le monde entier. Ce cyclone c'est George W. Bush. Les communistes américains exigent dès lors la fin de la guerre en Irak et le rapatriement immédiat des soldats américains.


Cuba : on peut Ă©viter la catastrophe


A un bon millier de kilomètres de la Nouvelle OrlĂ©ans se trouve la Havane, la capitale de Cuba. Cette Ă®le des CaraĂŻbes est rĂ©gulièrement dans le collimateur des tempĂŞtes tropicales. Au dĂ©but du mois de juillet, le cyclone Dennis s'est abattu sur Cuba. C'Ă©tait un cyclone de puissance 4, tout comme Katrina. Mais les autoritĂ©s cubaines sont parvenues a faire Ă©vacuer a temps et avec ordre 1,5 millions de personnes de sorte que seules 16 personnes ont perdu la vie. Lors du cyclone Ivan, le cinquième cyclone le plus puissant qui ait jamais frappĂ© les CaraĂŻbes ce sont deux millions de personnes qui ont pu ĂŞtre Ă©vacuĂ©es dont 100.000 au cours des trois premières heures. Si le nombre de victimes lors de catastrophes naturelles est si faible a Cuba, c'est grâce a l'efficacitĂ© de son système de prĂ©vention, a dĂ©clarĂ© l'UNDP, le programme de dĂ©veloppement des Nations Unies. Il n'y a pas que l'armĂ©e et la protection civile qui sont impliquĂ©es mais aussi toutes les organisations sociales (syndicats comitĂ©s de quartier, coopĂ©ratives...). « Une chose que nous n'avons pu rĂ©aliser que grâce a notre système social », a dĂ©clarĂ© Astull Castellanos membre de la Protection Civile cubaine. En juin, se tenait a La Havane une confĂ©rence internationale sur ce thème. Jan Engeland, sous-secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral des Nations Unies pour les Affaires humanitaires a qualifiĂ© le système de prĂ©vention des catastrophes naturelles du gouvernement de Fidel Castro de modèle a suivre pour tous les pays de la rĂ©gion.


En guerre contre les pauvres


Au cours des trois premiers jours la plupart des gens n'ont recu aucune aide. Quant a l'armĂ©e, elle Ă©tait totalement absente. Après une attente interminable, les gens affamĂ©s se sont mis a la recherche de nourriture. Des centaines de personnes ont commencĂ© a voler des marchandises de première nĂ©cessitĂ© dans les magasins : nourriture, eau, savon, vĂŞtements. Dans ce chaos total, certains petits groupes se sont mis a piller les magasins.


Jeudi, Bush a donnĂ© l'ordre de « procĂ©der a l'arrestation pure et simple de tous les pillards ». A La Nouvelle-OrlĂ©ans l'Ă©tat de siège a Ă©tĂ© dĂ©crĂ©tĂ©. Pratiquement tout le corps de police, au total 1500 hommes se sont entendus dire qu'ils devaient cesser les opĂ©rations de sauvetage. Ainsi, plutĂ´t que de donner la prioritĂ© au sauvetage des victimes les autoritĂ©s ont dĂ©clarĂ© la guerre aux pauvres. Le gouverneur Kathleen Blanco a menacĂ© : « 300 soldats de la garde nationale viennent juste de rentrer d'Irak. Ils ont une certaine expĂ©rience des combats. Ils rĂ©tabliront l'ordre dans les rues. Ils ont des M-16 prĂŞts a tirer. Ces troupes savent comment tirer et tuer et elles sont plus que jamais prĂŞtes a le faire. ».


Bert de Belder et Tony Busselen


04/09/2005


Newsletter

Abonnez-vous et recevez les dernières actualités dès leur parution.

Un premier coup d'arrĂŞt

6 Avril 2019
  • Les dérives autoritaires du gouvernement sanctionnées 
  •  
  • Le Conseil Constitutionnel a rendu sa décision hier (*) en jugeant inconstitutionnelle l’une des mesures emblématique les plus contestée : les interdictions...


> Lire la suite