jeudi 22 aot 2019

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Nickel : Falconbridge refuse les conditions financières de Bercy

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La partie entre le gouvernement francais et les initiateurs du projet Koniambo en Nouvelle-Calédonie se fait de plus en plus rude. Vendredi, Bercy a adressé un nouvel ultimatum au canadien Falconbridge, censé devenir, avec une participation de 49 %, l'opérateur industriel du projet de mise en valeur du gisement de nickel de Koniambo, situé dans la province nord du territoire. Inscrit dans les accords de Bercy signés en 1998, ce projet visant a développer l'économie locale, fait du canadien l'associé de la SMSP (Société des Mines du Sud-Pacifique) gérée par les indépendantistes de la province nord de l'île, et qui devrait en avoir le contrôle majoritaire a 51 %.
Tout en rappelant « l'attachement de l'Etat au projet de construction d'une usine de traitement du nickel dans le nord de la Nouvelle-Calédonie », Bercy et le ministère d'Outre-mer somment «Falconbridge de faire part très rapidement de son accord » sur les dernières propositions des autorités francaises. Le butoir étant le 31 décembre, date a laquelle, conformément aux accords de Bercy, la SMSP doit se voir remettre la propriété du gisement de Koniambo, auparavant détenue par le groupe francais Eramet, via sa filiale SLN.


Une enveloppe insuffisante
Dans leur dernier courrier, les ministres rappellent que l'Etat est prêt a accorder une enveloppe de défiscalisation de 630 millions de dollars a laquelle s'ajoute une garantie d'emprunt (soumise au Parlement, NDLR) pouvant aller jusqu'a 450 millions de dollars.
Or ces montants semblent très insuffisants a Falconbridge, d'autant que, au fil des ans le coût du projet a été revu a la hausse. Contacté par « Les Echos », Denis Couture, vice-président et porte-parole du groupe, critique sévèrement les autorités francaises. « Les 450 millions de dollars de garanties de prêt ne vont rien coûter a la France si le projet se déroule bien car, tout simplement, il n'y aura pas lieu de les engager », affirme-t-il. « Cette offre représente peu pour un groupe a la solidité financière avérée comme Falconbridge. Surtout si on la compare aux 2,2 milliards de dollars de coût du projet », ajoute-t-il. Quant aux « 630 millions de dollars maximum de défiscalisation offerts par Bercy, ils correspondent, en application de la loi Girardin, a un soutien effectif pour la SMSP de seulement 186 millions de dollars ».
Le réquisitoire ne s'arrête pas la . Denis Couture fait état de « conditions inacceptables », selon lui, que l'Etat francais tenterait d'imposer. Comme une disposition selon laquelle « dans certaines circonstances la participation de la SMSP a Koniambo SAS (l'entité qui gérera le projet) se transformerait en l'équivalent d'une dette remboursable par la société exploitante avant même le remboursement des crédits concédés par les prêteurs ».


D'autres options examinées
En clair, si le projet connaissait des difficultés Koniambo SAS devrait puiser dans ses actifs pour rembourser en priorité l'Etat francais de la somme qu'il engagerait dans la SMSP afin que cette dernière détienne 51 % du capital social du projet.
« Cela compliquerait considérablement la tâche pour obtenir des prêts auprès des banques qui préfèrent toujours figurer comme créanciers de premier rang », précise Denis Couture. « Nous ne voulons pas nous retrouver avec un partenaire, la SMSP, qui partage les bénéfices mais pas les risques inhérents au développement d'un projet de cette ampleur. »
En conclusion, la direction de Falconbridge, qui refuse « formellement les conditions dictées par Bercy », ajoute qu'elle va « examiner d'autres options avec (son) partenaire, la SMSP, avec laquelle (elle garde) d'excellentes relations ».
Enfin, quant au risque d'un éventuel abandon de ce projet par Inco, l'autre groupe minier canadien qui vient de lancer une OPA sur Falconbridge, et est lui-même engagé dans un projet similaire a Goro dans le sud de la Nouvelle-Calédonie, Denis Couture rappelle qu'encore récemment, Scott Hand, PDG d'Inco, s'est « clairement exprimé en faveur » du projet Koniambo. « A la condition, bien sûr, qu'il soit rentable. »


MASSIMO PRANDI


Article paru dans “Les Echos” n°19549 du 28 novembre 2005.


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