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Lundi 12 décembre 2005


POUR L'ABROGATION IMMEDIATE DE LA LOI DE LA HONTE


« Que l'on s'y prenne comme on le voudra, on arrive toujours a la mĂŞme conclusion : Il n'y a pas de colonialisme sans racisme ». Extrait du discours sur le colonialisme. AimĂ© CĂ©saire.


La mobilisation large, unitaire et déterminée de la Martinique toute entière le 7 décembre 2005 a abouti a l'annulation du voyage du ministre de l'intérieur en Martinique et en Guadeloupe et a la relance salutaire du débat sur la colonisation et ses crimes.


Les Collectifs réunis le lundi 12 décembre, prennent acte de cette louable intention du Président de la République et du premier Ministre concernant la loi de la honte du 23 février 2005.


Nous avons été particulièrement attentifs a leurs déclarations qui visent a instaurer le dialogue des mémoires reconnues et respectées tout en regrettant profondément qu'aucune mention de l'abrogation de l'article de la loi de la honte ne soit clairement énoncée


Nous notons que des Ă©lus francais hommes politiques et intellectuels faisant prĂ©tendument « honneur a l'intelligence francaise », stigmatisent par le mĂ©pris l'insulte et les provocations les composantes minoritaires de la sociĂ©tĂ© francaise, avec des discours de haine et de peurs faisant fi du poids de cette longue nuit de la colonisation sur la vie des peuples qui en ont Ă©tĂ© les victimes en Afrique noire, en Afrique du Nord, a Madagascar, dans l'ancienne Indochine ou encore dans la CaraĂŻbe et le Pacifique.


Cette loi de la honte veut inscrire de manière unilatĂ©rale, insidieuse et permanente dans la mĂ©moire des gĂ©nĂ©rations futures le racisme et l'iniquitĂ© comme essence mĂŞme des valeurs de la RĂ©publique francaise. La RĂ©publique, comme la dĂ©mocratie, se refonde chaque jour par un combat incessant des valeurs de justice et de respect de l'Homme ! A n'en pas douter, ces dĂ©chirures identitaires ravivĂ©es par l'article 4 de la loi de la Honte, et que la RĂ©publique n'a pas su Ă©couter et comprendre, sont le fruit de sa volontĂ© d'oubli du passĂ©, mais resurgiront sans cesse, tant qu'elles n'auront pas Ă©tĂ© entendues.


Elle opère un renversement des valeurs et transforme un cortège d'atrocitĂ©s d'humiliations de racisme, en « bienfaits civilisateurs », spoliant de fait toute une partie de la population de ce pays de son humanitĂ© et de son identitĂ©, replongeant la France dans la nostalgie douteuse d'Ă©poques troubles qui charriaient des valeurs tronquĂ©es et des idĂ©ologies a l'opposĂ© du respect de la dignitĂ© humaine.


Cette loi, loin de rassembler les peuples ravive des souffrances. L'Algérie, qui a payé un lourd tribut a l'idéologie coloniale, s'est indignée légitimement face a cette loi de la Honte.


La Martinique, la Guadeloupe, fidèles aux valeurs universelles des Droits de l'Homme portées de tout temps et exaltées par ses fils (Ignace, Delgrès Césaire, Fanona) étaient dans l'obligation morale d'alerter l'opinion francaise et internationale quant a cette véritable régression que représente la loi du 23 février 2005.


Tant que la loi dont M. Sarkozy s'est montré le fervent supporter, ne sera pas abrogée, il ne trouvera en Martinique aucun accueil digne de l'hospitalité légendaire de notre peuple, et ce d'autant qu'en reconnaissant en mai 2001 l'esclavage comme crime contre l'humanité, ce même parlement institue aujourd'hui un révisionnisme officiel.


« Et je dis que, de la colonisation a la civilisation, la distance est infinie, et que, de toutes les expĂ©ditions coloniales accumulĂ©es de tous les statuts coloniaux Ă©laborĂ©s de toutes les circulaires ministĂ©rielles expĂ©diĂ©es on ne saurait rĂ©unir une seule valeur humainea. » Discours sur le colonialisme. AimĂ© CĂ©saire.


En conséquence :


· Les collectifs exigent l'abrogation immédiate de la loi de la honte du 23 février 2005.


· Ils demandent au peuple martiniquais de rester mobilisé et uni dans cette bataille pour imposer le respect de la mémoire et de la dignité des peuples ayant subi les exactions de la colonisation.


· Ils s'engagent, pour amplifier la mobilisation. a coordonner leurs efforts avec ceux des peuples de Guadeloupe, de Guyane, de Réunion, de Polynésie, de Kanaky, les organisations de la diaspora en France, les démocrates francais et tous ceux des anciennes colonies qui partagent cette démarche.


Collectif Respé a dénonciation du colonialisme Collectif Martiniquais pour l'abrogation de la loi de la Honte


Martinique Lundi 12 décembre 2005


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