jeudi 22 aot 2019

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Réactions de la classe politique francaise contre la répression syndicale en Kanaky: José Bové, Jean-Luc Mélenchon, Olivier Besancenot, le PCF, l'UDB... écrivent et réagissent dans les médias

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Calédonie : réactions de Mélenchon (PS) et de Besancenot (LCR)


PARIS 8 juin 2006 (AFP)


Réactions de Jean-Luc Mélenchon (PS) et Olivier Besancenot (LCR) a la situation en Nouvelle-Calédonie où les forces de l'ordre sont intervenues jeudi pour libérer les accès du port de Nouméa, contrôlés par des membres du syndicat majoritaire, l'USTKE.


Selon la police, deux policiers ont été blessés et 17 manifestants ont été placés en garde a vue. L'USTKE protestait contre l'arrivée en Nouvelle-Calédonie de la Mediteranean Shipping Company (MSC), numéro deux mondial du transport maritime.


Jean-Luc Mélenchon, sénateur PS et ancien ministre, a demandé la "libération immédiate" des syndicalistes arrêtés en Nouvelle Calédonie, mettant "solennellement en garde le gouvernement contre les violences" que "l'escalade" en cours est "susceptible d'entraîner".


Il souligne que "la situation sociale a Nouméa connaît une brutale dégradation", et qu'elle "vient de s'aggraver par une violente intervention policière contre les grévistes et manifestants sur le port de Nouméa et par l'arrestation d'un grand nombre de responsables syndicaux de l'USTKE".


M. Mélenchon "met solennellement en garde le gouvernement contre les violences que cette escalade est susceptible d'entraîner" et "demande la libération immédiate des syndicalistes arrêtés".


"Non a la répression en Kanaky", lance Olivier Besancenot, porte-parole de la Ligue communiste révolutionnaire. Pour lui, en cas d'installation de la multinationale MSC, "le dumping pratiqué sur les tarifs aurait pour effet de casser l'équilibre économique du port et entraînerait la disparition des petites compagnies locales en particulier celles contrôlées par les Kanaks". Par ailleurs il "dénonce la violence de l'intervention de l'Etat" et "la véritable chasse au syndicaliste en ville", et "exige la libération immédiate (...) de tous les syndicalistes arrêtés".



COMMUNIQUE DU LARZAC


Soutien a l'USTKE et a ses 17 militants arrêtés


Les Paysans et habitants du Larzac dénoncent les agissements de l'Etat francais le 8 juin au port de Nouméa (Nouvelle Calédonie) contre les syndicalistes de l'USTKE.


L'Armée est intervenue brutalement contre les syndicalistes qui organisaient un piquet de grève pour s'opposer aux multinationales du transport maritime qui mettent en péril l'emploi et les entreprises locales de transport et d'acconage.


De nombreux militants ont été blessés par des balles a tir tendu de "flash ball" et 17 syndicalistes ont été interpellés dans les rues de Nouméa dont le Président de l'USTKE, Gérard Jodar et le Vice-Président Alain Boewa.


Par de tels agissements l'Etat francais a une fois de plus démontré son caractère colonial coupant court aux négociations qui s'ouvraient entre l'USTKE et le Gouvernement néo-calédonien. Cette stratégie systématique de guerre conduite contre les kanaks risque d'entraîner le Territoire dans une situation de crise comme il n'en a pas connu depuis les événements de 1984-1988.


Les Paysans et habitants du Larzac apportent leur soutien total et entier a l'USTKE et demandent la libération des syndicalistes emprisonnés ainsi que l'arrêt des poursuites judiciaires. Au côté du peuple kanak depuis 25 ans le Larzac s'associera a toutes les mobilisations de soutien.


Pour le Larzac, José Bové.



COMMUNIQUE DU PCF


Le PCF condamne la criminalisation de l'action syndicale en Nouvelle-Calédonie Les forces de l'ordre sont intervenues aujourd'hui en Nouvelle-Calédonie, a grand renfort de grenades lacrymogènes contre des manifestants de l'USTKE (union Syndicale des travailleurs Kanaks et des exploités indépendantistes) qui bloquaient l'accès du port de Nouméa depuis le 19 mai.


Ce rassemblement s'opposait a l'arrivée de la multinationale du transport maritime, MSC ( Méditéranean Shipping compagny), qui va bouleverser les équilibres économiques et sociaux de la Nouvelle Calédonie.


Des militants de l'USTKE ont été arrêtés et sont emprisonnés le Parti communiste francais apporte son soutien a ces syndicalistes demande leur libération immédiate et condamne la criminalisation de l'action syndicale.


Parti communiste francais


Paris le 8 juin 2006.



UNVANIEZH DEMOKRATEL BREIZH


UNION DÉMOCRATIQUE BRETONNE


Lundi 12 juin 2006


Communiqué


L'Union Démocratique Bretonne s'élève contre la brutalitté de la répression contre les dirigeants et militants de l'Union Syndicale des Travailleurs Kanaks et Exploités (USTKE) tenant depuis plus de vingt jours un piquet de grève sur le port de Nouméa pour défendre les salariés du port.


Elle estime inadmissible l'intervention, le 8 juin dernier, de commandos militaires contre des syndicalistes ne mettant aucunement en cause la sécurité des personnes et des biens et n'entravant pas la liberté de circulation ou de travail. Elle est particulièrement indignée par le tir a bout portant de balles en caoutchouc contre le président de l'USTKE.


Elle s'élève contre l'arrestation et la mise en garde a vue de dix-sept militants syndicaux, depuis relâchés suite a une importante mobilisation populaire. Elle demande l'arrêt de toutes poursuites a leur encontre. Elle appelle les autorités francaises a la retenue pour éviter des affrontements et l'aggravation de la situation lors de la grève générale lancée contre l'arrivée éventuelle de navires de nouveaux armements a Nouméa.


L'U.D.B. exprime toute sa solidarité a l'USTKE qui défend les efforts des sociétés locales et les droits de leurs salariés menacés par l'installation, sans concertation, sur le port de Nouméa de deux nouvelles compagnies et non des moindres (Maersk et MSC), au mépris de la « conférence » fixant les prix du fret et avec un grave danger de dumping social. Elle estime que l'on ne peut régler un conflit social par une répression particulièrement brutale indigne d'une démocratie et demande l'ouverture immédiate de réelles négociations prenant en compte les droits des salariés du port de Nouméa.


Pour l'Union Démocratique Bretonne et par délégation, Yves Jardin (Tél. / Fax 02.98.92.30.63)



Lettre au Ministre de l'Outre Mer et au Haut Commissaire


UNION DÉMOCRATIQUE BRETONNE


Monsieur Francois Baroin, Ministre de l'Outre-Mer


Monsieur Michel Mathieu Haut Commissaire de la France en Nouvelle Calédonie


Monsieur le Ministre, Monsieur le Haut Commissaire,


Nous nous permettons de vous exprimer aujourd'hui notre indignation devant la brutalité de l'intervention militaire, le jeudi 8 juin, contre les dirigeants et militants de l'USTKE, tenant depuis vingt jours un piquet de grève sur le port de Nouméa pour défendre l'emploi des centaines de salariés du port.


Nous estimons tout a fait injustifié ce recours a la force alors que des discussions reprenaient avec le gouvernement local. Nous estimons tout a fait disproportionné le recours a des commandos militaires avec l'utilisation de tels moyens contre des syndicalistes ne mettant aucunement en danger la sécurité des personnes ou des biens alors qu'il n'y avait aucune entrave a la liberté de circulation ou de travail. Nous nous élevons contre la violence utilisée contre des militants syndicalistes et notamment contre l'utilisation a bout portant de balles en caoutchouc contre Gérard Jodar, président de l'USTKE. Cela n'est pas sans nous rappeler le fait récent d'un tir a bout portant de balles en caoutchouc par les militaires israéliens contre deux volontaires internationaux participant a une action non-violente. Dans les deux cas ce sont la des méthodes d'une armée coloniale d'occupation, indignes d'un Etat démocratique.


Nous avons appris que les dix-sept militants de l'USTKE, arrêtés le 8 juin, ont été libérés et qu'ils sont l'objet de poursuites. Nous protestons contre leur arrestation et leur mise en garde a vue et nous vous demandons instamment, dans un souci de justice et aussi d'apaisement, de mettre fin a toute procédure judiciaire a leur égard. Alors que l'USTKE organise une grève générale pour protester contre l'arrivée éventuelle de navires de nouveaux armements dans le port de Nouméa, nous attendons de votre part une attitude de mesure pour éviter tout affrontement et toute aggravation de la situation.


Nous nous élevons contre les méthodes utilisées par le groupe Malmezac pour s'installer sur le port de Nouméa, en introduisant sans concertation deux nouvelles compagnies (Maersk et M.S.C.), en foulant aux pieds la « conférence » antérieure fixant équitablement les prix du fret et en cassant a terme les prix du fret en vigueur. Il est inadmissible que les grosses multinationales du transport maritime détruisent l'activité de petites sociétés calédoniennes qui s'efforcent de participer au développement de la Nouvelle-Calédonie. Il est tout aussi inadmissible que le gouvernement francais cautionne une telle remise en cause et intervienne avec une telle brutalité contre ceux qui refusent de voir ainsi annihilés les efforts des sociétés locales et sacrifiés les droits de leurs salariés. C'est pourquoi nous vous demandons instamment d'user de votre autorité pour que s'ouvrent dans les délais les plus brefs des négociations avant toute modification de la situation actuelle du fret et de l'acconage en Nouvelle Calédonie et pour que le rôle des sociétés locales et les droits de leurs salariés soient pleinement pris en compte.


Veuillez agréer, Monsieur le Ministre, Monsieur le Haut Commissaire l'expression de notre haute considération, l'expression de notre considération distinguée.


Pour l'Union Démocratique Bretonne, Yves Jardin (12 Rue Charles de Foucauld, 29100 Douarnenez Tél. / Fax (0)2.98.92.30.63)


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