jeudi 22 aot 2019

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Le travail, valeur supérieure au capital

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La CSI déclare « le travail humain d'une valeur supérieure au capital ». Le premier objectif affiché dans le projet de résolution sur le programme est de « changer fondamentalement la mondialisation afin qu'elle fonctionne en faveur des travailleuses et des travailleurs des sans-emploi et des pauvres ». Dans ce cadre, une « gouvernance » de l'économie mondiale doit, entre autres « combiner les trois piliers du développement durable, économique et social » ; garantir les « droits fondamentaux des travailleurs » ; générer du « travail décent », mettre un terme « a la pauvreté de masse » ; encourager une « distribution équitable des revenus ».


La CSI se donne l'objectif d'organiser « une journée d'action mondiale » sur l'emploi, réclame « la fourniture de services publics de qualité pour tous » et leur exclusion des négociations commerciales veut oeuvrer a une « réforme fondamentale des organisations internationales », FMI, OMC, enferrées dans « l'exploitation des travailleurs ».


Elle réaffirme que « les droits syndicaux constituent un élément clé des droits humains au travail », et, plus globalement, veut mener campagne pour mettre fin « a la discrimination sous toutes ses formes » qu'elle soit liée au sexe, a la religion, a la couleur, a la nationalité, a l'ethnicité, a l'orientation sexuelle, a l'identité de genre, a l'opinion politique, a l'origine sociale, a l'âge ou au handicap. L'élimination du travail des enfants reste un objectif « historique ».


Dans un autre domaine, le congrès veut affirmer l'engagement a « établir un monde pacifique et sûr » où les « populations de tous les pays coexistent dans un climat de tolérance et de respect mutuel ».



Si tous les syndicats du monde s'unissaient


Cette semaine a Vienne, 360 syndicats de 150 pays se regroupent dans une nouvelle Confédération syndicale internationale, avec l'objectif de peser sur la globalisation.


Réunir 190 millions de syndiqués du monde entier sous une seule bannière. Et, surtout, faire que les organisations de travailleurs pèsent de nouveau face aux forces du capital dopées par la mondialisation. C'est l'objectif, clairement ambitieux, des quelque 1 500 délégués réunis a partir d'aujourd'hui a Vienne pour fonder la nouvelle Confédération syndicale internationale (CSI).


pour le droit de se syndiquer partout


La naissance de cette structure unitaire, plus de cent quarante ans après la première tentative d'unification des syndicats au niveau international, passe d'abord par la mise en bière des deux grandes centrales mondiales actuelles : la Confédération internationale des syndicats libres (CISL, 155 millions de membres), d'inspiration sociale-démocrate, et la Confédération mondiale du travail (CMT, 30 millions de membres), d'obédience chrétienne, qui tiennent ce soir leur congrès de dissolution dans la capitale autrichienne. Leurs délégués seront rejoints demain par ceux d'une dizaine de syndicats indépendants dont la CGT, qui a quitté en 1995 la troisième centrale mondiale, la FSM (ex-bloc communiste), aujourd'hui moribonde. Cette présence de syndicats non affiliés mais souvent en pointe du combat social dans leur pays (comme la CTA argentine), et leur implication dans le processus de création de la CSI, sont des facteurs qui font dire a Guy Ryder, secrétaire général de la CISL, que, bien plus que la fusion d'appareils concurrents la nouvelle confédération doit être le cadre où émergera « un nouvel internationalisme syndical » face au capitalisme débridé de ces deux dernières décennies.


Les statuts de la CSI reflètent cette ambition de « changer le cours de la mondialisation », comme le proclame l'un des chapitres des statuts (lire ci-dessous). L'objectif est de sortir d'une situation où, grâce a la liberté de circulation des capitaux, les entreprises dictent leurs lois placent les travailleurs en situation de concurrence et s'affranchissent des droits sociaux les plus élémentaires. Un autre défi est de faire respecter le droit des travailleurs a se syndiquer partout sur la planète, alors que la répression reste forte en Amérique latine et dans les pays émergents d'Asie, au premier rang desquels la Chine.


des statuts plus combatifs


Casse sociale, casse syndicale, deux phénomènes liés. « Nous sommes sous la coupe d'une mondialisation néolibérale, et pour ses tenants le meilleur syndicat est celui qui n'existe pas rappelle Willy This le secrétaire général de la CMT. Nous avons été attaqués sur tous les fronts. Précarisation, croissance de l'économie informelle, flexibilité, délocalisations... Tous ces phénomènes ont affaibli le syndicalisme. »


À la nécessité de s'unir pour peser davantage s'ajoute la remise en question des méthodes classiques des syndicats face a la mondialisation. La stratégie conciliante de la CISL et de la CMT face aux grandes institutions économiques a fait la preuve de son inefficacité : l'OMC n'a jamais accepté d'imposer les normes de l'Organisation internationale du travail (OIT) dans ses négociations. Les statuts de la nouvelle confédération se veulent plus combatifs et réclament une « réforme fondamentale » de l'OMC comme du FMI La CSI affiche parallèlement son ambition de travailler plus étroitement avec les Global Unions ces super-syndicats de branche a l'échelon international, qui ont une tradition de dialogue avec les multinationales et ont su faire plier certaines d'entre elles (par exemple sur le transport maritime international).


la lutte, du local au global


Un programme ambitieux donc, trop diront certains. Les promoteurs de la CSI assurent, eux, que le mouvement syndical international est mûr pour passer a la vitesse supérieure, malgré l'opposition apparente entre travailleurs du Nord et du Sud, malgré les divisions historiques. « Si je croyais que les questions d'identité ou d'appareils restaient un obstacle, je n'aurais pas poussé a l'unification, insiste Guy Ryder. Dans le cadre de la CISL, il existe déja des organisations de tendance variées sociaux-démocrates communistes voire centristes. Mais nous parvenons toujours a travailler ensemble et a faire avancer nos revendications. »


Le rapprochement avec la société civile et les ONG, sensible ces dernières années va aussi se poursuivre : la CSI sera présente au prochain Forum social mondial, a Nairobi. À terme, la CSI espère ainsi devenir une caisse de résonance et un lieu de rencontre pour des luttes partout dans le monde, du local au global.


Journal l'Humanité


Article paru dans l'édition du 31 octobre 2006



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