dimanche 16 juin 2019

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Hommage a Yasser Arafat

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La Palestine est un État. Vive l'État de Palestine !


lundi 15 novembre 2004, par Taieb Moalla, Nahla Chahal, Gérard JODAR


Dédié a Abou Ammar


À Alger, le 15 novembre 1988, et dans le cadre du Conseil National Palestinien, l'OLP proclamait la création de l'Etat palestinien et reconnaissait les résolutions 181, 242 et 338 des Nations Unies. Aujourd'hui, et même si cet Etat n'existe pas sur le terrain (pas encore du moins), il est bel et bien vivant dans le coeur de millions d'êtres humains épris de liberté et de justice a travers le monde.


À l'occassion de la première Intifada, au cours de laquelle les Forces d'occupation israéliennes exécutaient l'ordre de "casser les os des enfants (palestiniens)", Cheick Imam Issa chantait ceci a Tunis en 1991 (l'auteur du poème s'appelle Farghali Ali) :


UaUaaaUaUa aUaUaa


UaUaaaUaUa aUaUaa aUaaUaa aUaUaUaaa aaUa aUaaUaUaa aUaaa aUaaUaaa aaUaa aUaUaaaa aUaUa aEaaUa aaUaa aUaaaUaa aUaUa aaaUa aaa aUaaaaUaa aUaUa aEUaUaUa Uaaaa aUaaaUaaa Uaa Uaaaaaa


(...)


UaUaaaUaUa Uaa UaUa UaaaUa aUaUaUa aUaaUa Ua aEUaaUaaa UaUaaaaa


(...)


Une mauvaise traduction donnerait a peu près ceci :


La Palestine est un État Construit a travers la résistance, Du sang du martyr, du feu des armes Elle ramène les plantes a leur terre L'étranger a son domicile Elle rend l'Histoire a son peuple, L'honneur des arabes n'est pas a négocier


(...)


Voici la Palestine qui se relève Paix et chanson pour le matin


(...)


Aujourd'hui, les Palestiniens qui ont accepté un compromis historique et reconnu le fait colonial israélien, sont confrontés a un terrorisme d'Etat qui prétend que : " du côté palestinien, il n'y a pas de partenaire pour la paix".


Et si c'était exactement l'inverse i


Taïeb Moalla Coalition Québec/Palestine 15-11-2004 ABOU AMMAR N'EST PLUS ! VIVE LA LUTTE DU PEUPLE PALESTINIEN


Les hommes historiques sont le fruit d'un long processus du croisement de tant de circonstances que leur présence a un moment donné reste une énigme entière. Yasser Arafat est de ceux-la . Le leader palestinien a conduit la lutte de son peuple dans des conditions inédites incomparables a tous les points de vue aux autres expériences de libération nationale. En premier lieu, la question palestinienne s'est trouvée liée a la aquestion juivea, ancestrale, mondiale et maintes fois tragique, où se mêlent a la politique, l'Histoire, la Religion et beaucoup de mythes. Elle est également intimement liée aux visées coloniales de l'Europe de la fin du 19ème siècle, a l'effondrement de l'Empire Ottoman et aux querelles ou entendements concernant le partage de la domination sur cette partie du monde. C'est dire sa complexité et sa spécificité. Dans ce contexte, le peuple palestinien a été confronté a deux grands exodes en 1948 et en 1967, et s'est retrouvé non seulement chassé de sa terre, dispersé aux quatre coins du monde dans des camps de réfugiés et dans des conditions misérables sous le joug de régimes arabes répressifs et instrumentalisant la cause palestinienne a des fins perverties mais aussi devant un refus obstiné de reconnaître l'injustice historique suprême qui lui a été faite. L'OLP, sous la direction de Abou Ammar, a dû confronter toutes ces donnes les gérer et les digérer pour en tirer des conditions permettant d'une part l'établissement d'un cadre pour un mouvement de libération nationale et d'autre part le renversement de l'histoire : malgré la misère des réfugiés leur éparpillement, le déni matériel et intellectuel de la possibilité d'une Palestine, naissait avec l'OLP combattante, aseul et unique représentant du peuple palestiniena une société palestinienne unie et l'entité politique qui lui correspondait. C'est un long cheminement, tissé de résistance et de confrontations de persévérances comme d'obstacles et d'échecs mais aussi de changements sur la carte de la politique mondiale, qui a conduit a la recherche de compromis permettant d'entrevoir une issue politique négociée. Les accords d'Oslo sont nés dans ce sillon. Il n'y a que l'approche simpliste qui se permet de juger le atextea et de lui trouver des lacunes et des torts - évidents - sans en percevoir le sens et la dynamique. Les accords d'Oslo ont ramené la question palestinienne en Palestine ! Des personnes physiques (par dizaines de milliers), les leaders de cette lutte, et surtout son déroulement et la concrétisation mondiale, officielle, reconnue par tous ( y compris par Israël ) de l'existence d'une entité palestinienne. C'est, depuis 1948, le premier aretoura. Il est humain et politique.


Oslo est un moment unique et exceptionnel dans le parcours d'Israël, classe politique et société confondues que la première Intifada héroïque a mis sous le choc. Le parcours d'Israël relève d'un colonialisme particulier, construit sur le déni de la Palestine et sur l'expansion et la domination. L'arrivée d'Ariel Sharon au pouvoir annonce la liquidation de ce moment exceptionnel. Plébiscité et largement et durablement soutenu, ce dernier considère Oslo comme une aerreur historiquea et dit venir aterminer 1948a. Il le fait a une cadence rapide et avec une détermination meurtrière, détruisant tout ce qui symbolise la Palestine. Sa haine contre Yasser Arafat découle de cette source. Il a eu les mains libres pour accomplir sa besogne, concordant avec la domination de la version la plus guerrière, la plus agressive du néolibéralisme triomphant, celle de l'administration Bush et de sa guerre permanente et totale, la ressemblance entre les arguments et les méthodes employés en Palestine et en Iraq occupé est éloquente a ce égard.


Yasser Arafat a conquis sa carrure d'homme historique a travers tout cela. En se battant farouchement pour mettre du côté du apeuple palestiniena ( ainsi naissant des cendres de l'image du apauvre réfugiéa) le droit international et l'évidence d'une cause juste. Il fallait a la fois énormément de courage, de lucidité, de solidité et d'entêtement, de finesse et de souplesse... c'est ca le génie de Abou Ammar ! Le génie de construire, avec la révolution, un État. Cet État était concrétisé, bien avant Oslo, avant la aterrea, par l'OLP, et ce sur la scène politique internationale comme quotidiennement, dans les mille détails de la vie des palestiniens. Cette construction était une urgence vitale dans le contexte spécifique de la question palestinienne. Il y a eu certainement des manquements des erreurs une permissivité qui a laissé s'installer de la corruption, des querelles d'intérêts des solutions a la va-vite y compris parfois répressives... Il ne s'agit pas de les nier, encore moins de les justifier ou de minimiser leurs conséquences. Mais il serait aveuglant de les laisser camoufler le parcours qui a duré et qui dure encore, depuis ce premier jour de 1965 et l'annonce publique du Fatah (en gestation depuis bien des années), jusqu'a l'émotion immense qu'a soulevée la disparition de Yasser Arafat.


C'est une époque qui s'en va...


Le peuple palestinien, ainsi privé de son leader, continuera la lutte en intégrant cette nouvelle donne qui vient s'ajouter a l'extrême difficulté des conditions auxquelles il est confronté. - il est totalement légitime d'accuser le gouvernement israélien de l'assassinat de Yasser Arafat. Avec ou sans empoisonnement, les conditions de séquestration durant trois ans du leader palestinien a Mouqata'a suffiraient pour causer la mort. C'était une issue préméditée et d'ailleurs publiquement annoncée par les dirigeant israéliens. Les Internationaux qui ont passé un mois aux côtés de Yasser Arafat, en avril 2002, lors de l'offensive de la réoccupation militaire de la Cisjordanie, peuvent l'attester, ainsi que tous ceux et celles qui ont continuer a lui rendre visite, les délégations officielles les missions civiles... - l'hommage qui est rendu a Yasser Arafat ne relève nullement de l'idôlatrie ou du culte de personnes mais de la signification de ce qu'il représente dans un contexte précis de déni et d'émiettement. Il concrétise un symbole, un repère, et aussi une confiance Ô combien de fois mise a l'épreuve. - Et c'est pour ces mêmes raisons qu'il est stupide de s'adonner au jeu de aqui sera son successeura. Les hommes historiques ne naissent pas par décret. Désormais une direction collégiale s'impose, dont le soucis majeur sera de préserver les acquis du parcours et de continuer a mener la longue lutte qui attend encore le peuple palestinien. -Pour s'installer et pour se prévaloir de l'indispensable légitimité aux yeux des palestiniens et du monde entier, cette direction se dirige vers l'organisation d'élections générales. La situation créée par l'agression israélienne permanente et sans mesure en Palestine fait que ces élections ne pourront se dérouler que prises en charge internationalement, une prise en charge qui devrait être totale et s'exprimer sur tous les niveaux, du politique au pratique. C'est un combat qu'il s'agit d'ajouter a nos agendas sur la Palestine, au même titre que celui de l'exigence d'une force de protection internationale pour le peuple palestinien, menacé dans son existence-même et pas uniquement via la destruction systématique de ses institutions politiques et civiles au même titre que les campagnes pour le démantèlement du amura, pour des sanctions a l'encontre d'Israël tant que sa politique bafoue le droit international... Il peut même être chronologiquement plus urgent.


Les membres des 97 ème, 98 ème et 99 ème missions civiles pour la protection du peuple palestinien, actuellement présents en Palestine pour la cueillette des olives ont participé le vendredi 12 novembre aux obsèques du leader palestinien a Ramallah. Ils et elles ont vécu ce moment inégalable, où le peuple palestinien, assassiné, affamé, emprisonné, retenu sur les checks-points et derrière le mur ... est sorti accueillir son leader. Ils et elles ont vu ce que voulait dire la phrase favorite de Yasser Arafat : aChaab el jabbarinea, un peuple de géants un grand peuple. ... N'empêche que notre tristesse est immense !


le 13 novembre 2004


Nahla Chahal coordinatrice de la Campagne Civile Internationale pour la Protection du Peuple Palestinien (CCIPPP)


COMMUNIQUE DE PRESSE DE L'USTKE (Union Syndicale des Travailleurs Kanaks et des Exploités)


Nouméa, le 12 Novembre 2004. L'USTKE, au nom de tous les travailleurs progressistes de Kanaky et a l'unisson de tous les peuples qui luttent pour leur liberté dans cette partie du monde, salue la mémoire du camarade Yasser Arafat, figure emblématique de la cause palestinienne.


C'est avec une profonde tristesse que nous avons appris la mort du vieux feddayin qui aura incarné durant près d'un demi-siècle l'espoir d'une Palestine libre et donné une crédibilité internationale au projet d'un Etat palestinien indépendant, longtemps considéré comme un terroriste par la communauté internationale avant d'être reconnu comme un incontournable artisan de la paix au Proche-Orient, reconnaissance internationale consacrée par l'obtention du prix Nobel de la paix en 1994 aux côtés d'Yitzhak Rabin et Shimon Peres.


Au plus fort des bombardements de l'aviation israélienne sur Beyrouth en 1982, interviewé par une équipe de la télévision suédoise dans son bunker où il était retranché et alors qu'on entendait en direct le fracas assourdissant des bombes qui tombaient tout autour, Yasser Arafat, coiffé de son légendaire keffieh et avec pour seule protection ce sourire si radieux qu'on lui connaissait, déclarait "ressentir en ce moment comme un parfum de paradis". Quoiqu'on puisse penser de certains de ses choix politiques et des oppositions qu'il aura pu susciter au sein même de la résistance palestinienne, nous garderons de Yasser Arafat le souvenir d'un dirigeant courageux qui aura toujours su donner une image digne de son peuple et de la Palestine, y compris sous la pire adversité. Avec Abou Amar, c'est un peu du souffle de l'Intifada, un peu de l'âme de cette Palestine héroïque qui s'en va.


Aux travailleurs et syndicalistes palestiniens au peuple palestinien qui pleure aujourd'hui son leader historique qui l'aura guidé durant ces décennies d'épreuves et de souffrances sur les chemins de l'exil comme sous l'éteignoir de la colonisation israélienne, nous voulons exprimer notre solidarité et notre amitié. Aujourd'hui comme hier, et plus encore demain, nous serons aux côtés de la Palestine en lutte. PALESTINE VAINCRA !


Pour le Bureau Confédéral de l'USTKE, le Président, Gérard JODAR.


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