mardi 30 mai 2017

S Solidarités internationales

Maroc : Solidarité avec les salariés de la raffinerie Samir

  • L’adhérent marocain de l’OIEM, le Syndicat National des Travailleurs des Phosphates CDT a informé des actions menées par les syndicats et les salariés de la Samir (Société anonyme marocaine de l'industrie du raffinage) pour sauver leur entreprise.
  • Le front syndical de la Samir, constitué du Syndicat du pétrole et du gaz et de trois Centrales syndicales (CDT, FDT et UNMT), intervient en tant que coordinateur de ces actions et fait médiatiser, le plus largement possible, le dossier Samir.
  • L’unique raffinerie du Maroc, la Samir est basée sur le port de Mohammedia près de Casablanca. Créée en 1959 par l'Etat, elle répondait à une volonté politique d'émancipation de l'économie marocaine.
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  • La Samir en chiffres :
  • - 1 000 postes de travail pour les techniciens et les ingénieurs ;
  • - entre 5 000 et 7 000 emplois indirects de presque 200 entreprises qui travaillent avec la Samir ;
  • - près de 25 000 Marocains vivent grâce à la Samir.
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  • En 1997, la Samir fut privatisée. Elle est détenue à 67 % par le groupe suédo-saoudien Corral et dispose d'une capacité de raffinage de 200 000 barils par jour.
  • La privatisation d’une entreprise aussi stratégique que la Samir s’inscrit dans la lignée de décisions du 16e Congrès Mondial de l’Énergie de Tokyo (octobre 1995) concernant la libéralisation des entreprises du secteur énergétique.
  • Dès le début de l’application des recetteslibérales, cette privatisation très contestée par les syndicats apparaissait comme une escroquerie. L’entreprise fut confiée à un petit groupe saoudien, inconnu jusqu'alors et devenu aujourd’hui la deuxième fortune en Arabie Saoudite. Le patron du groupe Corral, un certain Mohamed Al Amoudi à la réputation douteuse, voire sulfureuse, est devenu du coup multimilliardaire.
  • Les patrons de la Samir ont accumulé des fortunes colossales qu’ils ont détournées vers l’étranger. Cela se faisait dans un climat de corruption, de malversations et de népotisme. Finalement, la Samir se retrouve en faillite, surendettée et mise en liquidation judiciaire. Elle s’endettait pour financer son projet de développement, alors que ses actionnaires magouillaient et refusaient d’injecter les fonds dans le capital, en violant leurs engagements.
  • Mais qui veut tuer la poule aux oeufs d’or ? Qui veut détruire ce fleuron national de l'industrie du raffinage ? Très certainement tous ceux qui souhaitent que le Maroc soit totalement dépendant du marché international des hydrocarbures volatil et instable et des spéculateurs qui grouillent dans ce secteur.
  • Le 26 novembre, le front syndical de Samir a organisé un sit-in devant la préfecture de Mohammedia, avec les revendications suivantes :
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  •  (Photo DR - AL Huffingston Post - Maghreb-Maroc)
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  • - L’Etat doit intervenir pour garantir la reprise. Rationaliser l’approvisionnement et la distribution des produits pétroliers, contrôler qualité/prix et protéger les intérêts de l’économie et des consommateurs marocains.
  • - Préserver le capital humain très riche dans la raffinerie de la Samir. Garantir les droits des salariés à leurs subventions et rémunérations ainsi que la couverture médicale, de retraite et des autres avantages sociaux.
  • - Le bureau syndical revendique le règlement des dossiers administratifs en suspens,la titularisation des temporaires et le respect du droit au travail.
  • - Veiller à l'emploi des salariés licenciés ou forcés à l’arrêt de travail par les sociétés sous-traitantes et permettre ainsi defaire face au chômage des travailleurs et des techniciens qui ont acquis le métier et l'expérience au sein de l'entreprise Samir.
  • Notre solidarité syndicale internationale a toujours été et reste une arme efficace, même si les tenants du pouvoir essaientde l’ignorer ou de la minimiser.
  • A l’époque d’Internet et de la diffusion immédiate des informations permettant une plus large mobilisation des salariés et de leurs syndicats, l’efficacité de cette arme augmente davantage. Il en va donc de notre devoir de l'utiliser au maximum afin de donner une dimension internationale à l’action des salariés de la Samir et de leur front syndical.
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  • Message de solidarité :
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  • « L’OIEM apportera tout son soutien à la lutte juste et légitime des salariés de la Samir ainsi qu’aux organisations syndicales qui ont su créer un front syndical efficace face à la détermination des propriétaires et des actionnaires pour casser cette entreprise qui les a enrichis.
  • Nous appelons les autorités marocaines à prendre leurs responsabilités pour sauver cet outil de production qui donne au Maroc une certaine indépendance énergétique et une maîtrise des prix de l’essence pour le peuple marocain même si le produit brut est issu de l’importation.
  • Comme partout ailleurs, le capitalisme se sert des fleurons industriels, les presse comme des citrons et s’en va. Ensuite, il jette les salariés dans la rue sans se soucier de ce qu’ils vont devenir.
  • L’OIEM appelle tous ses adhérents à soutenir la lutte des salariés de la Samir et de leur apporter toute la solidarité nécessaire sous toutes les formes possibles.
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  • Vive la solidarité internationale et salut fraternel à tous les salariés en action !
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  • Alain Simon, Secrétaire Général de l’OIEM ».
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  • (Source : B.I n°122 Nov. - Déc. 2016 - Courrier de l'OIEM)
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