mardi 25 juillet 2017

I International

En bref ... Les mines en Afrique du Sud, en Australie. En Tunisie : l'UGTT face à la politique ...

  • Afrique du Sud : La Charte minière révisée en faveur des Noirs ?
  • L'industrie minière représente la principale richesse économique de l'Afrique du Sud et emploie plus d'un demi-million d'ouvriers. Après la fin de l'apartheid, les mines du pays restaient essentiellement sous contrôle des intérêts blancs ou occidentaux. Même si la bourgeoisie noire a fait son apparition dans ce secteur clé, les inégalités, la misère, le chômage et la violence affectent toujours la vie de la grande majorité des Noirs.
  • Afin d’établir un contrôle sur tous les droits miniers dans le pays, le gouvernement a dû adopter en 2002 la Loi sur les Ressources Minérales et une Charte prévoyant une plus large participation des compagnies noires dans les mines.
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  • (DR Photo Le Monde.fr)
  • Cette année, les autorités sud-africaines ont procédé à la révision de la Charte Minière de 2002 ayant pouvoir législatif. Cette révision poursuit les objectifs suivants :
  • – favoriser l’accès équitable aux ressourcesminérales du pays à tous les citoyens ;
  • – utiliser et développer les compétencesexistantes pour l’émancipation des Noirs ;
  • – développer considérablement et significativement des opportunités permettant aux Noirs de se lancer dans l’industrie minière et de profiter de l’exploitation des ressources minérales du pays ;
  • – servir la communauté et favoriser l’enrichissement provenant de l’exploitation des substances minérales sud-africaines.
  • La Charte Minière révisée prévoit notamment des règles à respecter pour le développement des entreprises conformes à l’émancipation des Noirs. Les fournisseurs de biens multinationaux sont tenus de verser 1 % de leur chiffre d’affaire dans le Fonds Social de Développement.
  • Ces ressources serviront à améliorer le niveau de logement et de vie des mineurs. Chaque société minière doit atteindre un seuil minimum d’une représentation de Noirs au sein de la direction générale, des cadres moyens et des travailleurs handicapés.
  • Selon le gouvernement sud-africain, cette nouvelle mesure législative est appelée à améliorer les conditions de vie et de travail de la population noire.
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  • Australie : La multinationale jette à la poubelle le code de bonne conduite.
  • Basée à Londres, la multinationale minière britannique Anglo American traverse une crise provoquée par la chute des cours des matières premières, qui font plutôt l'objet de spéculations boursières. Mais le grand capital résout toujours ses problèmes aux dépens des travailleurs.
  • Pour ce faire, Anglo American a annoncé des mesures d'économie et une réduction drastique des effectifs. La multinationale prévoit la vente ou l'arrêt de 30 sur 55 mines qu'elle possède dans le monde et la suppression des deux tiers de ses effectifs, pour passer de 135 000 à moins de 50 000 salariés.
  • En Australie, la mine de charbon German Creek, appartenant à Anglo American, a été victime du plan de licenciement annoncé.
  • Depuis fin août, les mineurs ont mené une longue grève. Ils réclamaient l'ouverture de la négociation sur la convention collective, expirée en 2014. De son côté, l'employeur a bloqué le dialogue social s’opposant à des revendications fondamentales concernant par exemple des dispositions en matière de santé et de sécurité au travail.
  • La situation a empiré lorsque Anglo a engagé une firme de recrutement pour rechercher des opérateurs d'excavatrice pour remplacer les grévistes. Il a été proposé aux briseurs de grève des conditions meilleures que celles des salariés de la mine.
  • Fidèle à sa pratique des lettres bidons présentées en grande pompe comme une panacée, IndustriALL a donc appelé Anglo American au respect du code de bonne conduite.
  • Résultat : Anglo American a annoncé le licenciement de 83 mineurs "superflus" (sur un effectif de 140 salariés locaux) qui seront remplacés par la main-d'oeuvre extérieure moins chère. Les mineurs licenciés qui vivent ici avec leurs familles n’auront pratiquement aucune chance de retrouver un emploi.
  • Quant aux nouveaux embauchés, ils auront des salaires inférieurs, des "contrats" sans droit à des congés de maladie, sans congé annuel, sans droit à une retraite et sans garanties fondamentales.
  • Tel est le prix à payer pour l’abandon de la lutte de classes et pour les accords-cadres globaux signés avec les multinationales.
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  • En Afrique du Sud.
  • Le Syndicat des métallurgistes, NUMSA a obtenu une hausse salariale de 35 % sur  trois ans, après plusieurs mois de négociations serrées. C’est la première fois en 9 ans que le NUMSA a pu conclure un accord avec les employeurs du secteur sans recourir à la grève. Par contre, 15 000 salariés des centrales électriques du fournisseur public Eskom ont dû mener une grève de 48 heures pour obtenir satisfaction sur leurs revendications salariales, défiant une décision de justice qui avait interdit ce débrayage. Ils réclamaient une augmentation de salaire mais aussi la liquidation du système salarial de l’apartheid. Les syndicats accusaient la compagnie d’électricité de mieux payer les salariés blancs par rapport à leurs collègues noirs. Les grévistes ont gagné : Eskom a accepté d’augmenter de +10 % les plus bas salaires et de +8,5 % les employés les mieux payés. L’accord obtenu contient également une importante aide au logement et un droit à cinq mois de congé maternité accordé aux femmes enceintes. De plus, Eskom accepte que le système salarial hérité de l’apartheid qui existe au sein de l’entreprise soit aboli.
  • Le Syndicat des mineurs NUM, un poids lourd en Afrique du Sud, a officiellement soutenu Cyril Ramaphosa, l’ancien secrétaire général du NUM, dans sa course à la présidence de l'ANC, le parti au pouvoir. Cela donnera un avantage déterminant à Cyril Ramaphosa, l’actuel Vice-Président du pays, de succéder à Jacob Zuma à la présidence sudafricaine après les élections de 2019. Car celui qui prendra les rênes de l'ANC aura toutes les chances de devenir Président du pays.
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  • En Tunisie.
  • Cinq ans après le Printemps arabe, le 7e gouvernement consécutif dit « d’union nationale » tente de trouver des solutions à la crise politique, économique et sociale qui affecte le pays. Ce gouvernement a réuni les forces politiques et sociales qui représentent différentes couches de la population. Pourtant, la Centrale syndicale UGTT (le prix Nobel de la paix 2015 partagé avec le syndicat des patrons tunisiens), qui a promu le dialogue national en 2013 et qui représente une véritable force organisée, refuse d’y entrer. L’UGTT déclare qu’il n’est pas dans ses attributions de participer à un gouvernement.
  • Dans le même temps, l’UGTT demande au pouvoir exécutif de s’atteler aux nombreuses urgences, à commencer par lutter contre la corruption et l’économie parallèle, établir la justice fiscale, donner des bases au développement, soutenir la création d’emplois et mettre en place les conditions pour créer de la croissance. L’UGTT attend du gouvernement qu’il s’en tienne à un programme et à une feuille de route précis, pour remettre le pays sur les rails et compenser les manquements passés.
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  • Le Congrès d’IndustriALL s’est tenu en octobre à Rio de Janeiro (Brésil). Un nouveau secrétaire général a été élu. Il s’agit du Brésilien Valter Sanchez qui, selon les sources de l'OIEM, a fait toute sa carrière chez Mercedes-Benz. Le président est allemand du DGB. La Friedrich Ebert est quant à elle omniprésente au niveau des structures syndicales internationales. Les Allemands aiment dire « Alles ist under kontrolle » (Tout est sous contrôle).
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  • Source : Courrier de l'OIEM (Organisation Internationale de l'Energie et des Mines) Bulletin d'information N°121 octobre-novembre 2016. 
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