mardi 25 juillet 2017

I International

L'avenir incertain d'Areva en France

De gros nuages noirs qui menacent l’avenir du groupe français Areva, l’un des leaders mondiaux de l’énergie nucléaire, provoquent une énorme mobilisation des salariés et de leurs syndicats contre un éventuel démantèlement du groupe ouvrant la porte à une privatisation rampante de toute la filière nucléaire. L’origine du problème réside dans la confrontation de deux visions opposées sur ce groupe détenu à 87 % par l’Etat : Areva comme source de profits et de dividendes pour les actionnaires, et Areva comme source d’emplois qualifiés, de savoir-faire, de compétences, d’enjeux économiques et de progrès social. C’étaient d’ailleurs les missions de l’industrie nucléaire française, dès sa naissance : assurer l’indépendance énergétique du pays et être un outil efficace au service de la Nation. Seulement, sous le capitalisme, tout est soumis à la logique de la finance spéculative : profits et rentabilité. A présent, quand on dit qu’Areva ne vaut plus rien, que les salariés du groupe ne sauraient pas ou plus travailler, c’est faux ! Si tel était le cas, ces rapaces libéraux n’attendraient pas avec autant d’impatience le moment de pouvoir en récupérer un bout comme un chasseur sa proie. Les prétextes avancés pour casser Areva : etc. près de 5 milliards d’euros de pertes l’an dernier, la crise du nucléaire après Fukushima, des retards dans la construction de réacteurs EPR à l’étranger et en France, le gaz de schiste qui rend l’atome non compétitif, etc. Pour « sauver » Areva, le gouvernement étudie le rachat de l’activité réacteurs d’Areva (Areva NP, l’ex-Framatome) par l’électricien public EDF « au prix du marché », que la presse chiffre à un plus de 2 milliards d’euros. Areva NP emploie environ 15 000 salariés sur les quelques 44 000 que compte le groupe. Après l’annonce du futur rachat de Areva NP qui entraîne la suppression de 6 000 emplois dans le monde, dont 3 000 à 4 000 en France, les syndicats ont critiqué la logique industrielle et financière de l’entreprise. Voici l’opinion de Bruno Blanchon, responsable de la Branche atomique à la Fédération CGT Mines-Energie : « La CGT rejette fermement le projet de refonte de la filière nucléaire française décidée par le gouvernement, dénonçant un montage capitalistique qui prend le pas sur une vision industrielle. La CGT entend bien rapidement riposter. Tous ces métiers, en particulier la construction des réacteurs, ce ne sont pas les métiers d’EDF mais ceux d’Areva et on ne résout aucun de ses problèmes financiers. De plus, ce n’est pas aux salariés de payer les erreurs stratégiques des directions successives d’Areva. Ce projet de rachat risque de détruire notre savoir-faire et nos compétences ». Le sort des salariés du groupe Areva se jouera en juillet 2015.

Source :  article extrait du Courrier de l’OIEM (Organisation Internationale de l’Energie et des Mines)  – Bulletin d’information N°114 Mai-Juin 2015  

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