jeudi 23 mars 2017

A Actualité politique

Liste référendaire : aucun chiffre nouveau, rien n'a été fait !

  • Combien de kanak, quelque soit son statut civil, ne pourra pas voter au référendum de 2018 ? Cette problématique reste entière, selon les responsables du RIN (Rassemblement Indépendantiste et Nationaliste). L’Etat français va-t-il régler cette problématique et va-t-il décider de la reporter après les élections présidentielles et législatives ? Madeleine Ounou, membre du RIN considère qu’il n’est pas acceptable que de nombreux kanak ne puissent pas exercer son droit à l’autodétermination. D’où son intérêt à suivre ce dossier de très près.
  • Le 1er mars est le premier jour du lancement des commissions administratives spéciales pour le contrôle des listes provinciales et référendaire, le RIN fait le constat que l’Etat n’a pas tenu ses engagements. Eléments de réponse avec Madeleine Ounou.
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  • (Photo ci-contre : archives C.O USTKE 26 oct. 2016. Place du MWâ Kââ)

  • Concernant la vérification de la présence des kanak sur la liste électorale référendaire, qu’en est-il aujourd’hui ? Des garanties de l’Etat ?
  • Madeleine Ounou : « Après un décret qui a été pris en novembre dernier après le Comité des signataire, il avait été convenu que le Haussariat allait rassembler le groupe de travail restreint et nous indiquait l’évolution des chiffres qu’il s’était engagé à continuer à  vérifier. Et lors de cette réunion à laquelle j’ai pu participer, c’était le 23 février. On ne nous a donné aucun chiffre nouveau ! Rien n’a été fait ! La DGRAC n’avait aucune consigne de la part du gouvernement qui ne s’est pas du tout intéressé à ce problème. Les promesses faites dans le cadre du décret émanant du Comité des signataires n’ont pas été tenues, une expertise était prévue par l’Etat. Une expertise constitutionnelle n’a pas été demandée. Les chiffres n’ont pas bougé depuis le dernier le Comité des signataires ! Plus de 13 000 officiellement, et on nous a annoncé 15 000 kanak absents sur la liste du référendum. »
  • Quelles sont les actions que vous allez mener pour pallier à cette problématique ? Allez-vous relancer l’Etat sur cette question ?
  • M.O. : « La première action, c’est de donner l’information.  Pour que l’ensemble des  populations ayant participé à la marche en octobre dernier sachent où est-ce qu'on en est ! Puisque qu’on veut que tout kanak soit inscrit sur la liste référendaire. Pour les actions, on rentre dans la période des révisions des listes électorales. En fin avril et fin mai, on aura les données du nombre de personnes sur la liste provinciale, sur la liste référendaire et sur la liste générale. Ce qu’on a demandé, c’est qu’il faut impérativement une réactualisation, un rendu définitif des chiffres des kanak non-inscrits à cette période. En juin-juillet, on souhaiterait fixer un calendrier qui obligatoirement devrait être tenu par l’Etat pour qu’on ait une information sûre, précise des chiffres. »
  • Donc, on reste sur les chiffres qui avaient été annoncé en octobre et novembre dernier, soit 25 282 kanak qui ne sont pas inscrits sur la liste électorale spéciale ? On est toujours donc sur ce chiffre-là ?
  • M.O. : « Donc, ça a été le premier chiffre qui avait été donné. La DGRAC avait considéré qui avait x majeurs sur la liste de l’état civil coutumier qu’ils ont croisé avec la liste générale de 2016, et il y a eu effectivement ces 25 282 qui ont été indiqués. Mais ensuite, un chiffre plus réel a été indiqué par l’Etat lors du Comité des signataires du 7 novembre, et là on avait 13 410 kanak qui étaient effectivement absents des listes générales donc non présents de la liste du référendum. Et le 9 décembre 2016, nous avons eu une réunion du groupe de travail restreint. Le travail avait été un peu continué par la DGRAC en décembre dernier. On nous avait vraiment indiqué 15 806 kanak inscrits ... On attendait que ces 15 000 personnes vont recevoir un courrier. Par contre, ils ont pu envoyer un courrier à qu’4 030 kanak parce qu’ils ont soit disant qu’ils n’ont pas trouvé leurs adresses. Ils avaient fait aussi l’extension de l’étude auprès des natifs en choisissant uniquement Nouméa. On a quand même là encore 88 000 électeurs en âge de voter, et 35 000 qui ne sont pas sur la liste générale. Parmi ces personnes, il y a énormément de kanak de statut de droit commun. C’est pour cela que l’on dit que les chiffres sont importants. Il faut qu’on ait cet œil, ce regard complet pour qu’on ait des kanak inscrits. Ce n’est pas avoir des chiffres pour des chiffres ! On voudrait qu’une décision soit prise pour qu’on trouve la solution pour que chaque kanak ait son droit de vote le jour du référendum. On attend de voir aussi ce que le congrès du FLNKS va décider de cette problématique. C’est vrai que l’on a dénoncé et d’autres l’ont fait aussi. On sait que les militants de l’U.C au sein du Comité des signataires ont demandé cette inscription sans condition de tous les kanak. Ensuite, on verra bien après ce congrès du FLNKS. On espère qu’il y aura des débats sans attendre fin 2017 ou sans attendre les élections nationales pour qu’il y ait une discussion forte car cela relève du politique. »
  • Vous qui faites le terrain, avez-vous un aperçu des personnes qui sont allées s’inscrire de leur propre chef ? Des campagnes d’information ou de sensibilisation ont été faites à ce sujet de la part des autorités. Avez-vous un chiffre approximatif sur les personnes qui sont allées s’inscrire ?
  • M.O. : « On verra ça en avril ou en mai prochain. Mais le seul chiffre que l’Etat nous a donné à cette réunion du 23 février, c’est qu’à la veille des élections nationales, il y a eu 11 000 nouveaux électeurs sur les listes électorales. Alors qu’à la veille des élections nationales de 2011, il n’y avait que 6 000. Donc, c’est 5 000  correspondent-elles aux populations qui auraient pu faire des démarches en étant ici, donc aux populations kanak ou correspondent-elles aux nouveaux arrivés en Calédonie ? On ne peut pas savoir ! Soit disant 11 000 nouveaux électeurs sur lesquels nous allons nous pencher dès ce 1er mars dans le cadre des commissions administratives spéciales. »
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  • Rappel
  • Janvier 2015 : La DGRAC, du gouvernement indique aux élus du congrès l’existence de 134 022 kanak sur le registre d’état civil coutumier dont 90 740, majeurs en âge de pouvoir voter. Parmi ces 90 740, seulement 66 467 figurent sur la liste électorale générale (LEG). Il y avait 25 282 kanak qui ne pouvaient pas être inscrits d’office sur la liste électorale spéciale de consultation (LES-C) dite liste référendaire.
  • 26 octobre 2016 : Une grande marche est organisée. 5000 personnes ont défilé dans les rues de Nouméa et dans plusieurs communes. Il s’agissait de réclamer l’inscription sans conditions, de tous les kanak de statut coutumier et de droit commun sur la liste du référendum (LES-C) qui aura lieu en 2018.
  • 7 novembre 2016, Comité des signataires : L’Etat lors de ce Comité, informe que 13 410 kanak sont effectivement absents de la liste générale (LEG) en précisant que ce chiffre n’est pas définitif. Les responsables politiques UC demandent alors l’inscription de tous les kanak sans conditions sur la LES-C. Le débat s’instaure entre les différents partis politiques calédoniens. N’obtenant pas de consensus, l’Etat propose une expertise constitutionnelle et législative et s’engage à poursuivre l’évaluation quantitative. Suite à la pression des partis politiques de droite, cette étude est étendue aux populations nées en Nouvelle-Calédonie relevant du fichier d’état civil de droit commun bénéficiant aussi d’une inscription d’office au même titre que les personnes relevant du statut civil du droit coutumier.
  • 9 décembre 2017, s’est tenu une réunion du groupe de travail restreint. Des chiffres supplémentaires sont communiqués.
  • 15 806 kanak de statut civil coutumier sont réellement absents, mais l’adresse n’est trouvée que pour seulement 4628 qui recevront un courrier. La DGRAC doit encore poursuivre le travail d’identification pour 7 611 lignes.
  • S’agissant des natifs en NC de droit commun, une seule mairie (Nouméa) sur les 33 communes a été sollicitée pour ce travail. A Nouméa sur 88 000 personnes natives en âge de voter, 35 906 personnes ne figurent pas sur la LEG et seulement pour 4 030 personnes l’adresse a été trouvée.
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  • La situation aujourd’hui, qu’en est-il ?  
  • 23 février 2017 : Le groupe de travail restreint s’est réuni pour le point sur les chiffres. Aucun chiffre n’est donné. Le travail de croisement des listes n’a pas été poursuivi pour les kanak de statut civil coutumier. Aucune directive n’a été donnée à la DGRAC pour traiter 7 611 lignes.  Qui des 11 000 pour lesquels on n’a pas trouvé des adresses sûres ? Un représentant de la DGRAC qui devait participer à la réunion n’était pas présent. Le gouvernement représenté par un « ministre » dit ne pas s’être occupé de tout cela. L’expertise constitutionnelle et législative promise par l’Etat n’a pas été engagée. La poursuite du travail sur les 32 communes autre que Nouméa n’a pas été effectuée.
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  • Les propositions :
  • 1-Le RIN demande que la problématique soit inscrite à l’ordre du jour du Congrès du FLNKS prévu les 4-5 mars 2017 à Ponérihouen.
  • 2-Le RIN organise un grand rassemblement le samedi 18 mars 2017 pour aborder les questions suivantes :
  • -L’information par les partis politiques nationalistes sur leur participation ou pas aux échéances électorales de cette année 2017.
  • -La stratégie des indépendantistes pour gagner 2018.
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