vendredi 23 août 2019

A Archives

Copenhague, les Peuples autochtones font entendre leur voix

,

By Nasseem Ackburally (Traduction libre)


COPENHAGUE (IPS / TerraViva)


Les peuples autochtones de plusieurs rĂ©gions du monde perdent leurs terres et leurs cultures a cause de changement climatique. Et ils veulent que leur voix soit entendue dans le dĂ©bat sur l'arrĂȘt du rĂ©chauffement climatique.


« Nous avons des droits sur nos terres nos territoires et notre environnement », affirme Malia Nobrega du Forum international des Peuples Autochtones sur les changements climatiques (FIPACC). « Cette crise climatique », le FIPACC dĂ©clare dans sa proposition au sommet sur le climat a Copenhague « menace la survie mĂȘme des peuples autochtones en particulier ceux qui sont dĂ©pendants des forĂȘts ou de l'arctique, et les peuples autochtones des petits Etats insulaires et les communautĂ©s locales."


Pour les peuples autochtones et les communautĂ©s locales les forĂȘts reprĂ©sentent beaucoup plus que juste du carbone. Ces peuples ont avec leurs forĂȘts ou leurs rĂ©gions polaires des liens historiques culturels et spirituels.


Pour Joan Carling, secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de l'Asia Indigenous Peoples Pact (AIPP), les peuples autochtones a travers le monde savent que le changement climatique est largement causĂ© par les pays dĂ©veloppĂ©s. « Ils savent aussi qu'ils ont la plus petite empreinte carbone, mais sont les plus sĂ©vĂšrement touchĂ©s par le changement climatique », ajoute-elle.


Comme les pays développés sont principalement responsables de l'origine du réchauffement global, l'Asia Indigenous Peoples Pact estime qu'ils ont le devoir de s'engager a des réductions ambitieuses et au financement des mesures d'atténuation et de transfert de technologie vers les pays en développement. «Il s'agit pour eux d'accepter et de reconnaßtre leur dette historique, dit-elle.


Les peuples autochtones offrent Ă©galement des solutions en s'appuyant sur les connaissances traditionnelles innovations et pratiques des peuples autochtones surtout par rapport a l'attĂ©nuation du changement climatique. Sur ce point, ils font valoir qu'ils ont gĂ©rĂ© les Ă©cosystĂšmes pendant des gĂ©nĂ©rations nourrissant leur intĂ©gritĂ© et de la complexitĂ© d'une maniĂšre durable et culturellement diverse. Il s'agit notamment de pastoralisme itinĂ©rant dans les zones arides et des grands pĂąturages de culture en rotation et de l'agriculture Ă©cologique dans les rĂ©gions de forĂȘts tropicales et la conservation, la gestion et la restauration d'autres Ă©cosystĂšmes naturels tels que les mangroves les savanes les terres humides et d'autres. Mais Joan Carling affirme que cela n'est pas reconnu ou acceptĂ©.


Malia Nobrega pense que le dĂ©veloppement ne doit pas ĂȘtre arrĂȘtĂ©, mais devrait ĂȘtre guidĂ© par les connaissances traditionnelles des peuples autochtones. « Nos ancĂȘtres ont pris soin de notre mĂšre la Terre depuis trĂšs longtemps. Aujourd'hui, nous devons nous assurer que notre MĂšre la Terre existera encore pour les gĂ©nĂ©rations a venir », dit-elle.


L'Équatorien Johnson Cerda, conseiller auprĂšs de Conservation International pour le programme Peuples autochtones et traditionnels a dĂ©clarĂ© que lorsque l'on parle de technologie, les pays dĂ©veloppĂ©s ne parlent que du transfert de technologie de l'Occident vers les petits pays. « Nous avons aussi des connaissances dans nos collectivitĂ©s. Regardez les forĂȘts savez-vous comment nous avons travaillĂ© pour les conserver pendant des siĂšcles i » Selon lui, la rĂ©duction des Ă©missions rĂ©sultant du dĂ©boisement et de dĂ©gradation est quelque chose que les communautĂ©s autochtones ont fait pendant des siĂšcles. « Les autres tentent maintenant de rĂ©-inventer, car il a de l'argent a en tirer » at-il insiste. «Les peuples autochtones possĂšdent les connaissances d'adaptation et d'attĂ©nuation, mais ils n'ont pas accĂšs aux fonds», ajoute Cerda.


Mais Joan Carling s'inquiĂšte du fait que REDD (Programme Collaboratif des Nations Unies sur la rĂ©duction des Ă©missions liĂ©es a la dĂ©forestation et la dĂ©gradation des forĂȘts dans les pays en dĂ©veloppement) est mis en auvre dans certains pays sans aucune concertation et aucune information donnĂ©e aux communautĂ©s autochtones et que cette responsabilitĂ© soit celle des bailleurs de fonds y compris la Banque mondiale.


Joseph Ole Simel, directeur exĂ©cutif de Manyoito Pastoralist Integrated Development Organisation du Kenya, estime le texte ne reconnaĂźt mĂȘme pas (les peuples autochtones comme des ĂȘtres humains. « Par consĂ©quent, nous ne jouissons pas de droits dit-il, insistant sur le fait que les peuples autochtones sont reprĂ©sentĂ©s a Copenhague," parce qu'ils ont le droit et parce que leurs vies subissent de graves rĂ©percussions du changement climatique. » Toute nĂ©gociation, selon lui, doit prendre en compte les droits des peuples autochtones « afin que nous ne devenions pas des victimes et des sujets de l'attĂ©nuation."


http://www.ips.org/TV/copenhagen/indigenous-peoples-raise-their-voice-2/


Newsletter

Abonnez-vous et recevez les dernières actualités dès leur parution.

Un premier coup d'arrĂȘt

6 Avril 2019
  • Les dérives autoritaires du gouvernement sanctionnées 
  •  
  • Le Conseil Constitutionnel a rendu sa décision hier (*) en jugeant inconstitutionnelle l’une des mesures emblématique les plus contestée : les interdictions...


> Lire la suite