mercredi 28 février 2024

A Actualité syndicale

Accord d'extension de l'usine de production de ferronickel en Corée du Sud

Une semaine avant la signature de l’extension de l’usine de production de ferronickel de Gwangyang, Mr Dang, PDG de la SMSP s’est rendu devant le siège de notre organisation syndicale pour expliquer aux travailleurs de la SMSP affiliés à notre syndicat le contenu de cet accord. Ce partenariat  qui rajoute une extension au premier four a été signé le 7 mai dernier à Nouméa par les représentants de la SMSP et les leaders de POSCO. Nous revenons sur cet accord avec Charles N'Gaiohni, secrétaire général de la Fédération Mines, Carrières et Métallurgies USTKE.

1/ Dans quel cadre est intervenu cet accord d'extension de l'usine de production de ferronickel de Gwangyang en Corée du Sud ? Charles N’Gaiohni : Pourquoi sommes-nous aujourd’hui à un nouvel accord. Alors la SMSP, c’est un holding, il y a la NMC, la NSCN, KNS. La SMSP discute notamment sur des questions liées à sa rentabilité, sur les relations commerciales qu’elle entretient avec les coréens. Après deux ans  d’exploitation avec le premier four existant, ils ont pris la décision de construire le 2ème four. C’est une suite logique d’arriver à ce 2ème four qui constitue une émancipation économique souhaitée par les indépendantistes. On est aujourd’hui à 1 million 100 mille tonnes de minerai, soit 30 000 tonnes de nickel contenu, et à partir de 2015,  la capacité de production va doubler c’est-à-dire qu’on fera 3 millions 600 mille tonnes de minerai et la capacité de la production métallurgique passera à 55 000 tonnes de nickel contenu. 2/ Avec qui a-t-il été signé et quel est l'objectif de cet accord ? C. N. : Cet accord a été signé le 7 mai dernier avec le n° 2 de POSCO (son vice-président), accompagné du directeur de l’usine, Mr Dang, PDG de la SMSP et Mr Néaoutyne, président de la province Nord. Ils ont signé le projet d’extension de l’usine de production de ferronickel de Gwangyang en Corée du Sud. Au total, il y a 62 milliards d’investissements dont 45 milliards pour la construction de l’usine qui démarre immédiatement (à partir du 1er juin et qui sera livré fin 2014),  et 17 milliards d’investissements pour la SMSP,  la NMC (achat de matériels, une enveloppe pour les grilles salariales, achat d’engins lourds …) 3/ Cet accord prévoit-il un surcoût de travail pour les employés de la NMC et de la SMSP ou entre-t-il dans une phase d'exploitation normale ? C.N. : Ça sera plus dans la continuité d’un travail normal. Il y a un an de cela, la NMC comptait 300 personnes avec un seul four. Aujourd’hui, la société a embauché plus de 250 personnes. Donc, la NMC se retrouve avec 550 personnes. Et il faut encore embaucher à peu près 200 personnes supplémentaires afin de maintenir une production de 3 millions 600 mille tonnes de minerai, soit 55 000 tonnes de nickel contenu. Donc, il n’y aura pas de surcroît de travail mais plutôt des embauches pour justement atténuer le surcroît de travail puisqu’on reste sur la base de 8 heures de travail par jour. Par contre, il y aura sûrement une autre organisation de travail (poste de travail, travail au quart…)  

4/ Quel type de minerai allez-vous envoyer en Corée du Sud pour cette nouvelle unité de production de ferronickel ?  

C.N. : Au cours du premier contrat initial pour le premier four, la teneur du minerai tournait autour de 2, 27 %   pour 1 million 600 mille tonnes de minerai. On n’a jamais fait cette teneur et apparemment il y a des paramètres à tenir compte. C’est difficile de s’en tenir à cela. Exemple : pour avoir une tonne de garniérite, il faut entre 7 à 11 m3 pour l’obtenir. La teneur va baisser et elle sera à 2, 05 %.  Et en baissant celle-ci, on pourra ainsi augmenter la capacité de production. 5/ Parmi les mines que détient le groupe, est-ce qu’il y a suffisamment de minerai pour fournir ce 2ème four ? C.N. : Avec les études qui nous ont été remises, la NMC se retrouve avec une teneur faible et notamment avec les gisements qui sont sur la côte Est. L’objectif  SMSP/NMC, c’est de donner un outil de production qui est aujourd’hui en Corée du Sud. Cela représente une volonté politique des indépendantistes. Ainsi ils peuvent prouver qu’au-delà des clivages politiques, les Kanak se sont mis en avant afin de démontrer qu’ils sont aussi capables de réaliser un tel défi. Il faut savoir que 80 % du minerai de nickel en province Nord s’oriente vers les petits mineurs ou vers la SLN. Notre volonté n’est pas de déstabiliser les petits mineurs et la direction de la SLN mais de leur prouver que nous sommes capables de monter une usine ailleurs qu’ici. Cet outil de production existante en Corée du Sud est là pour accentuer la valeur ajoutée. A ce titre, on va interpeller les politiques et les autres syndicats pour aller vers les petits mineurs. C’est-à-dire qu’au lieu d’aller en Australie ou au Japon pour vendre leur minerai, ils peuvent le faire auprès de la SMSP qui a mis en place cet outil de production. Ceci peut rentrer dans le cadre du développement du pays.  

6/Justement par rapport à cette politique d’extension, est-ce que les employés du groupe ont compris les enjeux de cet accord ? C.N. : En tous les cas au niveau de notre syndicat, nos adhérents ont compris les enjeux de cet accord. Nous pouvons compter sur leur militantisme. Car en 2001-2002 durant 9 mois pour certains d’entre eux qui étaient dans la société à ce moment là, on avait coupé leurs salaires en deux. Ils ont tenu aussi longtemps pour sauver la SMSP. Et aujourd’hui, on voit le résultat : on a un outil de production en Corée du Sud et l’augmentation de la capacité de production. 7/ Par rapport à votre représentation syndicale, est-ce que le syndicat joue pleinement son rôle de partenaire dans l’évolution de la SMSP ? C.N. : Dès le départ, nous étions des militants politiques et nous le restons. A présent, notre rôle se réaffirme sur le terrain syndical et dans l’accompagnement de l’outil de production. C’est clair, que nous accompagnons la province Nord, l’outil de production et  la SMSP. Celle-ci n’est pas le fruit que de discussions ou de négociations mais elle représente aussi les gens qui se sont battus sur le terrain, il y a des gens qui sont morts … En ce qui nous concerne, il y a toujours eu des gens qui se sont engagés fortement pour que l’usine du Nord voit le jour. Avant tout, nous sommes des militants politiques et pour en arriver là, il faut se battre sur le chemin de l’émancipation économique ! Ainsi, tout le monde s’accorde à dire que la SMSP a fait une démonstration de force louable avec une certaine notoriété reconnue aussi par des caldoches, qui hier ils n’hésitaient pas à critiquer fortement. A présent, nous sommes passés à un stade supérieur. 8/ Des chiffres à nous annoncer sur le plan financier ? C.N. : Aujourd’hui le cours du nickel est quand même au plus bas. Aussi bien la SLN, la SMSP, les petits mineurs sont touchés mais c’est cyclique ! La rentabilité sera au rendez-vous à partir de 2017, l’usine du Nord sera en pleine production à ce moment là. Cette année, elle maintiendra 17 000 tonnes. L’année prochaine, elle fera 50 000 tonnes. A partir de 2015, le 2nd four en Corée du Sud rentrera en production. Donc en 2017, la SMSP par le biais de ses filiales (KNS, NMC, NSCN) va être une société très rentable ! Si on prend le cours du nickel, la tonne vaut 20 000 $. En comparaison avec la SLN qui elle avec 45 000 tonnes, elle obtient 110 milliards CFP. Quand à la SMSP, elle obtiendra un peu plus de 90 milliards CFP. Avec le prix du nickel moyen, nous pouvons affirmer que si la SMSP tourne avec 50 000 tonnes de minerai, elle peut dégager au moins 60 milliards CFP.  Une ouverture qui sera profitable pour l’ensemble du pays.  



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