lundi 26 février 2024

A Actualité syndicale

Emotion palpable des salariés à la fermeture définitive de la station Total Savexpress

  • La station Total Savexpress de Koutio fermera officiellement ses portes le 11 septembre, plus exactement à 5 heures au petit matin du 12. Elle s’installera un peu plus loin dans la zone d’aménagement concertée (Z.A.C) de Panda. Connu du grand public, des clients de passage prenant la route vers la brousse, des habitants de Koutio et des squatteurs situés près de la zone de la Spanc, la station Total va laisser un grand vide d’ici fin septembre.
  • C’est presque 30 ans d’une vie de travail pour certains salariés interrogés trois jours avant la fermeture définitive de la  station du péage. Même si le péage a disparu de la route principale pour laisser la place aux deux voies à double sens, la station restera dans le cœur des calédoniens, des habitués de la route mais aussi des salariés. Le doublement de la voie express implique le départ des employés vers d’autres horizons : 14 sur 25 ; Onze iront début octobre vers une adaptation dans la nouvelle station située à cinq minutes en voiture mais excentrée par rapport à la voie express. Ceux-là même feront l’inventaire du magasin dès le 12 septembre pendant que les quatorze autres employés vont s’affairer à préparer une grillade ; histoire de se remémorer le bon vieux temps passer à la pompe, de servir les clients au snack, les habitués des sandwichs au poulet à la sauce moutarde ... Une nouvelle page se tourne.
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  • Sur vingt-cinq employés à la station Total de l’ancien péage de Koutio, onze salariés iront travailler dans la nouvelle station service de Panda et les quatorze autres se dirigeront vers d’autres horizons.
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  • Partagés entre inquiétudes et soucieux de leur avenir professionnel, cinq salariés ont bien voulu nous confier leurs trajectoires. L’émotion était au rendez-vous.
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  • Claude Slamout aura 57 ans en novembre prochain. Employé comme pompiste depuis juillet 1986. Il fait parti des 11 employés sur 25 qui seront affectés dans la nouvelle station de Panda.
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  • Claude Slamout : « Je suis descendu de brousse en 86. Il y avait toujours les évènements, on pensait y retourner. Il fallait trouver du travail. Et du coup, je suis resté là jusqu’à maintenant. Fin 86- début 87, j’ai commencé à travaillé ici. Ça va faire bizarre de partir d’ici. Je laisse presque 30 ans de ma vie. Je pense qu’on va retrouver la clientèle qu’on avait l’habitude voir. Ils disent qu’il faut rentrer dans les quartiers. Et pour eux, ce n’est pas bon. Il faut peut-être un temps d’adaptation ; et comme ils auront besoin de carburant.  Je ne suis pas trop inquiet comme ils ont réussi à négocier mon poste. J’irai travailler à Panda. »
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  • Arnaud Térébo, âgé de 28 ans. Employé à l’âge de 21 ans comme magasinier et agent d’entretien. Il est à la recherche d’un emploi dans la commune du Mont-Dore.
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  • Arnaud Térébo : « Ça fait bizarre que Total ferme. Je suis un peu triste et inquiet car j’ai des traites à payer. J’ai déposé des c.v depuis le mois dernier, un peu partout. Je suis à la recherche d’un nouveau travail. J’ai déposé mon c.v à la mairie du Mont-Dore, à la CDE, à Enercal comme j’habite à Plum. Mais, je n’ai toujours pas de réponse. »
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  • Julie Colonna, âgé de 36 ans. Cela fait 13 ans qu’elle travaille à la station Total Savexpress comme aide-comptable et secrétaire. Elle occupera le même poste dans la nouvelle station service de Panda. Avec une certaine appréhension de l’avenir professionnel de ses collègues, elle pense beaucoup aux anciens qui ont fait tourner la boutique et la station.
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  • Julie Colonna : « Pour l’instant, je ne suis pas trop inquiète car je retrouve le même poste. On ne sait pas trop quand ça va ouvrir ! C’était prévu pour début septembre, et là il y a du retard dans les travaux de la nouvelle station. On nous a dit début octobre, au 3 octobre mais rien n’est confirmé ! Par rapport à l’avancée des travaux, on pense que l’ouverture se fera un peu plus loin. Pour certains de mes collègues, ça fait un peu plus de 20 ans qu’ils sont là. Donc, ils n’ont jamais connu un autre travail que la station. C’est comme une deuxième famille. Beaucoup se posent des questions car ils ont toujours fait le même métier. De là, de les mettre devant le fait accompli. Beaucoup d’émotion, c’est très, très dur pour les employés en général mais surtout pour les anciens. On a l’exemple de Sébastien qui a commencé dès l’âge de 16 ans à travailler ici. Edith est à la caisse, ça fait 19 ans qu’elle est là. Il y a Gilda, elle est à la caisse, ça fait un plus de 20 ans. Et il y a Sukina, c’est la cuisinière, ça fait 27 ans de travail. Elle va partir à la retraite mais elle a toujours connu le travail. Il y a un accompagnement de l’Ustke. On parle beaucoup avec nos délégués du personnel qui sont là avec nous. Notamment avec Sébastien Tulikitoga et Marie-Laure Kate. »
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  • Huguette Tulikitoga, âgé de 51 ans, 27 ans de service à la Station Total Savexpress comme préparatrice en cuisine et employée polyvalente au snack. Concernant son avenir professionnel, Huguette est sur un projet. Peut-être que vous la croiserez dans son nouvel snack ambulant.
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  • Huguette Tulikitoga : Avec beaucoup d’émotion dans la voix. « Je ne veux plus retourner dans une station. Je fais partie de tous ceux qui vont être reclassés ailleurs. C’est vrai la station va fermer, c’est peut-être un mal pour un bien. Je suis sur un projet, et comme la province et Total nous aident à faire les paperasses. C’est une opportunité pour nous de voir autre chose. De démarrer dans quelque chose de nouveau. J’ai suivi des formations à la chambre des métiers. Je suis entrain de monter mon dossier et on verra, si cela va aboutir à quelque chose. Je reste confiante mais à la fois je crains. Le fait, de travailler pour soi, je ne sais pas comment ça va se passer. »
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  • Gilda Digoué, âgée de 50 ans. Vingt-quatre ans de service, tout comme son collègue Claude, Gilda va faire partie du personnel transféré à la station Total de Panda pour encore quelques années.  Former sur le tas, elle finit sa carrière à la Station Total du Péage comme magasinière et 2ème caissière. Elle retrouvera ce même poste dans la nouvelle station en voie de finition.
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  • Gilda Digoué : Avec son patois de Saint-Louis. « Ils nous ont demandé qui voulaient aller travailler là-bas. D’abord, c’était la priorité aux anciens. Puis, il y a ceux qui ne veulent pas aller là-haut (*) et qui souhaitent faire autre chose. Pour moi, autant que je continue là-haut  car c’est dur en ce moment avec la crise... J’ai mon loyer à payer, je suis toute seule. Je n’ai pas envie de me prendre la tête pour chercher du travail ailleurs. Quand j’ai commencé à travailler, j’ai débuté au snack. Puis, je suis allée rejoindre les pompistes. A ce moment-là, j’étais asthmatique et le docteur m’avait demandé de trouver un travail qui pourrait me convenir. C’est comme ça, que j’ai poursuivi dans le magasin. En étant au magasin, j’étais avec Edith, c’est elle qui m’a formée. J’ai appris sur le tas.  Ça me fait mal au cœur de partir d’ici. C’est mon premier travail que je quitte. Quand j’ai commencé, j’étais venue pour un remplacement. A l’époque, j’avais remplacé ma sœur et je ne suis plus repartie. Mes enfants étaient petits. Aujourd’hui, mon premier enfant a 30 ans. Mon deuxième a 28 ans, il travaille ici. Et la troisième a 27 ans, elle a aussi travaillé avec nous au snack. Je n’ai jamais connu un autre travail que celui-là. L’ambiance est familiale, on s’entend bien. C’est ma tante qui m’a fait rentrer, c’est celle qui est partie à la retraite. On pensait faire notre retraite ici ! On n’a pas le choix, on est obligé de partir. Soit disant, c’est pour agrandir la route. J’espère que ça va se résoudre le problème d’embouteillage. On est obligé de suivre, c’est le système qui veut ça ! »
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  • Marco Meaou, agent d’entretien dans une société d’espace vert. Il travaille pour la voirie de Dumbéa. Il s'inquiète de l'éloignement de la station par rapport à son lieu de travail. 
  • Marco Meaou : « Je travaille dans le coin. Ça va nous faire un trajet de plus pour aller jusqu’à la ZAC de Panda. Déjà, on a la circulation du matin, juste pour venir jusqu’ici. Notre dock est à Auteuil et on met 20 mn pour venir jusqu’à Total.  Et là, pour aller jusqu’à Panda, ça va nous faire un trajet de plus ! Je sais juste que ça va fermer la station. »
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(*) : Station Total de la ZAC de Panda.  



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