dimanche 20 septembre 2020

A Actualité syndicale

Entre 2013 et 2019 : les disparités salariales persistent malgré la progression des salaires


 Entre 2013 et 2019, les salaires calédoniens ont progressé plus vite que l’inflation. " En 2019, tous secteurs confondus, le salaire net moyen s’établit à 342 000 F.CFP par mois, en équivalent temps plein. Entre 2013 et 2019, il a augmenté de 0,4 % par an.Toutefois de nombreuses disparités persistent. La catégorie socioprofessionnelle (CSP) et l’âge, comme indicateur de l’expérience professionnelle et de l’ancienneté sont les premiers facteurs explicatifs. Le secteur joue également un rôle important : les salaires dans le secteur privé sont en moyenne inférieurs de 30 % à ceux du public. De plus, le salaire moyen des femmes est inférieur de 11 % à celui des hommes. Enfin, un salarié calédonien sur cinq perçoit un « bas salaire » ". Cette note introductive a été menée par l'Institut de la statistique et des études économiques (ISEE de N-C). Publiée en ce début du mois de septembre 2020, elle concerne principalement les salaires entre 2013 et 2019 (*). 


Les salaires ont progressé plus vite que l’inflation entre 2013-2019. En 2019, tous secteurs confondus, le salaire net moyen en équivalent temps plein (EQTP) s’élève à 342 000 F.CFP par mois. Sur la période 2013-2019, les salaires ont progressé de 7 % tandis que les prix ont augmenté de 4,4 %. Ainsi, correction faite de l’inflation, les salaires calédoniens ont augmenté de 2,5 % entre 2013 et 2019, gagnant 0,4 % de pouvoir d’achat salarial par an.
(...)
Durant cette même période, le salaire moyen des employés progresse légèrement, en moyenne de 0,1 % par an. L’augmentation moins rapide du Salaire Minimum Garanti (SMG - indexé sur l’indice des prix hors tabac), que l’inflation (respectivement +3,2 % et +4,4 % entre 2013 et 2019) a freiné la progression du pouvoir d’achat salarial des employés, concernés en grande partie par le SMG.
Les salaires ont moins progressé dans les entreprises du privé que dans le secteur public : en six ans, les rémunérations du secteur privé augmentent de 1,2 % (soit +0,2 % par an) contre +2,9 % dans le secteur public (+0,5 % par an). Occuper un même emploi sur deux années consécutives améliore quelque peu le gain en pouvoir d’achat des salariés : la progression du pouvoir d’achat salarial est alors portée à +0,3 % par an dans le privé et +0,6 % dans le public.
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Les disparités salariales toujours plus fortes en 2019. Si les salaires ont progressé plus vite que l’inflation au cours des six dernières années, les disparités salariales restent élevées en Nouvelle-Calédonie : en 2019, pour un salaire net moyen de 342 000 F.CFP par mois, 10 % des salariés gagnent moins de 145 000 F.CFP et 10 % des emplois sont rémunérés à plus de 529 000 F.CFP.
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Le secteur d’activité est également très influent : en moyenne les salaires du privé sont inférieurs de 30 % à ceux du public. L’écart de salaire entre le privé et le public est important : de manière globale un salarié du privé gagne en moyenne 299 000 F.CFP net par mois, soit 30 % de moins qu’un agent occupant un emploi dans le secteur public (429 000 F.CFP).
En plus de mesures spécifiques complétant le traitement des fonctionnaires (indexations, indemnités), cet écart
résulte de différences fortes dans la structure des emplois entre le public et le privé, qui portent notamment sur :
- les niveaux de qualification observés:la moitié des emplois du secteur public relèvent des CSP cadres, professions intellectuelles supérieures et professions intermédiaires.Ceci ;est particulièrement vérifié dans la fonction publique d’État
où les emplois de cadres et professions intellectuelles supérieures concentrent plus de la moitié des effectifs, le tiers pour la fonction publique territoriale contre 8 % dans le privé. Dans le privé, ce sont les employés qui sont majoritaires (62 %).
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Dans le privé, l'activité principale et la taille de l'entreprise influent également sur le niveau des salaires. Les salaires nets mensuels du secteur privé varient selon le secteur d’activité principale de l’entreprise, entre 221 000 F.CFP dans l’agriculture et 334 000 F.CFP dans l’industrie en moyenne. Les salariés du secteur agricole sont donc les moins bien rémunérés. Ils ont cependant connu une progression de leur pouvoir d’achat salarial de l’ordre de 1 % par an entre 2013 et 2019, tout comme les salariés de la construction, alors que les employés de l’industrie et des services ont vu une quasi-stagnation de leurs salaires sur la même période (+0,1 % par année). L’industrie fait partie des secteurs qui rémunèrent le mieux et concentre 19 % des emplois calédoniens.
La taille de l’entreprise influence également le niveau du salaire moyen versé dans l’entreprise. Sans surprise, ce niveau
s’élève avec l’effectif de l’entreprise : les postes d’encadrement étant d’autant plus nombreux que l’effectif est important. De même, les écarts entre les secteurs d’activité détaillés s’expliquent notamment par la concentration plus ou moins forte d’emplois qualifiés.
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Des écarts de salaire entre hommes et femmes qui illustrent une présence différenciée sur les différents niveaux d’emplois et secteurs d’activité.  En 2019, avec un salaire moyen de 321 000 F.CFP par mois tous secteurs confondus, les femmes gagnent 11 % de moins que les hommes (360 000 F.CFP). Cependant, dans chacun des secteurs privé et public, la différence de salaire au détriment des femmes est beaucoup plus importante (-14,4 % dans le privé, -17,0 % dans le public).
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De 2013 à 2019, les différences de salaire entre homme et femme diminuent globalement de 1,3 points, légèrement
plus dans le secteur privé (-1,4 points), que dans le public (-1,2 points).
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" L'influence de la catégorie socioprofessionnelle (CSP) reste le facteur le plus déterminant", selon cette étude menée par l'Isee.


En 2019, un salarié sur cinq perçoit un bas salaire : Dans cette étude, sont définis comme bas salaires, les emplois dont la rémunération est inférieure ou égale aux deux tiers du salaire net médian (voir définitions). Ils se distinguent de la définition prise en compte pour le bénéfice de la réduction dégressive des cotisations patronales (rémunérations brutes inférieures à 1,3 SMG).
En 2019, le seuil des bas salaires se situe à 157 000 F.CFP nets mensuels, soit une valeur équivalente au SMG brut.
Un salarié calédonien sur cinq perçoit un bas salaire en 2019 (20,4 %).
Entre 2013 et 2019, la revalorisation des salaires minimaux indexés sur l’évolution de l’indice des prix hors tabac
(+2,6 %) est nettement inférieure à l’inflation générale des prix (+4,4 %) et à l’évolution de l’ensemble des salaires (salaire moyen : +7,0 % ; salaire médian : +10 %).
En conséquence, la part des bas salaires fait un bond de 12,6 % à 20,4 % sur ces six dernières années. Elle retrouve
ainsi son niveau de 2010, année qui avait précédé une période de revalorisation volontariste et importante des SMG
et Smag, décrochée de l’inflation hors tabac. Le retour aux règles initiales de relèvement des salaires minimaux a amplifié
le nombre de salariés à bas salaires.
Les bas salaires sont liés à la précarité de l’emploi (parmi les emplois permanents, seulement 2 % sont des bas salaires) et concernent particulièrement, les jeunes salariés (34 % des moins de 30 ans perçoivent un bas salaire), les emplois les moins qualifiés (26 % des employés et 29 % des ouvriers) ainsi que le secteur de l’agriculture (45 % des emplois agricoles) qui rémunère les ouvriers agricoles au Smag.

Définitions
Emploi salarié en entreprise : les données sont issues des Déclarations Nominatives de Salaires (DNS) que les entreprises des secteurs privé et public de Nouvelle-Calédonie adressent chaque année à la direction des services fiscaux. L’Isee traite ces données, notamment en complétant les DNS avec des informations de la Cafat, telles que le statut de l’emploi (pour la détection des apprentis et stagiairesou la distinction entre fonctionnaire et contractuel) et le nombre d’heures travaillées. Le champ des « salaires en entreprise » comprend ainsi l’ensemble des emplois salariés des DNS, hors contrats d’apprentissage ou stages. Un emploi salarié annuel correspond à un poste salarié sur l’année, c’est-à-dire à un individu dans une entreprise : un individu occupant un emploi par intermittence dans une même entreprise compte pour un seul emploi, alors que la situation d’un individu présent dans 2 entreprises correspond à 2 emplois.
Gens de maison : les salariés des particuliers employeurs, les « gens de maison » ne sont pas concernés par les DNS. Des données provenant de la Cafat permettent de dresser une situation des emplois Gens de maison. Pour autant, ces emplois ne font pas partie du champ de l’étude des salaires en entreprise.
Salaire : il s’agit du salaire des DNS, c’est-à-dire le salaire net (de cotisations sociales) que perçoit effectivement le salarié, y compris
les avantages et primes.
Salaire net médian : la médiane partage un ensemble de valeurs ordonnées en deux parties égales. Ainsi, la moitié des salariés gagnent plus que le salaire médian, l’autre moitié moins. La médiane et les autres déciles (D1=10 %, médiane=D5=50 %, D9=90 %) renseignent sur la dispersion des salaires. Le rapport inter-décile D9/D1 est un indicateur d’inégalité.
Salaire net moyen mensuel : il s’agit d’un salaire moyen en équivalent temps plein (EQTP). Au niveau d’un emploi, le salaire mensuel EQTP s’obtient en divisant le salaire net total de l’année par la durée d’emploi en nombre de mois EQTP (1 mois correspondant en général à 169 heures). Ensuite, le salaire moyen mensuel d’une population considérée se calcule comme la moyenne des salaires mensuels des salariés en question, pondérée par leur durée effective de travail ; autrement dit, c’est la somme des salaires annuels divisée par la somme des durées effectives de travail.
Par exemple : en 2019, un salarié du secteur agricole gagne un salaire net moyen mensuel EQTP de 221 000 F.CFP. La durée moyenne effective de travail associée à ce salaire est de 7 mois. S’il s’agit d’un saisonnier qui a travaillé 7 mois à plein temps, son salaire net mensuel s’élève ainsi à 221 000 F.CFP par mois et c’est un salaire moyen EQTP. Un autre cas envisageable est celui d’un ouvrier agricole occupant un emploi régulièrement sur toute l’année pour une durée totale de 7 mois ; cela signifie qu’il aura gagné 7x 221 000 = 1 547 000 F.CFP dans l’année, soit en moyenne près de 130 000 F.CFP par mois à raison d’un temps partiel sur une propriété ; ceci est un salaire moyen mensuel mais non EQTP, lequel restera à 221 000 F.CFP.
Évolution en francs constants : l’évolution des salaires en francs constants prend en compte l’évolution de l’indice des prix à la consommation en plus de celle des salaires, et permet donc de mesurer l’évolution du pouvoir d’achat salarial sur une période.
Écart de salaire entre hommes-femmes : cet indicateur, présenté du point de vue masculin, est égal à la différence entre le salaire moyen des femmes et celui des hommes, rapportée au salaire moyen des hommes : (F-H)/H.
Emplois permanents : les emplois considérés comme « permanents » d’une année n, sont les emplois totalisant au moins 23 mois sur les 2 années consécutives n et n-1 (exception faite de l’année 2013 qui débute la série et pour laquelle les permanents sont ceux de l’année 2014).


(*Source : https://www.isee.nc/ - tiré de la synthèse n°43 Edition 2020- Directeur de publication : O.Fagnot/Conception graphique et réalisation : M.Guiseppi). L'analyse, les données, les graphiques concernant la synthèse sur l'étude des salaires entre 2013 et 2019 sont à consulter sur le site internet de l'Isee (https://www.isee.nc/) ou à lire ci-dessous. 




 



 


 

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