mardi 27 février 2024

A Actualité syndicale

L'Ustke en grève pour amorcer de nouvelles négociations sur le pouvoir d'achat

 L’USTKE a tenu ce jeudi matin sa première conférence de presse de l’année avec en point d’orgue : la revalorisation salariale. Le pouvoir d’achat est devenu un élément central dans un contexte de morosité et d’inégalité sociale de plus en plus criante. 



« Les inégalités sociales deviennent de plus en plus persistantes. On risque d’assister à des situations très criantes au niveau des prix de l’alimentation, du logement, du transport, de l’énergie. La population, les salariés ne pourront plus les supporter, le tout dans un contexte institutionnel remuant. Ce qui s’est passé au Congrès, nous interpelle... La réunion de collégialité ne s’est pas tenue hier », s’alarme André Forest, président de l’Ustke, en introduisant son intervention face aux représentants des médias de la place. 

« Sur 18 accords collectifs négociés en fin d’année 2021, des accords ont été signés : 6 conventions pour une évolution de valeur du point entre 0,22 et 0,31% qui en valeur représente, entre 350 et 500 frs d’augmentation du salaire mensuel conventionnel ; 14 clauses de revoyure seront réexaminées durant le 1er semestre 2022, dans l’espoir d’améliorer le pouvoir d’achat des salariés/ouvriers concernés par ces minimas conventionnels. Malheureusement, cela donne déjà une tonalité particulière pour les négociations annuelles obligatoires qui se poursuivront dans les entreprises », c’est ce que souligne l’Ustke dans sa lettre de mécontentement adressée aux organisations patronales (Medef, CPME, U2P). «  Des propositions ont été faites mais à minima, ça a permis de relancer certaines négociations. Ce qu’on veut, c’est rencontrer à  nouveau le patronat des secteurs privés afin d’augmenter la valeur du point et d’agir sur la grille indiciaire. A l’exemple, des secteurs des mines et carrières où la grille indiciaire n’a pas bougé depuis plus de 20 ans », soulève Léonard Wahmetu, secrétaire général de la Fédération des Mines, des Carrières & de la Métallurgie, déconcerté par le mépris de la classe ouvrière, sans qui des évolutions ou des traitements n’auraient pas eu lieu. «  On dispose de moyens, des outils qui ont évolué, changé mais les salaires ne suivent pas », regrette-t-il.

D’où la grève générale de ce vendredi 1er avril sur 24 heures reconductible dans les secteurs du privé. Objectif : interpeller fortement le patronat sur la problématique des négociations de branches 2021-2022 qui affiche un résultat négatif, selon les négociateurs de branches. « Cela ne permet une réelle augmentation du pouvoir d’achat », indique-t-on. « A quand de vraies négociations sur le pouvoir d’achat de ces salariés exclus des négociations dites règlementaires ? A quand de vraies clauses de revoyure, pour une réelle continuité sur ces négociations de branches annuelles ? A quand la suppression du SMAG et pour une évolution du SMIG ? », s’interroge-t-on sur le courrier de mécontentement. 

Plusieurs autres sujets ont été évoqués à cette conférence de presse : le recul de l’âge de la retraite à 62 ans dont l’USTKE s’oppose fermement. « Nous avons déjà fait des propositions avec Force Ouvière, notamment sur le déplafonnement total des cotisations à la Cafat », expose André Forest. Il a été en partie acté ce déplafonnement par les partenaires sociaux. Evaluer les flux financiers qui sortent du pays, un autre moyen de récupérer l’argent investi ailleurs. Egalement, dans la Caisse Locale de Retraite (CLR), sur 28 milliards CFP, 8 milliards reviennent au pays en termes de pensions et les 20 autres milliards restent en France. « On aurait besoin d’une telle somme ou du moins une partie devrait revenir au pays », affirme le président de l’Ustke, en faisant un rapprochement avec la conjoncture actuelle et l’état financier du territoire. 

L’Ustke fait partie intégrante du Comité Stratégique des Indépendantistes (CSI). Cette structure a regroupé les partis et les syndicats indépendantistes quelques semaines avant le référendum du 12 décembre 2021. Sur les discussions de l’avenir institutionnel, l’Ustke s’accorde « sur un format bilatéral avec l’Etat qui serait plus approprié », selon le chef de file de l’Organisation syndicale.

 

* Ce jeudi 31 mars à 17 heures, une assemblée générale se tiendra au Charley. Des informations seront données aux adhérents concernant la grève de ce vendredi 1er avril. 

 

 


 


 


Newsletter

Abonnez-vous et recevez les dernières actualités dès leur parution