mercredi 28 février 2024

A Actualité syndicale

La centrale C dans les starting-blocks

Olivier Chazalmartin, chef de projet de la Centrale C a exposé les modalités de la nouvelle centrale en décembre dernier, une présentation adressée aux délégués syndicaux STKE des cinq centres miniers de la SLN. La première tranche sera finalisée fin 2018 et entrera en fonction début 2019, la seconde tranche sera mise en service six mois plus tard. Le coût est aujourd’hui estimé à une centaine de milliards. « Le plus important investissement jamais réalisé par la SLN en une seule fois afin de pouvoir continuer à produire jusqu’à son objectif de 60 000 tonnes de nickel métal par an pendant les 40 prochaines années, avec du minerai dont la teneur baissera avec le temps. Cette nouvelle centrale remplacera l’existante qui arrive en fin de vie », assure-t-on du côté de la direction de la SLN. Explications avec Olivier Chazalmartin.

Quelle a été la teneur de votre présentation du projet de la Centrale à charbon en décembre dernier devant les délégués STKE ? Olivier Chazalmartin : « Je suis revenu sur le cheminement de la décision qui avait été effectué en expliquant les besoins et les raisons pour laquelle on doit construire cette centrale. Il y a trois grandes raisons. Il n’y pas d’ordre de priorité. Mais globalement, on a en premier point : la centrale actuelle qui s’appelle la Centrale B, elle a été construite à la fin des années 60. Elle est constituée de 4 tranches. Et celles-ci arrivent en fin de durée de vie sachant qu’en 2018, la première tranche atteint sa cinquième décennale (50 ans), suivie par la programmation de l’arrêt d’une tranche supplémentaire chaque année jusqu’en 2021. Une inspection est faite tous les 10 ans qui demande à valider sa conformité avec la réglementation en termes de solidité. On sait très bien que cette centrale arrive en fin de vie et qu’il n’est pas raisonnable de penser pouvoir la prolonger. Donc, le premier point c’est le remplacement de la centrale qui a été construite à la fin des années 60. Le deuxième point : c’est l’amélioration des performances environnementales. Depuis plusieurs dizaines d’années, la SLN a amélioré les performances environnementales du site de Doniambo,  surtout grâce aux améliorations apportées à l’usine en tant que telle mais pas par la centrale. Parce que la centrale a été mise en service au début des années 70 et depuis il n’y a pas eu de modifications majeures sur celle-ci. Donc, l’amélioration des performances environnementales de Doniambo passaient par l’usine. Il y a par exemple le dernier électro-filtre qui a été mis en œuvre fin 2013. Et maintenant avec le remplacement de cette centrale, on va passer à une nouvelle étape de l’amélioration des performances environnementales du site de Doniambo.  Cette centrale répondra à la réglementation la plus contraignante en termes de performances environnementales, aux normes européennes les plus sévères qui sont entrées en vigueur en Nouvelle-Calédonie depuis l’année dernière. On va pouvoir réduire fortement les émissions de dioxyde de souffre par un facteur supérieur à 10 et les poussières par un facteur supérieur à 15. Le 3ème point : l’année dernière, SLN a eu une forte perte parce qu’on a un coût de production du nickel qui est élevé et ceci étant pour une part importante lié au coût de l’électricité. Ici, on utilise de l’électricité qui est produite à partir du fuel qui est un combustible extrêmement cher. On est le dernier producteur de nickel à utiliser une électricité à base du fuel. Il faut qu’on améliore notre compétitivité, et cela passe par la réduction du coût de l’énergie en termes de coût de production du nickel. Il faut que cela soit pérenne et consolidé dans le temps. Donc le fait de passer à du charbon qui est un combustible beaucoup moins cher, et d’avoir une centrale électrique qui soit beaucoup plus efficace par rapport à une centrale électrique de plus 50 ans nous permettra de réduire notre coût de l’énergie dans la production de nickel. Le rendement de la centrale actuelle est en effet beaucoup plus faible que la nouvelle centrale électrique. Ça va nous permettre de réduire notre coût de production. C’est clair, le charbon est situé dans des zones géopolitiques beaucoup plus stables que le fioul par exemple. Quand on s’alimente à partir de l’Australie, en connaissant ses réserves de charbon, cela nous permet d’avoir une meilleure vision sur notre coût de l’énergie, dont la projection du prix du charbon. Une fois que j’ai expliqué les trois grandes raisons, j’ai ensuite expliqué où nous en étions en termes de permis. Donc, nous avons déposé les deux demandes d’autorisations principales en juillet 2014. La première concerne l’autorisation d’exploiter auprès de la Dimenc. C’est un permis qui est remis par la province Sud. Et en même temps, nous avons déposé la demande de permis de construire auprès de la municipalité de Nouméa. Donc, ces dossiers avancent. »

Avez-vous des réponses aussi bien de la part de la Dimenc que de la mairie de Nouméa ?  O.C. : « On n’a toujours pas l’autorisation car l’instruction de ces dossiers passe par des étapes bien définies. Ça prend un certain temps. Il y a une première phase qui est l’instruction par la Dimenc. Et la 2ème phase concerne une enquête publique de façon à présenter le dossier à tout le monde. Chacun aura accès à notre demande d’autorisation d’exploiter, de poser des questions. Dans le planning que nous avons, le dernier comité local d’information a eu lieu le 18 février. A ce moment-là, il nous a été indiqué par la province Sud, qu’il était temps de passer à l’étape suivante. Une enquête publique devrait être lancée courant avril. Nous attendons un retour entre mars et avril une fois que nous aurons remis la dernière série de compléments à apporter à notre dossier de demande d’autorisation d’exploiter. »

Vous parlez de comité local d’information ? Qui compose cette structure ? O. C : « C’est le comité local d’information SLN. Donc, il y a toutes les parties prenantes :  la direction de la SLN, le représentant du CHSCT, le représentant des riverains, les représentants de la province Sud, le représentant du Haut-commissariat, les représentants de la Dimenc, le représentant de la municipalité, le représentant d’Enercal, le représentant de Scalair, les représentants des ONG, etc. »

Par rapport au prix du fuel, vous avez fait le choix du charbon. Vous avez opté pour un coût moindre ?   O.C : « Par rapport au fuel, il est évident que c’est le coût qui est bien plus élevé. La facture du combustible et de l’énergie serait plusieurs fois supérieure si on conservait le fuel. Dans le cas du charbon, en s’alignant sur la réglementation environnementale la plus sévère, on améliore fortement les performances environnementales tout en réduisant notre facture énergétique. Par rapport à l’alimentation de la centrale à fuel que l’on a aujourd’hui, on va réduire le dioxyde de souffre (SO2). C’est un des points sensibles sur Nouméa et sa région. On va diviser cela par 10. Les poussières, on va diviser par 15. Parce qu’on met en place tout un système de traitement des fumées qui va capter ces polluants dans les gaz d’échappement de la centrale. »

Concernant les systèmes de traitement de fumées, y’a-t-il une option pour la réutilisation de ces fumées sachant qu’elle dégage moins de dioxyde de souffre ? O.C. : « En fait on a trois systèmes de traitement des fumées. Le premier s’appelle la dénitrification. C’est pour capter l’oxyde d’azote et le réduire et par rapport à la centrale actuelle, cela nous permet de diminuer l’oxyde d’azote par 2. La 2ème étape du traitement des fumées : c’est un filtre à poussière qui nous permet de capter les cendres volantes. Il va nous permettre de réduire les poussières par 15 (diviser par 15). La 3ème étape au niveau des gaz d’échappements est ce que l’on appelle la désulfuration (élimination du souffre). Elle permet de diviser par 10 par rapport à la centrale actuelle la quantité de dioxyde de souffre (SO2) rejettée par la centrale. Cette désulfuration utilise du calcaire à l’entrée. Elle nous permet de produire du gypse qui peut alors-être utilisé sur le territoire. »

Concernant le ciment vert, où est-on au niveau des études menées ? O.C. : « Le composé utilisé  se situe au 2ème niveau du traitement des fumées où l’ on capte les cendres volantes (indiquer plus-haut). Que ce soit en France, en Italie, en Inde ou ailleurs dans le monde, on utilise, on exporte ou on importe des cendres pour fabriquer du ciment vert. On substitue un composé qui s’appelle le clinker (carbonate de calcium) qui est produit par des fours,  par des cendres. Ces 2 produits ont le même pouvoir de réaction. Ça nous permet de produire un ciment vert, dont le nom indique  de façon générale  qu’il produit moins de CO2. Tokuyama (ex Holcim) a déjà préparé son installation pour utiliser des cendres. Il pensait utiliser les cendres de la centrale de Prony et malheureusement cela n’a pas été possible. Cependant une telle approche est relativement standard, c’est la raison pour laquelle il s’y était préparé. Et aujourd’hui, on a un accord de partenariat avec Tokuyama pour leur fournir une partie de nos cendres de telle façon qu’ils importent moins de clinker du Japon. Et avec nous, ils pourraient donc participer à la valorisation  des produits locaux. En complément nous travaillons au développement d’un « ciment vert SLN ». En effet, lorsque l’on produit du nickel on produit énormément de scories. Nous avons donc lancé un développement en collaboration avec l’Université de Curtin près de Perth,  où l’on finance une thèse pendant plus 3 ans, avec notre département de recherches et avec A2EP afin de produire le « ciment vert SLN ». Une fois qu’on aura défini la bonne formule, il faudra la qualifier. Cette approche, permet non seulement de remplacer une partie du clinker par des cendres mais remplace également une autre partie du clinker par des scories Demag. Cela nous permettrait ainsi de valoriser les scories au lieu de continuer à les stocker sur notre verse. Une grande partie des remblaies du site de Doniambo a été faite grâce aux scories. Nous avons un brevet SLN là-dessus.. . »

L’étude prendra-t-elle du temps ? O.C. : « L’étude sera terminée avant la mise en service de la centrale. Néanmoins il faudra valider et ajuster la bonne formule avec la qualité des cendres produites lorsque le centrale commencera à fonctionner. Ça sera un nouveau type de ciment avec des cendres qui pas encore sur le marché. Il faudra également faire qualifier le « ciment vert SLN », et cette qualification pourra prendre quelques années. »

Quand vous avez lancé concrètement le projet de la construction de la centrale, est-il prévu que des entreprises locales y travaillent ? O.C. : « Nous avons décidé de lancer un appel d’offre pour développer ce projet sous une forme clé en main forfaitaire car le cœur de métier de la SLN se situe entre la mine et la métallurgie (fabrication du nickel) et non pas dans la construction de centrale électrique. L’entreprise sélectionnée développera les études, effectuera les achats correspondants, puis la construction de la centrale. Les entreprises consultées ont évidemment rencontré les entreprises locales pour connaître leur capacité, et voir comment celles-ci pouvaient être intégrées dans leur stratégie de construction en conformité avec le droit du travail en vigueur localement. Eiffage, le soumissionnaire choisi en octobre 2014 a ainsi consulté les entreprises locales de façon à mieux les connaître et à évaluer leurs capacités. L’offre remise par cette  entreprise a confirmé leur bonne compréhension du tissu de l’emploi local. Il est évident qu’en Nouvelle-Calédonie, on ne trouve pas tous les corps de métiers mais une partie la construction du projet sera effectuée par des entreprises locales en sous-traitance d’Eiffage. »

Y’aura-il un chamboulement par rapport à l’organisation du temps de travail durant la construction de la centrale sur le site de Doniambo ? Le nombre de salarié va-t-il augmenté ou diminué par rapport à cette nouvelle donne ? O.C. : « La centrale sera construite d’une façon indépendante par rapport au fonctionnement du reste du site de Doniambo. Durant la phase de construction, la centrale actuelle continuera de fonctionner avec du personnel d’Enercal qui en assure  l’exploitation pour SLN. On a bien divisé les zones de travail pour des raisons de sécurité : il y aura la partie « usine » et celle du « chantier » pour laquelle un accès spécifique sera assuré.. Il n’y aura aucun impact sur le fonctionnement de l’usine durant la phase de construction. Sur la fin de la mise en service par contre, il devrait y avoir un transfert du personnel qui fait l’exploitation de la centrale B vers l’équipe qui effectuera l’exploitation et la centrale C, y compris en termes de compétences. Cela devrait donc permettre de limiter tout impact sur le fonctionnement de l’usine et sur la charge de travail. »

Revenons sur les évolutions des émissions atmosphériques ? O.C. : « Les émissions d’oxydes d’azote vont être divisées par 2, celles du SO2 (dioxyde de souffre) vont être divisées par un facteur supérieur à 10, quant aux poussières, celles-ci vont être divisées par un facteur supérieur à 15 par rapport à la centrale actuelle. Cela correspond à l’application de la dernière réglementation 2014 « La délibération des grandes installations à combustion » mise en œuvre uniquement en province Sud depuis juin. »

La politique énergétique de la France ne permet pas du moins la construction d’une centrale à charbon. Pourquoi la direction de la SLN/Eramet a persisté sur la faisabilité de ce projet ?   O.C. : « Aujourd’hui la France a décidé d’interdire le financement par la Coface de projet développé à l’étranger. En fait, la France n’autorise plus la Coface de financer des centrales à charbon à l’étranger. La Coface, c’est l’organisme français qui favorise le financement des investissements français à l’extérieur. La grosse différence qu’il y a aujourd’hui entre la France et la Nouvelle-Calédonie est la taille du réseau électrique et l’accès à l’électricité par un industriel. En effet, lorsque l’on doit alimenter en électricité une usine pyrométallurgique en France, il n’est pas nécessaire de construire sa propre centrale électrique ! Il suffit en effet d’effectuer une demande auprès des fournisseurs d’électricité tel qu’EDF par exemple et d’assurer son raccordement au réseau électrique. Il aurait été beaucoup plus simple dans notre cas de pouvoir effectuer cette demande auprès d’Enercal afin de nous le fournir cette électricité, mais ce n’est pas possible en Nouvelle Calédonie au vu de la taille et des besoins limités de la Distribution Publique par rapport aux besoins des industriels ! En effet, en France un industriel a accès à un approvisionnement électrique à partir de centrales de très grande taille, comme les centrales nucléaires à un tarif très compétitif, ce qui est à une toute autre échelle de l’énergie électrique disponible sur le réseau calédonien !. En N-C, afin d’avoir accès à une source d’énergie électrique la moins polluante possible,  et à un coût raisonnable, les solutions sont très limitées. On ne peut pas avoir accès à 200M d’hydroélectricité par exemple ni à du nucléaire comme c’est le cas en France.. Il faut donc s’adapter à cette réalité ultramarine et  construire une centrale électrique de petite taille. Nous avons effectué de longues analyses afin d’identifier le combustible le plus à même à répondre à nos besoins, mais également la technologie. Nous nous sommes posés les questions suivantes : Est-ce que le combustible peut être fourni en N-C ? Est-ce que ça nous permet de réduire notre facture énergétique ? Est-ce que ça apporte une meilleure performance environnementale ? Nous avons longuement analysé  le gaz pour remplacer le fioul pour finalement conclure que le choix du charbon était le seul pertinent. En effet, la prise en compte des divers facteurs tels que la disponibilité du combustible, la performance environnementale, la performance économique nous ont mené au choix du charbon sans équivoque ! D’ailleurs, il y a une expertise qui a été effectuée par trois ministères français suite à la demande de Mme la Députée Mme Sonia Lagarde auprès de la ministre de l’Ecologie, Delphine Batho en 2013. Elle lui avait demandé d’expliquer le choix du charbon. Suite à cette demande, l’Etat français a demandé à trois ministères (de l’Ecologie & du Développement Durable, des Outremers, du Redressement Productif) : de préparer une mission pour expertiser le cheminement effectué, la logique qui avait été suivie par la SLN pour prendre sa décision. Deux experts sont alors venus sur le territoire. Ils ont rencontré toutes les parties prenantes. Et leur conclusion est disponible sur le site du Haussariat : il n’y avait pas d’autres alternatives de combustible pertinente. »

Quel est le coût global ? Qui  et comment va-t-il être financer ? O.C. : «  Aujourd’hui le coût n’est pas encore finalisé étant donné que nous sommes dans la dernière phase de discussion avec Eiffage mais c’est un investissement qui sera de l’ordre de la centaine de milliards CFP. C’est un financement avec une partie de fonds propres venant de la SLN/Eramet. Aujourd’hui vu le cours du nickel, la part de fonds propres que pourra mettre SLN sera quelque peu limitée. Néanmoins cette situation va évoluer avec le temps. Les prévisions d’évolution du cours du nickel sont positives et temps que la centrale soit construite permettra vraisemblablement à SLN de revoir la quantité de ses fonds propres dans le projet. Le financement global sera donc assuré par  une partie de fonds propres et une partie de dette. La partie de la dette correspondra à un emprunt à long terme qui sera effectué auprès d’institutions bancaires. (Financement du projet : 80 %  de la dette/emprunt contracté auprès des banques/ + 20 %  sur fonds propres SLN/Eramet). Par ailleurs, on a fait de deux demandes de défiscalisation. Ces défiscalisations doivent permettre de gommer une partie du surcoût ultra-marin. C’est-à-dire que si vous construisez cette centrale en France, elle devrait coûter environ 40 % moins cher (soit, si celle-ci coûte 60 en France, elle couterait 100 en NC). Cette centrale en N-C est de petite taille, ce qui se traduit par un coût élevé par mégawatts. La N-C est une destination éloignée, ce qui augmente le coût de la logistique au vu du coût élevé pour le transport. Finalement il y aura le besoin de construire une base-vie pour le projet, ce qui renchérira une nouvelle fois son coût. Or, tous ces points correspondent à un investissement extra-marin. C’est ce pourquoi, la défiscalisation de Girardin Lodeom rentre en jeu (un dispositif de la défiscalisation permettant un investissement en dehors de la France NDLR). On a fait aussi une demande de défiscalisation locale pour couvrir une partie de ce surcoût extra-marin. »

Avez-vous une réponse de l’Etat sur la 1ère demande de défiscalisation ? O.C. : « Pour avoir une réponse de l’Etat, il faut tout d’abord présenter un dossier complet sur la base de l’offre complète du constructeur. On a reçu la dernière mise à jour de l’offre début février sur laquelle on travaille. Maintenant, on est dans une phase où l’on consolide notre dossier Girardin sur la base de l’offre d’Eiffage. L’objectif, c’est de le déposer d’ici fin mars auprès des services de la direction générale des finances publiques. Ensuite l’instruction démarrera. »

Et là 2ème demande de défiscalisation au niveau local ? O.C. : « La plus grosse partie, c’est la défiscalisation Girardin. La 2ème partie viendra compléter ce bilan global indiquant la complémentarité des efforts effectués au niveau de la France et de la N-C sur ce dossier. On a été auditionné, de même qu’Eramet en novembre dernier par une commission du Congrès afin d’expliquer en particulier les justifications de la demande. Ce qu’on a demandé en fait, c’est de combler un vide juridique. Aujourd’hui, en N-C il y a une législation en place pour les nouveaux investissements pyrométallurgiques ou pour les investissements liés à une nouvelle usine métallurgique. La loi de pays étant uniquement applicable pour les nouvelles unités métallurgiques, il faut pouvoir l’adapter pour un investissement qui permet de prolonger une usine pyrométallurgique existante. C’est donc le but de notre demande aujourd’hui. Les deux dossiers de défiscalisation vont de pair. Il va y avoir automatiquement des échanges entre la France et la Nouvelle-Calédonie. Ça devrait avancer en parallèle. »

A côté de cela, faites-vous du lobbying pour que vos dossiers avancent ? O.C. : « On peut appeler lobbying ou simplement explication. Il me semble totalement légitime de faire une demande de défiscalisation parce que comme je l’ai précisé avant, la défiscalisation Girardin est là pour combler un coût ultra-marin, c’est le but. Il est donc important d’expliquer que notre demande se limite à combler un vide juridique ! Qu’est-ce qui va se passer au niveau de KNS ou de Vale par la suite ? Dans 20 ou 30 ans, ils vont devoir probablement effectuer de nouveaux investissements pour remplacer tout ou partie de leurs centrales ! Et de la même façon, ils aimeraient bien continuer à avoir les mêmes incitations fiscales pour investir ! Sur le site de Doniambo, l’usine pyrométallurgique est toujours là et elle est à sa 3ème centrale ! En effet, il est important de bien expliquer la légitimité de notre position. Expliquer qu’il y a un vide juridique à combler et la demande de défiscalisation Girardin, c’est simplement pour combler une partie du surcoût ultra-marin. »

Le site de Doniambo SLN est installé sur plus de 200 ha. La centrale C à charbon produira 200 mégawatts bruts dans un parc délimité à 10 ha ne représentant que 5 % de la surface totale du site industriel. La 1ère tranche devrait être mise en service début 2019. La 2ème tranche entrera en fonction 6 mois plus tard.  



Newsletter

Abonnez-vous et recevez les dernières actualités dès leur parution