
Nouvelle baisse de l'emploi salarié
Au 3e trimestre 2025, l’emploi salarié recule à nouveau, prolongeant la tendance à la baisse observée depuis fin 2023. Si la contraction se poursuit ce trimestre, son rythme tend toutefois à s’atténuer depuis le début de l’année 2025. Sur un trimestre, les pertes d’emploi se concentrent surtout dans l’industrie, la construction et l’agriculture. Dans les services et le commerce, les effectifs salariés restent stables. Le recul de l’emploi public se poursuit également, mais s’infléchit par rapport à 2024. Il concerne essentiellement les contractuels.
Si les pertes d’emplois s’atténuent au fil des trimestres sur 2025, elles s’ajoutent toutefois à celles plus massives déjà intervenues en 2024, ramenant l’activité salarié à son niveau d’avant 2009, malgré les dispositifs publics pour limiter les pertes d’emploi.
La Nouvelle-Calédonie secouée par les crises
En 2024, la Nouvelle-Calédonie fait face à trois crises qui affectent fortement l’emploi salarié.
La 1ère crise touche le secteur du nickel avec la mise en sommeil dès février 2024 de l’usine métallurgique de Koniambo Nickel SAS et les difficultés des deux autres opérateurs. Au total, 590 salariés distincts, sont indemnisés entre mars et décembre 2024 au titre du dispositif de chômage partiel spécifique nickel, institué en mars 2024 afin de soutenir les salariés et les entreprises directement sous-traitantes des usines touchées par la crise du nickel. En fin d’année, plus de 1500 salariés de l’industrie métallurgique ont perdu leur emploi sur la même période.
Une 2ème crise s’ajoute, à partir du 13 mai, après les émeutes qui ont secoué le pays et détruit le tissu économique local et des infrastructures dédiées à la population (entreprises, commerces, écoles, centres de soins, équipements culturels ou sportifs, etc.). En conséquence, le secteur privé compte 10 000 salariés de moins entre mars et décembre 2024, dont 7 000 sont indemnisés au titre du chômage total en décembre. Les créations d’entreprises, à leur plus bas niveau depuis 30 ans, ne permettent pas d’espérer la création rapide de nouveaux emplois pour compenser les emplois détruits en 2024.
La 3ème crise, qui s’annonçait bien avant, est désormais exacerbée par les deux autres : elle touche les finances publiques.
La Nouvelle-Calédonie peine à financer durablement son modèle de services publics. Elle est régulièrement obligée de verser à ses dépens des dotations exceptionnelles afin de maintenir les équilibres budgétaires des systèmes de santé, de retraite et de production électrique notamment. Avec les crises de 2024, les recettes fiscales s’avèrent encore plus insuffisantes pour couvrir l’ensemble des besoins de fonctionnement et de compensation.
L’allocation exceptionnel de maintien dans l’emploi prend le relais du dispositif de chômage partiel spécifique
Le dispositif de chômage partiel spécifique ayant pris fin le 30 juin 2025, une allocation exceptionnelle et temporaire de maintien dans l’emploi a pris le relai (délibération n°506 du 25 août 2025) afin de permettre aux entreprises confrontées à des difficultés conjoncturelles avérées et persistantes depuis les exactions de mai 2024, de bénéficier d’un soutien financier temporaire, réduisant le risque de licenciements massifs et de cessation d’activité.
Cette allocation est instituée à compter du 1er juillet 2025, par périodes d’une durée maximale de 3 mois, jusqu’au 31 décembre 2025. Elle est soumise à des critères d’éligibilité et prend la forme d’une indemnité horaire versée par l’employeur à ses salariés (à l’exception des employés de maison), ainsi qu’aux personnes en contrat unique d’alternance.
Ces salariés restent liés à leur employeur par un contrat de travail.
En septembre 2025, 1 720 salariés encore en emploi au sein de 252 entreprises, ont été indemnisés au titre de l’allocation exceptionnelle de maintien dans l’emploi.