lundi 26 février 2024

A Actualité syndicale

Le 1er Mai 2016 : un tremplin pour sensibiliser au référendum de 2018

La marche du 1er Mai de cette année se voulait avant tout un espace pour évoquer la sortie de l’Accord de Nouméa, en tous les cas au moment des prises de parole par les politiques du RIN (Rassemblement Indépendantiste et Nationaliste). Des manifestants moins nombreux par rapport aux années précédentes, 500 selon la police et 1000 selon notre Organisation. En somme plusieurs centaines de personnes étaient bien présentes dimanche dernier pour réaffirmer que le 1er Mai, symbole des luttes des classes ouvrières pour obtenir la journée de 8 heures de travail. Un combat parmi tant d’autres et dont seule l’Ustke fête annuellement la journée internationale des travailleurs depuis 1982, et où à l’époque une cinquantaine de participants avait osé marcher dans les rues de Nouméa. Eloi Machoro et LKU avaient pris part à cette marche, en tête de ce cortège ils avaient réussi ce pari. Celui de lancer la dynamique de la reconnaissance des travailleurs kanak et des exploités dans leur milieu professionnel. Et fort heureusement, les acquis sociaux n’ont cessé de s’instaurer mais il reste beaucoup à faire dans les entreprises se développant dans le secteur privé.  

A la tête du défilé, trois des quatre présidents de l’Ustke ayant occupé la 1ère place de notre centrale syndicale. André Forest, Marie-Pierre Goyetche, Louis Kotra Uregei (de gauche à droite). Depuis décembre dernier, André Forest a pris les commandes de l’Ustke. Devant eux, une banderole indiquant le slogan : « Rééquilibrage Accès des Kanak aux postes à responsabilité ». Depuis le début des années 90, l’Ustke en a fait son cheval de bataille ainsi que la défense et la promotion de l’emploi local dans les entreprises du pays. A quelques pas de nos représentants syndicaux, un autre slogan a interpellé les automobilistes : « 2018 c’est possible ». L’indépendance est proche et tout doit être mis en œuvre pour l’accession du pays à sa pleine souveraineté. 

Le cortège des manifestants était escorté par trois camions suiveurs. Sur les plateaux des camions, les animateurs avaient pris place en lançant des slogans pour haranguer la foule. « 2018 c’est possible » ou encore « Les kanak sont marginalisés dans leur propre pays ». Et bien d’autres ont été ponctués par de la musique festive : « Bonne fête aux travailleurs, c’est un jour férié et chômé ! » Un clin d’œil aux salariés d’un restaurant du quai Jules Ferry qui au moment du passage du défilé sont sortis, sans doute attirés par le bruit des sonos et curieux de voir ce qui se déroulait dehors.

Peu avant midi, le cortège avait fini de faire le tour habituel du centre-ville et avait repris le chemin inverse en regagnant la Vallée-du-Tir. Des stands bien fournis attendaient les participants. Divers et variés : les stands de brochettes au poulet, de brochettes aux fruits, des boissons fraîches, des plats préparés, des sandwichs. Ils n’ont pas désempli durant toute l’après-midi. Immédiatement pris d’assaut par les militants et les familles. 

Le plateau musical bien fourni comme l’an passé, une vingtaine de groupes est monté sur scène. Des influences reggae, marqueurs d’une touche internationale avec des tonalités propres au pays, le folk traditionnel et le kanéka ont donné  à ce concert gratuit une tonalité variée. On pouvait écouter et danser sur les mélodies de Cemel, Théo Ménango, Figanazy, Yenu, Ekoten, Sadro, Roots Vibration, Kirikitr … Timides au début du concert, les spectateurs ne se sont pas faits prier quand le ton « made in Nengone » a été lancé par Sadro où ils ont pu se déhancher au rythme des mélodies de l’île de Maré. Le tremplin musical a pris fin aux alentours de minuit avec le groupe Flamengo qui a mis le feu sur le boulodrome. Son leader, annonçant par la même occasion que des aménagements auront lieu prochainement sur la plaine de Nouville pour les futurs concerts de pointure internationale.

Une émission décentralisée de deux heures de radio Djiido dans nos locaux où des invités estampillés P.T, USTKE, DUS ont pris part au débat sur le rééquilibrage, la place des jeunes dans le circuit de l’emploi, et bien sûre le sujet phare du moment les inscriptions sur les listes électorales et notamment celle du référendum.

Des messages forts adressés aux militants, aux adhérents. Certaines personnes étaient assises à l’ombre des arbres jouxtant les stands et d’autres ont pris place sous les tonnelles faisant face au podium. C’est André Forest, président de l’Ustke qui a ouvert le bal des discours. « Alors que se profile la 1ère consultation référendaire pour l’accès à la pleine souveraineté prévue pour fin 2018, la problématique du rééquilibrage et l’accès des kanak aux postes à responsabilité demeurent  entières  et non réglées. Bien au contraire, les flux migratoires ont aggravé la situation puisque les nouveaux arrivants non citoyens ont envahi le marché de l’emploi autant dans le secteur privé que dans le public », a constaté le chef de file du syndicat. « 2018, c’est possible si chacun met de la volonté. Il faut aller s’inscrire sur la liste générale. 2018, c’est une consultation où l’on nous demande de nous prononcer sur le devenir du pays », a répété Mado, l’une des militantes de la commission politique et citoyenneté. « Aujourd’hui, on se bat pour être dans les listes électorales. Le passé a été le temps de la colonisation. Aujourd’hui, c’est le temps du rééquilibrage », a soulevé Yvon Faoua, membre de l’U.C.

« 2018. C’est possible ! On y croit ! », a renchéri Sylvain Pabouty, responsable de la DUS. « En 2011, je disais ça suffit que les kanak soient marginalisés, soient exclus ! », a martelé Louis Kotra Uregei. « Et aujourd’hui quels sont les constats ? Il y a des jeunes qui sont hyper diplômés mais ils n’ont pas de travail ! Ce sont des zoreilles qui prennent leur place… On a une exigence, il faut que les kanak soient inscrits automatiquement sur les listes électorales », a-t-il lancé au public averti.

   



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