samedi 13 juillet 2024

A Actualité syndicale

Le bureau de la Fédération des Mines STKE fait un point de situation sur ses secteurs d’activité

La reprise des réunions en présentiel ou en visioconférence des bureaux des fédérations a débuté au bout de la 6ème semaine à la suite des évènements en date du 13 mai. En premier lieu, la Fédération des Mines STKE dont quelques membres se sont vus mercredi 19 juin, suivi par la Fédération des Industries et  des Services STKE jeudi 20 juin, puis la semaine s’est terminée par la rencontre d’une bonne partie des membres du bureau actuel de la Fédération des Commerces & Divers, à la centrale syndicale, en salle Henri Krasucki.



Mercredi 19 juin de 11 h 30 à 13 h 30, en salle Henri Krasucki - Fédération des Mines, des Carrières et de la Métallurgie STKE. Une réunion organisée à l’initiative de Léonard Wahmetu, le chargé de missions au sein de la Fédération des Mines, des Carrières et de la Métallurgie. De son côté, le secrétaire général, Antonio Néwédou était bloqué dans sa commune de résidence, à Yaté. « Cette réunion tombe à point car il est nécessaire que l’on se rencontre pour faire un état des lieux. Les absents sont excusés mais quand on veut, on peut », a indiqué Bertin Boéré, 1er secrétaire général adjoint de cette fédération qui a pensé à plusieurs de ses camarades bloqués dans le Nord par rapport aux difficultés rencontrées sur les routes, notamment les barrages filtrants ou pas selon les communes. Uniquement cinq personnes sur seize ont pu faire le déplacement jusqu’à la centrale syndicale, elles représentent ces quatre entités minières : PRNC (Prony Resources New Caledonia, NMC (Nickel Mining Corporation), SLN (Société Le Nickel), SMGM (Société Minière Georges Montagnat).

« 1200 salariés seront impactés par rapport aux exactions commises depuis le 13 mai dernier. Ils seront mis au chômage spécifique partiel et un peu moins d’une centaine d’employés seront en télétravail », a annoncé Hélène Mauga, déléguée syndicale STKE à PRNC, déconcertée par les grosses difficultés techniques rencontrées sur le terrain. « Il y a eu un sabotage du tuyau d’eau menant aux bassins qui sert au process et aux besoins quotidiens de la base vie. Le seul avantage, c’est qu’il a plu tout le temps ce qui a permis le réapprovisionnement en eau de nos bassins. Un local électrique a été totalement cramé et toutes les batteries des groupes électrogènes de ce local ont été volées ne permettant pas le pompage de l’eau. Les techniciens ont réussi à faire fonctionner avec un appoint  en carburant tous les deux jours mais les accès au local électrique restent difficiles pour les gros engins par rapport aux barrages tenus par les militants de la CCAT. Un isolateur a lui aussi été saboté du côté de Saint-Louis », a-t-elle ajouté. D’où la décision du comité directeur de PRNC de cesser partiellement l’activité à l’usine et sur mine. Les organisations syndicales ont été convoquées le 12 juin pour une présentation des modalités du chômage spécifique exaction. Et le lendemain, le comité d’entreprise extraordinaire a été convoqué pour la consultation et la validation des mesures prises liées au chômage. Un plan de prévention et d’intervention (P.P.I.) a été déclenché une dizaine de jours avant ce C.E extraordinaire, à savoir que cette mesure est lancée par rapport à la sécurité et à la dangerosité du site. L’actionnariat dans cette entité minière du Sud a été suspendue, « par contre ils maintiennent les primes trimestrielles uniquement pour ce trimestre », a soulevé la déléguée syndicale, et cette mesure peut évoluer en fonction de la reprise de l’activité. 

Le chômage spécifique partiel a été évoqué aussi à NMC, selon Bertin Boéré, délégué syndical Stke au laboratoire de Nouméa où l’activité minière est également au ralenti dans les centres miniers de la NMC. « A l’exemple de Ouaco où ça tourne malgré tout. Trois jours de travail et six jours de repos », a-t-il dit.   

 

Hélène Mauga, déléguée syndicale STKE à PRNC, Eddy Boa, délégué syndical STKE à SMGM et Jean-Marc Cottin, salarié à SMGM.

Pour Eddy Boa, délégué syndical Stke au sein de la Société Minière Georges Montagnat (SMGM) qui a participé avec son collègue, Jean-Marc Cottin à cette réunion, ils ont eux aussi  parlé de la baisse de l’activité ; et ce en rapport à la crise du nickel puis est venu se greffer les évènements qui suivirent le 13 mai. Il y a trois mois, une demande de mise en chômage partiel est intervenue. Les employés ont donc bénéficié durant un mois du chômage partiel, soit du 25 mai au 24 juin. Une nouvelle décision doit être prise pour son renouvellement. Cette petite société minière dispose de trois centres miniers : La Tontouta, Ouinné et l’Etoile du Nord à Koumac. « La société a pu verser 70 % de l’intéressement ce mois-ci en juin, et les 30 % seront octroyés en octobre », a assuré le délégué syndical Stke. 

Concernant la SLN, l’activité minière se retrouve mise à mal aussi depuis les évènements du 13 mai qu’elle ne l’était déjà en début d’année avec les annonces délicates de ses contraintes financières et d’une dette record. Les mines de Kouaoua, de Thio sont fermées à l’extraction minière mais pas que, puisque la mine de Népoui et celle de Tiébaghi essayent tant bien que mal d’alimenter les fours de l’usine de Doniambo. « Le stock de minerai est en zone rouge. 6300 tonnes de minerais sont nécessaires chaque jour pour faire tourner l’usine », a indiqué Pierre Kaloï, délégué syndical Stke. Le chômage partiel est également envisagé pour les employés travaillant pour la vieille dame. Du côté de la mine de Tiébaghi, c’est une gestion au cas par cas. « Une petite équipe s’occupe de l’extraction. Certains employés sont à des postes de vigilance et de sécurisation du site. Le chômage partiel a été enclenché depuis le 18 juin », a signalé Nicolas Tjidine, délégué Stke à Tiébaghi. Concernant la situation de la  mine de Kouaoua, « le chômage partiel a été aussi lancé » a soutenu Yann Thavoivianon, délégué syndical Stke. Au départ, le site minier était fermé par le Collectif Chêne-Gomme qui axe principalement ses revendications sur la protection et la défense de l’environnement dans la région de Kouaoua. Mais les sites miniers de la SLN ont été menacés d’une mise en demeure par la province Nord. Cette dernière a demandé à la SLN d’honorer ses obligations en matière de garanties financières avant le 10 avril. « La fermeture du site a été suivie par la CCAT Mwâ Tiri après le 13 mai», a ajouté le délégué Stke à Kouaoua. A Thio, des complications s’opèrent aussi dans cette commune de la côte Est avec le blocage de deux sites miniers par un collectif émanant des habitants. Il réclame à la SLN la réhabilitation, la réfection de la voirie car ce sont des gros engins qui empruntent la route municipale bordant les habitations des riverains. Plus de 200 emplois sont menacés par ce blocage.  Pour ce qui concerne la mine de Ballande située à Monéo dans la commune de Houaïlou, « une réunion CE devait se tenir la semaine dernière mais elle n’a pas eu lieu par rapport aux tensions existantes sur place » a précisé Marcel Moréo-See, élu au comité d’entreprise à la Société Minière de Cap Bocage (SMCB). Par conséquent le chômage partiel n’est pas encore d’actualité sur les deux sites miniers de Ballande, à Monéo et à Nakéty.  

Durant l’après-midi de cette réunion fédérale, les représentants syndicaux Stke du bureau de la Fédération des Mines ont rencontré le syndicat des exploitants miniers (S.E.M.) constitué de petits mineurs tels que Ballande, Montagnat. « Ce qu’ils veulent, c’est l’apaisement du climat social afin qu’ils reprennent leur activité normalement », a souligné Thierry Leberre, 1er vice-président de l’Ustke. 

Nous reviendrons dans une prochaine publication sur les deux principaux sujets évoqués au sein de ces deux structures, la Fédération des Commerces STKE et la Fédération des Industries STKE qui ont été fortement impactées par les nombreuses pertes d’emplois et par conséquent la baisse de l’activité dans les secteurs du commerce et de l’industrie : les différents types de chômage suite aux conséquences des exactions du 13 mai, et les modalités de la banque alimentaire interne à la confédération, notamment sa mise en route dans les prochains jours. 

 


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