jeudi 22 février 2024

A Actualité syndicale

Mobilisation des secteurs du BTP devant le gouvernement de la N-C

Plus d'une centaine d'emplois menacés dans la société Colas et une baisse d'activité enregistrée ces six derniers mois dans tous les secteurs confondus du BTP : ces deux raisons ont poussé notre organisation syndicale à réagir face à la crise qui touche l'ensemble de la profession. Près de 300 salariés et syndicalistes ont répondu à l'appel de l'USTKE, mercredi toute la journée (31/07/13). Ils ont manifesté leur inquiétude face à la problématique liée à l'emploi devant l'immeuble du gouvernement. 

« A l'intérieur de l'entreprise, il y a des salariés et derrière eux, il y a une vie de famille. On nous annonce le licenciement de 107 salariés dès le mois de septembre à Colas qui œuvre dans le bâtiment et sur les routes », s'est inquiété Ernest Poéta, secrétaire général de la Fédération BTP/USTKE. « Que vont devenir ces familles, notamment les pères de familles qui travaillent dans les secteurs impactés par la crise. On voit passer des plans sociaux, des reclassements mais pour ce cas présent : on se demande comment tout cela va se mettre en place ?», a ajouté une représentante du Bureau Confédéral, inquiète elle aussi de cette situation. 

Concernant l'évaluation des plans sociaux en cours ou effectifs depuis l'an dernier, il n'y a aucun document qui atteste le fléchissement du secteur du BTP mais les syndicats et notamment les salariés sont en première ligne pour mesurer l'impact de la crise : perte d'emploi, reclassement, mesure sociale avec formation ou accompagnement, peu de commande pour des travaux pour les petites et moyennes entreprises …  A l'exemple de Kévin qui travaille à Néabat où il signale que la société qui l'emploie n'a plus de commande de travaux depuis la fin de l'année dernière. Leur dernier gros chantier était celui du collège de Katiramona.  Deux grands chantiers viennent de se terminer avec l'usine de Goro et celle du Nord. Seul celui du Médipôle à Koutio continue sa réalisation. Les commandes publiques ou privées ne sont guère florissantes. 

Un calendrier de travail 

Après la matinée d'attente à la baie de la Moselle, une délégation composée de quelques membres du bureau confédéral et de la fédération du BTP ont été reçus par le 1er vice-président du gouvernement, Gilbert Tyuiénon et les responsables du cabinet à Georges Mandaoué, en charge du travail, de l'emploi et de l'insertion professionnelle. Près de deux heures de discussions qui ont valu à nos responsables syndicaux de sortir rassurés de cette rencontre. « Nous savons très bien que l'emploi est un domaine sensible, qui touche tout le monde. Nous avons exprimé notre inquiétude et nous attendons des réponses », a exposé  la présidente de l'USTKE à l'ensemble des syndicalistes et des salariés. L'Organisation n'est ni en conflit avec le gouvernement et ni avec les entreprises, « la mobilisation des camarades du BTP autour de la problématique de l'emploi est primordiale pour nous », a-t-elle tenu à le dire.  Et de rajouter en ces termes : « Il y a des grands chantiers qui vont être ouverts. La commande publique est là mais elle est stable, elle va monter en croissance. On demande à ce que les grandes entreprises et les multinationales ne fassent pas n'importe quoi ! Ou il y a une volonté de travailler ici et de répondre aux besoins du pays et également une volonté de s'adapter au marché du pays... Avant, elles étaient toutes seules mais maintenant il existe des entreprises locales qui sont capables de faire les choses, elles disposent de compétences ... ». En rassurant les manifestants sur l'avenir, un calendrier de travail va être mis en place avec les partenaires (entreprises du BTP et syndicats) et le gouvernement: « Au niveau de la commande publique, il va y avoir de nouveaux marchés qui vont s'ouvrir, des appels d'offres qui seront accompagnés de nouveaux outils. Il y aura plus de visibilité pendant au moins trois ans. Un plan quinquennal va être aussi dévoilé. Des ouvrages d'art vont être réalisés, les bailleurs sociaux vont effectuer des rénovations, des chantiers vont se faire dans les aérodromes. Concernant les commandes privées, nous avons des pistes. On va voir comment on va s'y prendre avec les entreprises concernées ». 

La lettre du gouvernement sur les commandes publiques 

Pour l'instant, l'USTKE est dans l'attente d'une lettre du gouvernement où celui-ci explicitera les commandes publiques en cours ou à venir. De même qu'une proposition de calendrier de travail évoqué plus haut : « à ce moment on pourra parler des différents problèmes qu'on aura pu constater sur le terrain. Par exemple : une réponse sur un appel d'offre ou une prévision sur des suppressions d'emploi dans une entreprise ». Au fil de son compte-rendu, la présidente a regretté que certaines grandes entreprises n'ont pas introduit les GPEC (Gestions Prévisionnelles des Emplois et des Compétences). « Cette mesure permet d'anticiper sur les besoins et les compétences dont a besoin une société ». 

Concernant la grosse problématique de Colas où 107 emplois vont être supprimés : l'organisation syndicale s'interroge sur cet effet d'annonce. Elle va demander une expertise économique de cette société. Le plan social doit faire l'objet d'expert. Il existe des solutions, a-t-on soulevé à cette journée de mobilisation : des formations, une ré-orientation des salariés vers d'autres emplois, un accompagnement des personnes démobilisées et pourquoi pas fédérer les emplois dans l'ensemble du BTP. Des pistes sont avancées dans ce secteur en crise. 

Et Marie-Pierre Goyetche de conclure : « Les efforts ne doivent pas venir uniquement des salariés mais aussi de ceux qui ont généré des profits pendants des années ! ». 



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