mardi 27 février 2024

A Actualité syndicale

Qui va payer la douloureuse ! (?)

La section STKE/CHT a appelé à la grève lundi après-midi dans le hall du grand hôpital de Nouméa. Une cinquantaine d'adhérents ont répondu à l'appel lancé la semaine dernière par notre centrale syndicale. Manifestement, l'agence de Santé de Wallis-et-Futuna, établissement financé par l'État ne règle plus ou paye difficilement sa facture depuis plus de 10 ans au Centre Hospitalier de Gaston Bourret. La dette s'élève à 1,6 milliard. Cette grosse dette nuirait au bon fonctionnement du CHT Gaston Bourret … Des éléments de réponses avec André François Elocie, représentant du personnel au Conseil d'administration du CHT.

Pourquoi la section STKE du CHT a-t-elle manifesté lundi après-midi dans le hall de l'hôpital ? André François Elocie (à gauche ci-dessus) : « On était là pour alerter l'État et l'opinion publique sur la dette de Wallis qui s'élève à 1 milliard 600 millions de francs CFP. »

Cette dette n'est toujours pas réglée à ce jour ? A. F. E. : « Ça fait plus de 10 ans que Wallis est un très mauvais payeur ! Or, en 2012 ils nous ont payés toute l'année. En 2013, cela a recommencé car ils ne nous versent plus un franc ! Donc, nous nous élevons contre cette situation qui commence à nuire au fonctionnement du CHT. Lorsqu'on manque de liquidité, on est obligé de retarder le paiement de nos fournisseurs. Et ceux-ci refusent aujourd'hui de bosser avec le CHT Gaston Bourret car nous devenons de mauvais payeur en conséquence. La goutte qui a fait déborder le vase (car vous me direz que ça fait des années qu'ils ne nous payent pas !), on a appris au dernier conseil d'administration qu’un malade avait déposé une plainte contre le CHT Gaston Bourret. Non, seulement ils ne nous payent pas mais ensuite ils nous mettent au tribunal ! Autre chose qu'il nous paraît inadmissible : on a évasané deux malades calédoniens vers l'Australie parce qu'on ne peut pas évasaner les malades wallisiens vers l'Australie puisqu'ils ne payent pas ! C'est nous qui devons laisser notre hôpital aux wallisiens et nous devons envoyer nos malades calédoniens vers l'Australie. Donc, nous interpellons l'État sur cette situation embêtante ! En ne payant pas la dette, c'est eux qui braquent les populations les unes contre les autres ! Il faut que l'État se positionne sur Wallis, c'est un choix politique. Autre choix politique de l’Etat qui nous a beaucoup irrités c’est le fait qu’il ait choisi de donner 1 milliard à Wallis pour l'organisation des mini-jeux du Pacifique au lieu de payer la dette pour leur hospitalisation ! On aurait plutôt choisi le contraire ! Ils ont privilégié les équipements sportifs etc... au détriment de la santé des Wallisiens. Pourquoi ce serait à nous de prendre en charge Wallis, pourquoi pas Tahiti ? Et pourquoi ne pas évasaner les Wallisiens vers la France ? Pour conclure, ce n'est pas la Calédonie qui colonise Wallis. C'est la France ! Donc, il faut que la France s'en occupe !»

Une réunion est intervenue entre vous et le chef du cabinet du Haut-commissaire lundi après-midi durant votre mouvement de protestation. Comment ça s'est passé ? A. F. E. : « Effectivement, on a rencontré le chef du cabinet du Haut-commissaire. Selon lui, l'idéal  serait de mettre en place un échéancier avec le ministère de la santé (payer en plusieurs fois). Deuxièmement,  de donner suffisamment de fonds à l'agence sanitaire de Wallis pour pouvoir honorer mensuellement la traite. Troisièmement, la nouvelle direction doit respecter l'argent qu'on leur attribue et doit bien flécher en vue de payer la dette de l'hôpital. Et ne pas faire n'importe quoi avec l'argent si ce n’est de payer leur dette ! Comme il l'a dit, c'est l'idéal ! Le Haut-commissaire est en ce moment en déplacement. Il va défendre bec et ongles cette idée là c'est à dire les trois axes énoncés avant. Mais pour nous, l'idéal serait de mettre en application ce qu'ils nous ont dit c'est à dire quand vont-ils nous payer ? Ils rejettent la balle au Ministère de la Santé. Ils nous ont même invités à écrire au Ministère de la Santé en tant que syndicat pour les aider dans ce sens. C'est le comble ! Il faut que l'État prenne ses responsabilités ! Maintenant, l'USTKE s'est appropriée le dossier et on va conscientiser l'ensemble du personnel. Et certainement que si on n'est pas payé d'ici la fin de l'année, on envisagera un grand mouvement de coup de gueule avec les autres syndicats notamment avec les syndicats des médecins. »  

 



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