mercredi 28 février 2024

A Actualité syndicale

Une marche contre l'immigration et pour la protection de l'emploi local

Près de cinq mille personnes ont suivi le cortège mené par le Conseil Politique National (USTKE et Partis indépendantistes) Les participants ont manifesté dans les rues de Nouméa durant l'après-midi du 22 juin dernier. La protection et la promotion de l'emploi local ainsi que le rééquilibrage sont les deux principaux thèmes choisis par le collectif. Une note tout aussi forte a marqué ce collectif, le combat contre l'immigration massive.

 

Le soleil est au rendez-vous cet après-midi. Drapés des couleurs de Kanaky, les manifestants s'agglutinent autour des camions. Un peu avant 13 heures, le coup d'envoi est lancé. L'appel de Francky au micro résonnne autour du Mwâ Kââ, il demande aux personnes, aux fédérations syndicales et autres groupes de pression de se ranger derrière les camions qui les concernent. Tout doucement, les manifestants prennent place. Comme pour démarrer la machine, un message de soutien des camarades corses tombe à pic et harangue la foule qui se décide, enfin à partir. Planté sur le premier camion podium de couleur blanche, Thierry, un des responsables à radio Djiido assure la musique pour le premier groupe de personne. On y trouve les responsables politiques (P.T, U.C, Palika sud, UPM) et quelques membres du Bureau Confédéral de l'USTKE. Thierry mène la cadence pour le premier groupe où Hoïlané explique les motifs de la mobilisation. Parti du parking proche de la place du Mwâ Kââ, le cortège s'étire le long de l'avenue du Maréchal Foch jusqu'à la place des cocotiers. Et même que le dernier camion n'a pas encore fait son apparition que Jean-Pierre, l'un des animateurs désigne également l'enseigne « Adecco », une agence intérimaire située à un coin de la rue de Verdun, il l'assimile à Manpower. Des huées se font entendre parmi les manifestants, sous leurs parapluies noirs et jaunes, on n'aperçoit pas les visages mais l'inscription « Kanaky » sur les parapluies en dit long sur leur appartenance politique. Le long cortège continue son chemin et s'étire, sa première halte se fait au Congrès. Une heure d'attente durant laquelle nos représentants déposent le cahier de doléance aux politiques. Du kanéka à consonance revendicative vient agrémenter cette pause tel que Shamadra, connu pour ses textes concernant son engagement politique. Des prises de parole interviennent aussi. Après que nos représentants soient sortis de l'enceinte du boulevard Vauban, le florilège de drapeaux aux couleurs du pays fait une deuxième pause en contrebas du haussariat, lieu aussi où les membres du collectif ont également déposé nos doléances (lire le communiqué sur la mobilisation paru le 20 juin).

L'attente sera moins longue que la première, mais la rencontre entre les représentants de l'Etat et le collectif sera tout aussi intéressante. Sans attendre plus longtemps, les responsables décident de rejoindre le dernier point, le Gouvernement de la N-C situé à la baie de la Moselle. Ainsi, le cortège défile au cœur du centre-ville, invitant les jeunes à rejoindre la foule. « C'est pour vous que nous marchons, nous nous battons pour que les enfants du pays occupent les emplois de demain. Rejoignez-nous. L'emploi local, c'est pour vous », s'exclame l'un des animateurs. Certains décident de se fondre parmi les manifestants, déjà chauffés par les slogans scandés depuis près de trois heures. La délégation du collectif fût enfin reçue par le vice président du gouvernement assisté par trois membres dont deux indépendantistes. Cet entretien a permis de vérifier que les revendications du collectif dont l’USTKE, étaient bien comprises et qu’il était attendu du gouvernement que des initiatives concrètes soient adoptées avant la fin de l’année à propos notamment du projet sur la citoyenneté calédonienne et des mesures plus énergiques concernant la sauvegarde de l’emploi local et la régulation de l’immigration massive.

L'événement pris fin avec le retour au niveau du Mwâ Kââ, du cortège de manifestants. C’est vers 17h15 que se sont succédées les différentes prises de parole des responsables après qu’un compte rendu ait été effectué par la délégation qui a mené les entretiens avec les responsables des différentes institutions.

Avant la clôture de l’événement, ont notamment pris la parole et à tour de rôle, le représentant de l’Union calédonienne, la présidente de l’USTKE et le président du parti Travailliste. Cela a été l’occasion pour les différents orateurs de rappeler une dernière fois les enjeux et défis qui restent à relever. Les problématique de l’emploi local se posent à nous tous, autochtones de ce pays et plus généralement aux citoyens calédoniens, aujourd’hui et plus qu’hier, comme une vérité cruelle, à savoir que nous sommes bien dans un système colonial qui continue de nous marginaliser en favorisant l’emploi des expatriés au détriment des « locaux » mais aussi à continuer dans sa volonté de nous rendre encore plus minoritaires dans notre pays.

Le message aux responsables de ce pays a été passé et charge à eux de nous démontrer qu’ils l’ont compris et pris en considération. Cela devra être suivi d’effet et traduits par des mesures concrètes  dans l’intérêt du Peuple Kanak et des citoyens de ce pays.

La consigne a été donnée, à savoir que la vigilance demeure !!!!



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