mardi 31 mars 2020

A Actualité politique

La valorisation de la ressource minière dans la perspective de la souveraineté ...

12 avril 2013 - Il s'était tenu un séminaire organisé conjointement par le Parti Travailliste et l'USTKE sur la thématique suivante : " Quelle gestion du patrimoine minier dans la perspective de la souveraineté " à l'amphi 400 à l'UNC. Une journée de réflexion très intense en débat et en démonstration de stratégies engagées par les trois sociétés minières (Valé N-C, SMSP, SLN) qui opèrent dans l'ensemble du pays. Deux grandes usines dans le Sud et la troisième dans la zone VKP qui vient de connaître sa première coulée de nickel, il y a une dizaine de jours. Nous vous livrons les réponses de quelques intervenants de ce séminaire.

 

Mathias Chauchat, professeur de droit public à l'Université de la Nouvelle-Calédonie. 

 

" J'ai beaucoup travaillé sur les institutions de la Nouvelle-Calédonie et la réforme de la fiscalité. Cette année, j'ai travaillé auprès du président du congrès dans la commission de vie chère pour réfléchir sur la réforme fiscale et c'est à ce titre que j'ai présidé un atelier sur la fiscalité ".

 

On a eu l'intervention du directeur de la Dimenc, l'exposé des représentants de la SMSP, de la SLN et les données de Georges Mandaoué sur les opérateurs miniers. Que retenez-vous ? 

 

Mathias Chauchat : On a eu un panorama très intéressant de la situation de l'industrie du nickel qui va quand même prendre une part importante du PIB de la Nouvelle-Calédonie. Dans les exposés successifs, on a vu les contradictions potentielles de stratégies qu'il y avait entre la SLN, la SMSP qui ont deux systèmes différents de valorisation de la ressource. Notamment, on voit venir un conflit sur l'attribution des titres miniers puisque la SLN est quand même en position de force. Et la SMSP, un acteur qui souhaite compter plus à l'avenir pour les constructions des usines à l'extérieur, au delà de KNS. D'ailleurs, on a eu des débats directes avec Pierre Alla, c'était très intéressant.  

 

Vous avez présidé l'atelier sur la fiscalité. Quelles sont les propositions de votre groupe de travail ? 

 

Mathias Chauchat : L'atelier sur la fiscalité a conclu qu'il fallait lisser la fiscalité du nickel qui était très variable d'une année sur l'autre. Pour ça, il faut développer l'idée d'une redevance qui serait assise sur la tonne de minerai extraite et commercialisée ainsi que sur la teneur et le cours. Ça aboutirait à ce que les opérateurs miniers payent la ressource. Donc, on aurait une ressource plus régulière et le pays retirerait plus de ses mines puisque on est sans doute un des derniers pays du monde où l'attribution de la  ressource est gratuite. Ce qui est quand même anormale. 

Après le débat portait aussi sur l'utilisation de la ressource minière. L'idée majoritaire qui sort c'est que cette ressource minière doit être affectée de façon dominante à un fond pour les générations futures. Il s'est posé la question de l'affectation aux aires coutumières voire aux populations locales qui seront directement impactées et donc ce sont des débats difficiles. 

 

Cette idée de redevance minière reposant sur le tonnage etc... est-elle rentrée dans les accords économiques et sociaux et va-t-elle être appliquer si c'est le cas ? 

 

Mathias Chauchat : Alors la proposition, elle a déjà été acceptée dans ses principes à l'intérieur des accords économiques et sociaux mais je vous rappelle qu'ils ont été votés mais que tout c'est arrêté après les élections législatives. Donc aujourd'hui, c'est un combat pour obtenir l'application de ces accords et obtenir la redevance minière. Donc, là les partis politiques ont leurs rôles à jouer c'est-à-dire il faut que les citoyens se prennent en charge et militent pour que les choses changent. Chaque parti croit que l'existence d'une redevance minière est une bonne chose pour le pays. Ils doivent donc se mobiliser. 

 

Georges Mandaoué, membre du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie chargé, entre autres, de contrôler et d'animer les secteurs du travail et de l'emploi. 

 

Qu'est-ce que vous avez retenu des interventions de chacun ? Aurélien Louis de la Dimenc, de Dominique Nacci de la SMSP . 

 

Georges Mandaoué : Le séminaire qui est organisé par le Parti Travailliste, il vise d'abord à ce qu'on puisse faire venir des gens qui donnent des informations à l'ensemble des responsables politiques, aux élus que nous sommes puis aussi aux militants, à tout citoyen qui veulent venir écouter car il y a de l'information qui circule dans ce genre rencontre. C'est intéressant. Quand on est dans nos réflexions dans le Parti, il faut que tout le monde puisse avoir les mêmes données   pour qu'on part tous des choses que l'on connaît. Sinon, il y a ceux qui connaissent et ceux qui ne connaissent pas. Forcément après, la discussion n'est pas équilibrée. Il y a une question d'honnêteté quand on est responsable vis-à-vis des militants. C'est de permettre de débattre avant de prendre des décisions afin que les gens puissent avoir les mêmes informations. 

Dans le contexte d'aujourd'hui avec les enjeux qu'il y a, à savoir qu'on siège dans le comité de pilotage  sur la stratégie de la métallurgie en Nouvelle-Calédonie. Derrière cela, il y a beaucoup d'enjeux et notamment sur la valorisation du minerai. Plusieurs pistes sont proposées notamment celle de la SMSP … On voit bien qu'il y a des questions de gouvernance par rapport l'exploitation  de cette ressource et de sa valorisation. Avant de décider sur les modèles de valorisation, il y a à connaître dans le domaine minier ses différentes caractéristiques. Aussi, il y a à savoir et à connaître l'ensemble des techniques … 

Alors par rapport à votre question, ça fait 10 ans que je suis dans la mine. J'y étais en tant que sénateur coutumier et notamment les problématiques environnementales avaient été soulevées, le rapports des mineurs avec les gens qui vivent au pied des mines, le rapport au partage des bénéfices... Tout ça, on a essayé de repositionner les débats, de réintroduire ce débat dans le contexte politique et de tracer des nouvelles voies pour répondre à ces problématiques. Car il y va de la stabilité sociale et de la paix. 

J'ai siégé pendant 10 ans à la commission consultative des mines. Je ne découvre pas les choses et j'accompagne aussi un certain nombre des choses. Et c'est pour ça que j'ai précisé que ce séminaire, c'était aussi pour les militants. En tant que responsable quand nous proposons des pistes de réflexions ou quand nous avons des décisions à prendre, eux (les militants) puissent avoir les moyens d'apprécier les choix . 

 

Vous abordez dans le programme le thème suivant : « Comment les Kanak pourraient-ils devenir des opérateurs miniers ? ». Vous avez des pistes ou des réponses à cette question ? 

 

Georges Mandoué : J'ai fait parti des gens qui ce sont préoccupés de cette question là. Et entre temps l'eau a coulé sous les ponts... C'est une question fondamentale après en tant que politique, il faut être capable de maîtriser notre réflexe naturel de dire : nous aussi on a  envie de le faire. Si on répond oui, qu'est-ce qu'il y a derrière le oui ? C'est quoi ! Il faut observer les choses, il faut les analyser et donc réfléchir à cette préoccupation ; si on veut devenir opérateur, quelles réponses peut-on apporter à cette question ? ; Qu'est-ce que l'on vise à travers cela ? Vous voulez être opérateur pour faire quoi ? Car derrière cette profession, il y a la question environnementale que l'on a pointé du doigt vis-à-vis de nos mineurs et il y a la question du partage des bénéfices. Également, il y a la question de stratégie au niveau de la valorisation du minerai. Cette dernière question est fondamentale pour ceux qui veulent devenir opérateur minier. 

 

Vous exposez trois pistes de réflexions : celle liée au social, celle que l'on accorde à l'économie et la dernière qui est liée à l'environnement ? L'ensemble est lié finalement à une décision politique ou plutôt à un choix stratégique de l'opérateur minier ? 

 

Georges Mandoué : Dans cette question qui est présentée sous cette forme, je dois pouvoir répondre aux attentes des gens en tant que responsable politique. Je dois me garantir que ces opérateurs miniers qu'ils doivent aussi être contraints par les préoccupations qui sont les nôtres (aspects sociaux, contraintes environnementales …). 

Est-ce qu'ils ont la capacité de faire cela ? Si les gens disposent d'une capacité financière, technique à devenir opérateur minier. Ils auront les mêmes contraintes, ils seront adossés au même code minier que les autres. 

Il y aussi des solutions intermédiaires, il y a des partenariats que l'on peut construire aussi avec les mineurs qui opèrent actuellement notamment dans la partie tâcheronnage. Il y a aussi une vision nationaliste. Donc on veut nationaliser la ressource ; après quel type d'opérateur pour exploiter la ressource. Il faut de la cohérence dans tout cela. Il faut bien observer l'ensemble des choses et ensuite mener la réflexion afin d'avoir une vision la plus juste, la plus honnête que l'on pourrait proposer dans le cadre de nos responsabilités politiques. 

 

Martine Cornaille, présidente de EPLP (Ensemble Pour La Planète), association de protection de l'environnement qui regroupe elle-même 16 associations membres et quelques centaines de particuliers citoyens. 

 

Que retenez-vous des échanges entre les différentes interventions ? 

 

Martine Cornaille :  Nous avons assisté à des échanges relativement riches. Vraiment, je me félicite d'avoir été présente pour avoir porter contradictions à certains qui font une désinformation scandaleuse et qui ont érigé le mensonge comme mode de communication préféré. Je pense notamment à la SLN pour la centrale à charbon. 

Il y a la première coulée de nickel mercredi 10 avril à l'usine du Nord. Quelle est votre analyse sur cette information ? 

 

Martine Cornaille : Eh bien beaucoup d'inquiétude ! Donc avoir accès au tout développement sur la mine et la métallurgie, c'est une hérésie car ce n'est pas une filière durable ! On sait tous que dans 100 ans voire dans 150 ans, il n'y aura plus de minerai. Et on fera quoi, on prendra la pirogue pour partir ! Aujourd'hui, il faut davantage penser à un développement sur la qualité de la vie. Ce qu'on voit aujourd'hui, c'est du mal développement ! Regardez-le malaise, le mal être qui saisit nos jeunes. Regardez la déstructuration de la cellule familiale, regardez la déstructuration des structures coutumières ! Il faut qu'on fasse une pause en matière de développement. On n'est pas pauvre. Notre PIB nous classe entre l'Australie et la Nouvelle-Zélande donc la richesse, elle est là , elle existe !

Par contre il y a un problème de répartition sur lequel il faut travailler de façon très importante.  Mais du coup, si on accepte de faire une pause ce qu'on appelle un moratoire, et bien on aura le temps de réfléchir au vrai sujet  qui se pose à la société calédonienne depuis 30 ans car le débat politique s'est focalisé sur les questions statutaires. Et ces autres questions éminemment importantes n'ont pas étaient traitées par le politique ! 

 

Nous avons l'impression que vous vous battez contre un mur.  

 

Martine Cornaille : C'est vrai que le mur est extrêmement épais et solide. Le mur des industriel, j'entends. Le mur de l'administration est pas mal non plus ! Au niveau des politiques, je crois qu'on commence à avoir quelques percées. Donc, on va travailler à continuer à sensibiliser la société civile parce que c'est par elle que viendront les prises de conscience puisque les politiques sont issus de la société civile et ils en sont les représentants. Donc en travaillant au niveau des populations à leur bonne information, nous considérons que nous allons faire progresser la prise en compte des problématiques que l'on dénonce par le pouvoir qui sera renouveler très rapidement maintenant. 

 

 

Le projet de la centrale  à charbon de la SLN ? 

 

Martine Cornaille : L'usine à charbon, c'est non, non... C'est niet ! C'est d'autant plus non que les raisons de dire non sont infinies ! Le choix d'une centrale à charbon c'est n'est pas seulement un choix industriel, c'est aussi un choix de société. La Nouvelle-Calédonie est dépendante des énergies fossiles à plus de 98 %. On ne va pas passer à 99 % parce que la SLN l'a décidé. Cette dépendance aux énergies fossiles, elle nous coûte 67 milliards de CFP/an et c'est de l'argent que l'on perd définitivement et qui ferait mieux de rester en N-C au moins en partie pour créer des emplois locaux ! Ce sont des problématiques sanitaires, environnementales, et notamment le réchauffement climatique, l'élévation des niveaux des mers et l'acidification des océans qui va conduire à la disparition de nos coraux. Les raisons pour lesquelles on dit non sont multiples et de tout ordre, elles sont à la fois éthiques, politiques, économiques, sanitaires et environnementales. Ce choix du charbon est inacceptable par la société civile ! Et nous alertons la société civile sur le fait que les pouvoirs publics ne doivent pas aider financièrement à un tel projet si la SLN veut obtenir des aides via la défiscalisation, via des subventions où je ne sais quoi, alors qu'elle fasse le choix d'une structure qui produit de l'électricité propre et pas de l'électricité issue du charbon. 

Dominique Nacci, chargé des relations publiques de la SMSP. 

 

En  terme de rééquilibrage, est-ce que l'usine du Nord va profiter à l'ensemble du pays ou uniquement au nord ? 

 

Dominique Nacci : L'usine du nord, c'est 51 % détenu par la SMSP. De toute façon, c'est un projet pays selon les orientations de la province nord. C'est le premier projet effectivement en Nouvelle-Calédonie où l'opérateur local détient 51 %. Depuis le protocole d'accord de Bercy, c'est un projet qui a mis 18 ans pour voir le jour. Pour nous, c'est une grande fierté, une grande joie de voir l'usine rentrer en production. 

Bien sûre, il y a des questions sous-jacentes : c'est l'étendue de la ressource mobilisable car il a fallu se mobiliser pour avoir cette ressource. L'objectif étant de construire les outils de demain et d'y adosser une ressource mais si  la SMSP avait attendu afin d'avoir la ressource, elle n'aurait jamais pu construire cette usine dans le Nord. 

Donc, il était effectivement très important de se mobiliser. La question qui se pose aussi, c'est quelles sont les voies de valorisation disponible qui permettent d'optimiser cette ressource au profit du pays. 

Je rappelle que l'usine du Nord est adossée au massif du Koniambo qui représente aujourd'hui 4 % de la surface minière concédée du territoire. Elle est construite pour une centaine d'année sur un domaine qui appartenait à la SLN. Je rappelle aussi que Eramet avait été approchée à trois reprises pour pourvoir construire en partenariat avec la SMSP une usine dans le Nord et qu'elle n'a pas voulu le faire sous prétexte que le massif n'avait pas suffisamment de ressource. 

Donc aujourd'hui, cette usine est rentrée en production : le premier bain de coulée de métal a eu lieu le mercredi 10 avril dernier. Nous en sommes extrêmement fiers. 

 

Les dividendes sont attendues pour quand ?

 

Dominique Nacci : Alors elles sont attendues pour 2016 car la dette contractée par la SMSP est étalée sur 25 ans. Donc, elle pourra percevoir les dividendes dès les premières années de productions commerciales donc il faudra attendre 2016 ou 2017 avant que ces dividendes remontent à la Sofinor. Mais les retombées existent déjà puisque l'usine du Nord entre 2008 et 2012 était dans sa phase de construction qui a coûté  150 milliards de francs CFP au titre de la participation des entreprises locales et pour une bonne partie des entreprises du sud. 

 

Comment seront-elles utilisées ces dividendes ? 

 

Dominique Nacci : Les dividendes de la SMSP remonteront donc à ces actionnaires essentiellement à la province Nord mais aussi à la Sodil. Après, il appartiendra à la Sofinor de remonter ces dividendes et de mettre en place une politique d'accompagnement. 

 

La SMSP parle aussi de construire un second four pour cette usine. Où en êtes-vous ? Avez-vous des besoins ? Avez-vous repéré des sites ? Nous pensons notamment aux mines orphelines de la SLN ? 

 

 Dominique Nacci : Au niveau de la construction de la 2 ème ligne ce qui va permettre d'avoir un 2ème four ce qui permettra d'arrêter un four et de continuer à travailler avec l'autre pendant les périodes de maintenances. Pour pouvoir alimenter ce four, on va être obliger de réduire la durée mais on est capable aussi de part la rentabilité de l'usine en Corée de pouvoir descendre les teneurs d'alimentation et en les descendant ça va nous permettre d'augmenter les volumes. Et au moins augmenter en volume ces usines mais effectivement à terme nous avons des besoins en ressources. Cette ressource est mobilisable c'est à dire qu'elle existe, aujourd'hui il y a des mines qui sont mises en arrêt ou qui doivent fermer pour être réhabiliter. La SMSP est disposée à récupérer ces mines mobilisables pour pourvoir approvisionner son usine en Corée. 

 

Des discussions sont-elles déjà engagées entre vous et la SLN, et à plus longue échéance avec les politiques ? 

 

Dominique Nacci : Effectivement, ce sont des questions politiques qui devront être traitées dans le cadre de la conférence des présidents qui fera suite au comité stratégique industriel. 

 

Par rapport aux problèmes des contracteurs, que répondez-vous ? 

 

Dominique Nacci : Je comprends la difficulté des contracteurs mais on fournit déjà une activité. Mais on ne peut pas s'engager sur le futur dans la mesure où nous même nous sommes tributaires d'une ressource. Donc, on ne peut pas s'engager sur la durée bien qu'effectivement si l'usine en Corée n'avait pas été construite, il n'y aurait plus d'activité sur les mines de la NMC. Donc cette activité, elle existe aujourd'hui. Mais on peut difficilement s'engager sur une activité à venir. 

 

 

 

Le projet de la centrale à charbon de la Société Le Nickel

 

Les explications des responsables de la SLN sur le choix de la centrale à charbon et non du gaz ou bien encore d’une centrale solaire thermodynamique. Pourquoi faut-il remplacer l’actuelle centrale électrique et quelles sont les solutions envisagées par l’industriel. La santé des citoyens en particulier ceux vivant près de la zone de Doniambo et quels seront les conséquences pour l’environnement avec les émissions de CO2.Egalement, quelles vont être les mesures prises pour le recyclage des cendres volantes et le gypse ? Concernant le CO2, quelles sont les mesures de compensation que l’industriel va proposer ? Réponses …

 

Qui a décidé le charbon comme combustible ?

 

La décision a été prise le 4 décembre 2012 à l’unanimité des membres du conseil d’administration de la SLN dont les 4 représentants pour les 3 provinces de la Nouvelle-Calédonie, membres de la Société Territoriale Calédonienne de Participation Industrielle (STCPI, qui détient 34 % du capital de la SLN). La SLN a étudié plusieurs solutions technologiques et différents combustibles au cours de ces dernières années avant que ces actionnaires ne choisissent finalement le charbon. C’est la seule solution sûre à long terme et économiquement viable pour assurer un avenir à Doniambo.

 

Pourquoi remplacer la centrale électrique ?

 

L’actuelle centrale électrique de la SLN a plus de 40 ans de fonctionnement et il apparaît difficilement envisageable de lui faire dépasser les 50 ans. Elle doit être remplacée aujourd’hui pour des raisons environnementales et de performance énergétique. Sa technologie est tout simplement dépassée bien que son fonctionnement soit très correct, grâce à l’entretien dont elle a bénéficié toutes ces années.

 

 Pourquoi y-a-t-il urgence à remplacer la centrale ?

 

Il y a une obligation et deux enjeux majeurs. L’obligation est de pérenniser l’alimentation électrique de l’usine pyro-métallurgique. Sans centrale électrique, l’usine de Doniambo s’arrête car Enercal n’a pas la capacité à fournir toute l’électricité dont les fours de fusion ont besoin. Le premier enjeu est ensuite de satisfaire aux règlementations environnementales les plus récentes et les plus sévères, celles de la métropole, en divisant au minimum par 10 les rejets de SO2 (dioxyde de soufre), par 15 ceux de poussières et par 2 les NOx. Le second enjeu est de faire baisser le coût de l’électricité en s’appuyant sur une ressource fossile moins onéreuse, et de ce fait contribuer à la restauration de la compétitivité de la SLN en gagnant environ 1 US$ par livre (450 g) de nickel produite.

 

Pourquoi construire la nouvelle centrale à Doniambo et ne pas en profiter pour l’éloigner de la ville ?

 

Il s’agit de la centrale électrique d’un outil industriel, l’usine pyro-métallurgique de la SLN. Elle en est le cœur et se doit d’être proche des organes vitaux de l’usine, comme c’est le cas pour tous les producteurs de nickel dans des pays où le réseau électrique est peu développé. Les fours de la SLN ne peuvent être arrêtés plus de 24 heures. Déménager la centrale électrique loin de Doniambo serait faire prendre des risques majeurs pour la survie de l’outil industriel en cas de cyclone ou d’autres perturbations dont les conséquences seraient des dommages sur les lignes de transport de l’électricité. D’autre part la nouvelle centrale étant aux normes métropolitaines les plus sévères, elle n’aura pas d’incidence sur la santé et son implantation à Doniambo ne doit pas être vue comme une nuisance.

 

 

Pourquoi avoir choisi le charbon comme combustible ?

 

Le choix porte sur une centrale électrique au charbon pulvérisé. Cette technologie offre d’une part une performance énergétique de premier ordre lui permettant de produire plus d’électricité pour un coût moindre, d’autre part elle met la centrale électrique à niveau des dernières normes environnementales métropolitaines. L’enjeu industriel est très important pour la SLN puisque la nouvelle centrale permettra d’augmenter la compétitivité de la SLN sur le marché mondial en réduisant ses coûts de production.

 

 

Pourquoi pas le gaz dont il a beaucoup été question ?

 

C’est vrai que la SLN a beaucoup travaillé sur le projet d’une centrale à gaz, des études ont été réalisées avec EDF. Mais au final, il s’est avéré que cette solution n’était pas réaliste pour plusieurs raisons. La première est que la centrale de la SLN est trop petite et trop éloignée d’autres marchés et aucun producteur de gaz ne s’est montré intéressé pour livrer le gaz à la SLN… Il aurait fallu que toutes les centrales électriques du territoire passent au gaz pour éventuellement intéresser les fournisseurs de gaz. Ensuite, si une centrale électrique à gaz est un peu moins chère à la construction qu’une centrale au charbon, elle s’avère beaucoup plus coûteuse en fonctionnement. La troisième raison est que le prix du gaz s’est envolé, aligné sur le prix du pétrole et les économies souhaitées n’auraient pas été au rendez-vous. Au plan sécurité enfin, le stockage du gaz aurait pu poser un risque pour le voisinage et l’usine.

 

Pourquoi ne pas avoir fait le choix d’une énergie renouvelable ?

La centrale électrique doit répondre aux besoins des fours de l’usine métallurgique, gros consommateurs de puissance électrique instantanée et aucune centrale électrique à énergie renouvelable, quelle qu’elle soit (à part l’hydroélectricité dont le potentiel est déjà largement exploité), ne répond à cette exigence de base : 180 MW disponibles 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. L’éolien et le solaire ne permettent qu’une production électrique irrégulière, dépendante de la présence de vent et de soleil. Et comme le stockage d’électricité reste difficilement faisable, surtout pour la quantité d’énergie nécessaire à des fours de fusion, la solution ne répond pas aux besoins de l’industriel. D’autant que pour la nuit, il faudrait disposer d’une autre centrale hydraulique. Soit des coûts énormes.

 

Est-ce qu’une centrale solaire thermodynamique serait envisageable ?

 

Les centrales solaires thermodynamiques à concentration exploitent le rayonnement direct du soleil via le chauffage d’un fluide. Les plus récentes atteignent des puissances de 100 MW ; par exemple, la centrale solaire de Total dans le désert d’Abu Dhabi inaugurée en mars 2013. Mais la disponibilité en énergie de ces centrales est de l’ordre de 30 % en plein désert, c’est-à-dire que pendant les deux tiers du temps, l’électricité devrait être fournie par un autre moyen de production, ou par un moyen de stockage. Si l’on veut que l’électricité stockée soit « renouvelable », il faut donc multiplier par la 3 la puissance de la centrale solaire thermodynamique. D’autant plus que ces centrales ne fonctionnent pas par temps couvert et nuageux.

 

Comment allez-vous gérer le stockage du charbon ?

 

Le charbon va être stocké sous abris et avec un système de rotation inférieur à trois semaines (le risque d’incendie apparaît au-delà d’une durée de quatre semaines). L’envolement de poussières sera maîtrisé et il n’y aura pas de risque pour la santé. La SLN a l’expérience du charbon puisqu’elle en importe depuis de nombreuses années pour le process de l’usine.

 

Quels seront les impacts de la nouvelle centrale sur la qualité de l’air de Nouméa ?

 

Une centrale à charbon émet deux types de fumées : certaines concernent la santé, les autres l’environnement. Concernant les rejets pouvant affecter la santé, il s’agit globalement du SO2 et du NOx ainsi que des poussières. La nouvelle centrale électrique respectera les valeurs limites d’émission atmosphérique des derniers arrêtés en vigueur en métropole.

Cela permettra de diviser au minimum par 15 les émissions de poussières, par 10 les émissions de dioxyde de soufre (SO2) de la centrale. Les émissions d’oxydes d’azote (NOx) seront divisées par 2 (les NOx seront réduits en vapeur d’eau et en azote *).

Les études sanitaires liées à ces rejets atmosphériques montrent que la nouvelle centrale ne posera pas de problème de santé à la population que ce soit en risque chronique ou aigu.

 

*l’azote est une vapeur inerte, présente dans l’air.

 

Et les poussières de minerai, vous n’en parlez pas ?

 

Les poussières de minerai sont produites par l’usine pyro-métallurgique et non pas par la centrale électrique. Concernant ces poussières, la SLN met en marche un nouvel électro-filtre au niveau du pré-séchage du minerai permettant de les piéger. Cet investissement lourd réalisé en 2012 et fonctionnant depuis la mi-avril 2013 complète d’autres équipements et met aux normes environnementales européennes l’un des derniers gros points noirs des poussières dites canalisées de l’usine. Reste à terminer de traiter le dernier point critique en terme d’émission de poussières, celui qui est le plus visible pour les Nouméens mais qui ne se produit que lorsqu’il faut relâcher la pression des fours. Ce sont les rejets dits « diffus » de poussières.

Des solutions innovantes en cours d’essai à Doniambo devraient encore améliorer grandement ces rejets de poussières diffus d’ici la fin 2014.

 

Quelles sont les quantités de CO2 émises, gaz nocif pour l’environnement ?

 

A puissance égale, la quantité de CO2 émise par la nouvelle centrale de la SLN sera quasiment la même (4% de plus) qu’avec l’actuelle centrale au fuel. Le CO2 n’a aucune conséquence sur la santé mais il contribue à l’effet de serre, comme les feux de brousse (bilan carbone annuel supérieur à celui d’une centrale électrique type SLN), gaz d’échappement des voitures et autres activités économiques.

 

Est-ce qu’avec cette centrale, la Nouvelle-Calédonie va devenir le pays émettant le plus de CO2 par habitant ?

 

Premièrement, ce n’est pas avec la nouvelle centrale au charbon que le ratio de CO2 par habitant va augmenter puisque cette dernière va remplacer une centrale déjà existante qui produit à peu près le même niveau de CO2 que la nouvelle. N’oublions pas que si le combustible charbon émet plus de CO2 que le combustible fuel pour une quantité d’énergie thermique produite, la nouvelle centrale compensera ce différentiel par un rendement supérieur à la centrale actuelle (36% contre 30%).

Par ailleurs, la Nouvelle-Calédonie est passée à une vitesse supérieure au plan industriel (trois usines de nickel), un parc automobile toujours croissant et, hélas, un volume de feux de brousse annuel constant (principale cause d’émission de CO2 en Nouvelle-Calédonie) avec un nombre d’habitants qui reste faible. Le ratio d’émission de CO2 par habitant est donc forcément élevé et n’a donc pas beaucoup de signification. Si on se réfère, à contrario, aux quantités de CO2 émises en tonnes dans le monde, les émissions de la Nouvelle-Calédonie sont négligeables.

 

Qu’est- ce que la centrale rejettera dans le lagon ?

 

La centrale utilisera de l’eau de mer pour le refroidissement des condenseurs, et de l’eau douce pour le process. Aucun produit chimique n’est ajouté à l’eau de refroidissement avant qu’elle ne soit rejetée dans la rade à une température de 7°C plus élevée que la température de prélèvement. Les études sur la durée montrent que ce réchauffement ne perturbe pas l’état initial de l’environnement, comme c’est déjà le cas avec l’actuelle centrale. Les eaux utilisées pour le process seront traitées avant leur rejet pour que leur qualité soit conforme aux arrêtés métropolitains en vigueur.

 

 Par rapport au recyclage. Selon la SLN : « la centrale électrique produira par an 80 000 tonnes de cendres volantes, c’est un maximum et 30 000 tonnes de gypse. Elle sera munie d’équipements lui permettant d’extraire le SO2 des fumées ». Selon ses dirigeants, « les cendres ne présenteront aucun danger pour la santé et aucune toxicité pour l’environnement… Les cendres seront valorisées sous forme de ciment, sous couche routière ou béton préfabriqué… Le gypse pourra être valorisé sous forme de plâtre et d’additif au ciment avec la création d’une filière ».

 

Concernant la compensation. La SLN vise à moyen et long terme à réduire et compenser partiellement ses émissions de CO2 en s’associant à des projets innovants dans le domaine de la sylviculture (plantations forestières), prévention des feux de brousse (observateurs) et traitements (matériels), aide à des études sur le stockage du CO2 et à prendre des mesures d’économie d’énergie.

 

 

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